Teenage Sex and Death at Camp Miasma, le slasher lesbien de Schoenbrun

Un slasher qui parle de désir entre femmes, primé d'une Queer Palm et porté par Hannah Einbinder et Gillian Anderson : le troisième long métrage de Jane Schoenbrun ne ressemble à aucune relecture de film d'horreur sortie ces dernières années. Teenage Sex and Death at Camp Miasma a ouvert la section Un Certain Regard au Festival de Cannes avant une sortie internationale signée MUBI. Voici ce que l'on sait du film, de son casting, de son intrigue et des endroits où le voir.
📅 Sortie internationale : 7 août (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Irlande, Australie, Espagne, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Amérique latine)
🎬 Réalisation et scénario : Jane Schoenbrun
👥 Distribution principale : Hannah Einbinder, Gillian Anderson
🎟️ Distributeur : MUBI
🏆 Distinction : Queer Palm, Festival de Cannes
🔥 Genre : slasher méta, horreur psychosexuelle saphique
❓ De quoi parle Teenage Sex and Death at Camp Miasma ?
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une vieille franchise de slasher, Camp Miasma. Obsédée par l'idée de faire revenir l'actrice recluse qui jouait la final girl du film d'origine, elle voit leur collaboration glisser vers une fièvre de désir, de peur et d'hallucinations entre les deux femmes.
Sommaire
- Pourquoi ce slasher est-il qualifié de film lesbien ?
- Quelle est l'intrigue du film ?
- Qui sont Hannah Einbinder et Gillian Anderson dans le film ?
- Que vaut le film après sa présentation à Cannes ?
- Un Certain Regard et la Queer Palm, deux signaux forts
- Une longue tradition de désir queer dans l'horreur
- Jane Schoenbrun, une cinéaste de la culture des écrans
- Pourquoi un slasher pour raconter le désir entre femmes ?
- La bande annonce
- Un film dans une année dense pour le cinéma saphique
- MUBI derrière le film : ce que ça change
- Où voir Teenage Sex and Death at Camp Miasma ?
- D'autres films lesbiens à découvrir
- Note de la rédaction
- Questions fréquentes
- Teenage Sex and Death at Camp Miasma est-il un film d'horreur lesbien ?
- Qui a réalisé Teenage Sex and Death at Camp Miasma ?
- Quel est le casting principal du film ?
- Le film a-t-il gagné un prix à Cannes ?
- Quand sort le film en salles ?
- Pourquoi parle-t-on d'un slasher méta ?
- Jane Schoenbrun prépare-t-elle d'autres projets ?
- Sources
Pourquoi ce slasher est-il qualifié de film lesbien ?
Le film place une relation entre deux femmes au centre de son intrigue d'horreur. La tension entre la réalisatrice et l'actrice recluse devient le moteur du récit, mêlant attirance, fascination et menace. Jane Schoenbrun, cinéaste trans, signe ici une histoire où le désir saphique n'est pas un ornement mais la matière même du film, ce qui lui a valu la Queer Palm à Cannes.
Jane Schoenbrun travaille depuis ses débuts sur les identités queer et la culture des écrans. Après We're All Going to the World's Fair et I Saw the TV Glow, ce troisième long métrage prolonge une obsession : ce que les images font à celles et ceux qui les regardent, et comment un genre codé masculin comme le slasher peut être retourné pour raconter autre chose.
Quelle est l'intrigue du film ?
Après des années de suites bâclées et un public en perte de foi, la franchise d'horreur Camp Miasma est confiée à une réalisatrice enthousiaste chargée de la ressusciter. Pour cela, elle veut à tout prix retrouver l'actrice qui incarnait la survivante du premier film, une femme devenue recluse et entourée de mystère.
Quand les deux se rencontrent et commencent à travailler ensemble, le tournage se transforme. Le synopsis du distributeur évoque une descente commune dans un univers saturé de sang, de désir et de délire, où la frontière entre le film qu'elles fabriquent et ce qu'elles vivent se brouille. Schoenbrun joue sur le slasher comme mythe : la final girl, le camp d'été, le tueur, autant de figures connues qu'elle déconstruit pour interroger ce que l'on projette sur les corps féminins à l'écran.
