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Tipping the Velvet : la série lesbienne d'après Sarah Waters

| Kyrian Malone | Séries lesbiennes

Tipping the Velvet, série lesbienne de la BBC avec Rachael Stirling et Keeley Hawes

Une jeune écaillère d’huîtres quitte sa petite ville côtière pour suivre une artiste de music-hall, et découvre le Londres caché de la fin du XIXe siècle. Tipping the Velvet, série de la BBC adaptée du premier roman de Sarah Waters, raconte l’éducation amoureuse et sexuelle de Nan Astley auprès de plusieurs femmes. Voici son intrigue, son casting, sa source littéraire, sa réception et le roman à lire après.

📺 Diffusion : BBC Two, trois épisodes (octobre 2002)
🎬 Réalisation : Geoffrey Sax
✍️ Adaptation : Andrew Davies, d’après le roman Tipping the Velvet de Sarah Waters
👥 Avec : Rachael Stirling, Keeley Hawes, Jodhi May, Anna Chancellor, Sally Hawkins
🔥 Genre : drame d’époque lesbien, récit d’apprentissage victorien

❓ De quoi parle Tipping the Velvet ?
Tipping the Velvet suit Nan Astley, jeune femme d’une ville côtière anglaise, qui tombe amoureuse de Kitty Butler, une artiste de music-hall qui se travestit en homme sur scène. Nan la suit à Londres et traverse une série d’expériences amoureuses entre femmes, dans le Londres de la fin du XIXe siècle.

Sommaire

Tipping the Velvet, l'éducation sentimentale de Nan Astley

Nan Astley (Rachael Stirling) travaille dans le restaurant d’huîtres de sa famille, dans une ville côtière du Kent, quand elle assiste à un spectacle de music-hall. Sur scène, Kitty Butler (Keeley Hawes) chante et danse vêtue en homme, dans un numéro de travestissement très en vogue à l’époque. Nan en tombe amoureuse, devient son habilleuse, puis sa partenaire de scène, et la suit à Londres.

La série déroule ensuite le parcours mouvementé de Nan à travers la capitale : la gloire des planches, une trahison amoureuse, la précarité, puis des rencontres qui la mènent de la haute société aux milieux militants. À chaque étape, une femme différente marque sa vie. Ce schéma en chapitres, hérité du roman, fait de Tipping the Velvet un véritable roman d’apprentissage, où l’héroïne se cherche autant qu’elle cherche l’amour.

Rachael Stirling et Keeley Hawes en tête d'affiche

La série repose sur le duo formé par Rachael Stirling, dans le rôle central de Nan, et Keeley Hawes, en Kitty Butler. La première porte le récit du début à la fin, traversant tous les âges et tous les milieux de son personnage ; la seconde incarne l’artiste dont l’ambition et la peur du scandale compliquent l’histoire d’amour.

Autour d’elles, la distribution réunit plusieurs figures du cinéma et de la télévision britanniques, dont Anna Chancellor en riche veuve manipulatrice, Jodhi May en militante, et Sally Hawkins dans un second rôle. Cette galerie de femmes donne au récit son ampleur et permet à Nan de se définir au contact de personnalités très différentes.

💡 Le saviez-vous ? Le scénariste Andrew Davies, célèbre pour ses adaptations de classiques comme Orgueil et Préjugés, a résumé Tipping the Velvet par une formule restée fameuse : « Pride and Prejudice avec des passages osés ». La série a d’ailleurs fait parler d’elle pour la franchise avec laquelle elle montrait, sur une grande chaîne publique, une histoire d’amour entre femmes.

Un roman de Sarah Waters porté à l'écran

La série adapte le premier roman de Sarah Waters, publié en 1998, qui révéla l’autrice galloise et lança sa réputation de spécialiste des fictions historiques à héroïnes lesbiennes. Le titre, expression d’argot victorien, annonce la liberté de ton du récit. Andrew Davies en a tiré une adaptation fidèle à la structure en trois temps et à l’énergie du livre.

Sarah Waters est depuis devenue une référence de la littérature saphique : plusieurs de ses romans ont été adaptés, dont Fingersmith, que le cinéaste Park Chan-wook a transposé dans la Corée des années 1930 sous le titre Mademoiselle. Découvrir Tipping the Velvet, c’est aussi entrer dans un univers littéraire où les amours entre femmes occupent le centre du récit, et non ses marges.

📺 Pour aller plus loin côté séries : consultez notre panorama des meilleures séries lesbiennes en livre ou à la télévision, et notre dossier sur les actrices d’inspiration de nos romans.

Le Londres victorien des music-halls et des marges

Une grande partie du charme de la série tient à sa reconstitution du Londres de la fin du XIXe siècle. Les coulisses des music-halls, les rues populaires, les salons bourgeois et les cercles militants composent une fresque où Nan circule en changeant d’apparence et de condition. Le travestissement, central dans le récit, sert à la fois de numéro de scène et de moyen, pour l’héroïne, d’explorer les libertés que la société refuse aux femmes.