La bande annonce donne un avant-goût de cette ambiguïté. Couleurs saturées, lumière de fin d'été, gros plans sur les visages des deux femmes : l'image oscille entre la carte postale d'un camp de vacances et le malaise d'un huis clos. Sans dévoiler son intrigue, le film promet de traiter la peur et le désir comme deux faces d'un même trouble, ce qui le distingue des relectures de slasher centrées sur le seul gore.
Un slasher méta plus qu'un film d'épouvante classique
Le sujet du film, c'est en partie le cinéma d'horreur lui-même. La réalisatrice héritée de la franchise rejoue, à l'intérieur de la fiction, le geste de Schoenbrun : reprendre un objet pop usé pour en extraire une charge intime. Les critiques découvertes à Cannes ont souligné cette dimension réflexive, entre hommage et autopsie du genre.
Qui sont Hannah Einbinder et Gillian Anderson dans le film ?
Hannah Einbinder tient le rôle de la jeune réalisatrice embauchée pour relancer la saga, tandis que Gillian Anderson incarne l'actrice recluse, ancienne final girl de Camp Miasma. Leur duo porte le film, et la rencontre entre ces deux générations d'interprètes est au centre du dispositif.
Hannah Einbinder s'est fait connaître pour son rôle dans la série Hacks. Gillian Anderson, révélée par The X-Files puis remarquée dans Sex Education et The Crown, retrouve ici un registre plus trouble. Autour d'elles, la distribution réunit notamment Amanda Fix, Eva Victor, Zach Cherry, Sarah Sherman, Jasmin Savoy Brown, Quintessa Swindell, Dylan Baker, Patrick Fischler, Arthur Conti, Kevin McDonald et Jack Haven.
Plusieurs de ces visages sont familiers des amateurs de genre et de comédie. Jasmin Savoy Brown s'est imposée dans Yellowjackets et la relance de Scream. Zach Cherry est l'un des piliers de Severance. Sarah Sherman fait partie de la troupe du Saturday Night Live, et Eva Victor a marqué les esprits comme autrice-réalisatrice de Sorry, Baby. Cette distribution mêle donc figures de l'horreur contemporaine et talents venus de la comédie, un assemblage cohérent avec le ton hybride du film.
Que vaut le film après sa présentation à Cannes ?
Présenté le 13 mai en ouverture d'Un Certain Regard, le film y a remporté la Queer Palm, récompense qui distingue les œuvres porteuses d'un regard LGBTQ+ au sein de la sélection cannoise. L'accueil critique a été marqué, plusieurs publications spécialisées saluant l'audace formelle de Schoenbrun et la radicalité de sa proposition horrifique.
La presse cinéma internationale a relayé un accueil chaleureux dès la projection cannoise, insistant sur la manière dont le film mêle frayeur et sensualité sans choisir entre les deux. Cette réception confirme la place prise par Schoenbrun : non plus une promesse du cinéma indépendant, mais une cinéaste dont chaque film devient un événement attendu, y compris hors des cercles habituels du cinéma queer.
💡 Le saviez-vous ? La Queer Palm est un prix indépendant remis chaque année à Cannes depuis 2010. Il récompense un film de la sélection officielle ou des sections parallèles abordant des thématiques liées aux identités de genre et aux sexualités.
Un Certain Regard et la Queer Palm, deux signaux forts
Ouvrir Un Certain Regard n'est pas une place anodine au Festival de Cannes. Cette section, distincte de la compétition principale, met en avant des propositions de cinéma plus audacieuses ou des cinéastes dont l'écriture sort des sentiers attendus. Confier l'ouverture à un slasher queer signale que le festival a voulu donner une visibilité immédiate au film.
La Queer Palm, elle, est décernée par un jury indépendant créé en 2010 pour récompenser le meilleur film à thématique LGBTQ+ parmi les sélections cannoises. Au fil des éditions, le prix a distingué des œuvres devenues des repères du cinéma queer. Voir un film d'horreur l'emporter est plus rare, et confirme que Schoenbrun a réussi à faire entendre un propos saphique à l'intérieur d'un genre où on ne l'attendait pas.
Une longue tradition de désir queer dans l'horreur
Le cinéma d'épouvante entretient depuis longtemps un rapport trouble avec le désir entre femmes. Pendant des décennies, ce désir n'apparaissait qu'en filigrane, codé, suggéré, parfois puni par le récit. Des films de vampires aux thrillers psychologiques, la figure de la femme dangereuse ou ambiguë a souvent servi de véhicule détourné à une sexualité que le grand public n'assumait pas de montrer.
Ces dernières années, une génération de cinéastes a repris ces codes pour les renverser et faire du désir saphique un sujet explicite plutôt qu'un sous-texte. Teenage Sex and Death at Camp Miasma s'inscrit dans ce mouvement, en allant chercher le slasher, l'un des sous-genres les plus codifiés, pour y inscrire frontalement une histoire entre deux femmes. Là où l'horreur classique punissait, le film de Schoenbrun observe et désire.
Jane Schoenbrun, une cinéaste de la culture des écrans
Comprendre le film, c'est comprendre la trajectoire de sa réalisatrice. Jane Schoenbrun, cinéaste trans, s'est imposée comme une voix singulière du cinéma indépendant américain en deux longs métrages. We're All Going to the World's Fair, présenté à Sundance en 2021, suivait une adolescente happée par un jeu de rôle horrifique en ligne. I Saw the TV Glow, sorti en 2024 chez A24, racontait l'emprise d'une série télévisée sur deux jeunes gens et la difficulté de se reconnaître dans une identité imposée.
Un fil court entre ces films : l'effet des images sur celles et ceux qui les regardent, la nostalgie, la dysphorie, le vertige de ne pas coïncider avec soi. Teenage Sex and Death at Camp Miasma transpose cette obsession dans un cadre nouveau, celui du film de genre assumé. En s'emparant du slasher, Schoenbrun ne renie pas son cinéma : elle l'amène sur un terrain où la peur, le désir et la fabrication des fictions se répondent.
Pourquoi un slasher pour raconter le désir entre femmes ?
Le slasher est un genre traversé de codes : le camp d'été isolé, le tueur masqué, la longue liste de victimes et la final girl, cette dernière survivante qui affronte le danger. Historiquement, ces figures ont souvent servi à punir la sexualité des personnages féminins. Reprendre ces règles pour y loger une histoire d'amour et de désir entre deux femmes, c'est en retourner le sens.
C'est précisément ce que met en scène le film, et à deux niveaux. À l'intérieur de la fiction, la réalisatrice héritée de la franchise veut réinventer la saga. Au-dessus, Schoenbrun fait la même chose avec le slasher lui-même. La final girl n'est plus une promesse de pureté récompensée, mais une femme dont le retour à l'écran réveille un trouble. Ce double mouvement explique pourquoi la critique a parlé d'un film méta, à la fois hommage au genre et examen de ce qu'il dit des corps féminins.
Un titre provocateur, un propos sérieux
Le titre, volontairement cru, agit comme un appât. Derrière la promesse de sexe et de mort se cache une réflexion sur la manière dont l'industrie filme la jeunesse, la peur et le désir. Schoenbrun joue de ce contraste entre l'emballage pop du slasher et la gravité de son sujet, une stratégie déjà à l'œuvre dans ses films précédents.
La bande annonce
MUBI a dévoilé la bande annonce officielle après la présentation cannoise. Elle donne le ton : couleurs saturées, ambiance de camp d'été détourné et tension entre les deux protagonistes.
Un film dans une année dense pour le cinéma saphique
Le slasher de Schoenbrun ne sort pas dans le vide. La période voit affluer les longs métrages centrés sur des histoires entre femmes, dans des registres opposés. Le drame intime, illustré récemment par La Petite Dernière d'Hafsia Herzi, côtoie la comédie romantique et, désormais, l'horreur d'auteur. Cette densité change la donne : il ne s'agit plus d'attendre le film lesbien de l'année, mais de naviguer entre plusieurs propositions très différentes.
Dans ce paysage, Teenage Sex and Death at Camp Miasma occupe une niche précise. Là où d'autres titres misent sur le réalisme ou l'émotion, lui assume le genre, le sang et la mise en abyme. C'est cette singularité qui en fait un objet à part, susceptible de toucher autant les amatrices de cinéma queer que le public de films d'épouvante, deux audiences qui se croisent rarement sur un même film.
MUBI derrière le film : ce que ça change
La présence de MUBI à la distribution n'est pas anodine. La plateforme, longtemps connue comme service de streaming d'auteur, distribue désormais des films en salle et soutient des projets exigeants. Confier un slasher queer signé Schoenbrun à cette enseigne situe d'emblée le film du côté du cinéma d'auteur plutôt que de l'horreur formatée pour multiplexes. Cela conditionne aussi sa circulation : sorties ciblées, accompagnement festivalier, puis disponibilité probable sur la plateforme après l'exploitation en salle.
Où voir Teenage Sex and Death at Camp Miasma ?
Le film sort en salles à partir du 7 août dans une dizaine de territoires (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Irlande, Australie, Espagne, Italie, Allemagne, Pays-Bas et plusieurs pays d'Amérique latine), porté par MUBI. À ce stade, aucune date de sortie française n'a été communiquée par le distributeur. Mieux vaut surveiller les annonces officielles de MUBI plutôt que de se fier à une date non confirmée.
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D'autres films lesbiens à découvrir
En attendant la sortie, le cinéma saphique offre des registres très différents de celui de Schoenbrun. Pour la romance d'époque et l'engagement féministe, La Belle Saison reste une référence, tout comme le huis clos amoureux de Portrait de la jeune fille en feu. Le drame social trouve une voix forte avec Carmen et Lola, sur deux jeunes femmes gitanes. Et pour une histoire d'amitié qui bascule, Mosquita y Mari joue sur la frontière ténue entre attachement et désir. Pour élargir la sélection, parcourez l'ensemble de nos films lesbiens.
Note de la rédaction
⭐ Notre avis : ★★★★☆
Sur la foi de son parcours cannois et de sa bande annonce, le film s'annonce comme l'une des propositions horrifiques saphiques les plus singulières de l'année. Le pari de Schoenbrun, faire du slasher un terrain de désir entre femmes plutôt qu'un défilé de victimes, mérite d'être vu en salle. Note provisoire, à confirmer après visionnage complet.
Questions fréquentes
Teenage Sex and Death at Camp Miasma est-il un film d'horreur lesbien ?
Oui. Le film appartient au genre du slasher mais place une relation entre deux femmes au cœur de son récit. C'est cette dimension saphique, assumée par la réalisatrice Jane Schoenbrun, qui lui a valu la Queer Palm au Festival de Cannes.
Qui a réalisé Teenage Sex and Death at Camp Miasma ?
Le film est écrit et réalisé par Jane Schoenbrun, cinéaste américaine déjà autrice de We're All Going to the World's Fair et I Saw the TV Glow. Il s'agit de son troisième long métrage.
Quel est le casting principal du film ?
Les deux rôles centraux sont tenus par Hannah Einbinder, vue dans Hacks, et Gillian Anderson, connue pour The X-Files, Sex Education et The Crown. La distribution réunit aussi Eva Victor, Zach Cherry, Sarah Sherman, Jasmin Savoy Brown et Quintessa Swindell, entre autres.
Le film a-t-il gagné un prix à Cannes ?
Oui. Présenté en ouverture de la section Un Certain Regard, Teenage Sex and Death at Camp Miasma a remporté la Queer Palm, prix indépendant qui distingue le meilleur film à thématique LGBTQ+ du festival.
Quand sort le film en salles ?
La sortie internationale est fixée au 7 août dans une dizaine de pays, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l'Espagne, sous l'étiquette MUBI. Aucune date française officielle n'a été annoncée à ce jour.
Pourquoi parle-t-on d'un slasher méta ?
Parce que le film raconte la fabrication d'un film d'horreur. Son héroïne reprend une franchise de slasher et en interroge les codes, ce qui permet à Schoenbrun de commenter le genre tout en le pratiquant.
Jane Schoenbrun prépare-t-elle d'autres projets ?
Aucun nouveau long métrage n'a été officiellement annoncé après Teenage Sex and Death at Camp Miasma. La cinéaste reste l'une des voix les plus suivies du cinéma indépendant queer américain, et ses prochaines annonces seront à surveiller du côté de ses partenaires de production.
📌 À retenir
Teenage Sex and Death at Camp Miasma est le troisième long métrage de Jane Schoenbrun, un slasher méta qui fait du désir entre deux femmes son sujet. Porté par Hannah Einbinder et Gillian Anderson, il a remporté la Queer Palm à Cannes et sort en salles le 7 août dans une dizaine de pays via MUBI, sans date française confirmée à ce jour.
Sources
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