Ce décor n’est pas qu’ornemental. En situant une histoire ouvertement lesbienne dans le passé, la série rappelle que ces vies ont toujours existé, même quand l’histoire officielle les a tues. Le Londres victorien de Tipping the Velvet est peuplé de femmes qui s’aiment, se trahissent et s’entraident, loin du silence dans lequel on a longtemps voulu les enfermer.

Le travestissement, moteur du récit

Au cœur de Tipping the Velvet se trouve le motif du travestissement. Sur scène, Kitty Butler triomphe en costume masculin, dans un numéro de « male impersonator » alors très prisé des music-halls. Nan la rejoint d’abord comme partenaire de spectacle, et ce déguisement, d’abord professionnel, déborde peu à peu sur sa vie. Endosser des habits d’homme lui ouvre une liberté de mouvement et de désir que la société victorienne réserve au masculin.

Ce jeu sur les apparences fait de la série bien plus qu’une histoire d’amour. Il interroge les rôles assignés aux femmes et la manière dont l’habit, le regard et la scène façonnent une identité. En suivant Nan qui passe de l’écaillère à l’artiste, puis à d’autres conditions encore, Tipping the Velvet montre une héroïne qui se réinvente sans cesse, et dont le costume devient l’instrument d’une émancipation.

Sarah Waters, une romancière de référence

Le succès de la série a aussi mis en lumière son autrice. Avec Tipping the Velvet, son premier roman, Sarah Waters a posé les bases d’une œuvre qui place des héroïnes lesbiennes au centre de fictions historiques solidement documentées. Ses livres suivants, comme Affinity, Fingersmith ou Du bout des doigts, ont confirmé son talent pour mêler intrigue, suspense et amour entre femmes.

Plusieurs de ses romans ont été adaptés à l’écran, signe de leur force narrative. La série de la BBC a joué un rôle de porte d’entrée vers cet univers : nombre de lectrices ont découvert Sarah Waters grâce à Nan Astley, avant de se plonger dans le reste de sa bibliographie. C’est l’un des intérêts durables de Tipping the Velvet : faire le lien entre le plaisir de la fiction télévisée et celui de la lecture.

Une diffusion qui a fait date à la BBC

À sa diffusion sur BBC Two à l’automne 2002, Tipping the Velvet a marqué les esprits. Voir une grande chaîne publique consacrer une fiction en costumes à une héroïne lesbienne, sans détour ni euphémisme, constituait un événement. La série a suscité des réactions contrastées, entre l’enthousiasme d’un public en quête de représentations et les commentaires plus crispés sur l’audace de certaines scènes.

Cette visibilité a contribué à inscrire la série dans la mémoire de la culture lesbienne télévisuelle. Encore aujourd’hui, Tipping the Velvet est citée comme l’une des adaptations qui ont ouvert la voie à une représentation plus assumée des amours entre femmes sur le petit écran britannique.

Une héroïne qui prend sa vie en main

Ce qui distingue Tipping the Velvet de bien des récits d’époque, c’est l’agentivité de son héroïne. Nan n’attend pas qu’on décide pour elle : elle quitte sa ville, monte sur scène, change de métier, de classe et d’apparence au gré de ses rencontres et de ses chutes. Chaque revers la pousse à se réinventer, et la série suit ce mouvement sans jamais la réduire au statut de victime.

Cette dynamique donne au récit une énergie communicative. Plutôt qu’une chronique de la souffrance, Tipping the Velvet propose un parcours d’émancipation où l’amour entre femmes est une source de force autant que de douleur. La dernière étape du voyage de Nan, qui la mène vers un engagement collectif et une relation plus apaisée, referme le récit sur une note d’espoir, rare pour une fiction lesbienne de son époque.

Pourquoi Tipping the Velvet compte encore

Si la série continue d’être recommandée, c’est parce qu’elle conjugue plusieurs qualités rares : un récit d’apprentissage solide, une héroïne active qui prend son destin en main, et un regard franc sur le désir entre femmes. Loin du sous-texte, l’histoire de Nan met l’amour saphique au premier plan, avec ses élans, ses chagrins et ses renaissances.

Pour les lectrices et spectatrices d’aujourd’hui, Tipping the Velvet offre aussi un pont entre littérature et image. La série invite à découvrir l’œuvre de Sarah Waters, et plus largement tout un pan de la fiction historique lesbienne, où le passé devient un terrain de jeu pour raconter des amours longtemps invisibles.

🎬 Envie d’autres récits d’époque entre femmes ? Lisez nos chroniques d’Aimée & Jaguar et de Sur les traces de Sarah Kane, ou suivez le blog culturel lesbien de ST Éditions.

📚 Envie de prolonger en lecture ? Si les récits historiques entre femmes vous passionnent, notre catalogue de romans lesbiens en compte de nombreux, de l’aventure à la romance d’époque, comme la saga viking Immortelle.

Où voir Tipping the Velvet ?

La série a connu une édition en DVD et reste disponible, selon les territoires, à l’achat ou en location sur des plateformes comme Apple TV et Amazon Video. Sa présence dans les catalogues par abonnement français demeure limitée et variable : le plus sûr est de vérifier l’offre du moment sur la plateforme de votre choix, ou de se tourner vers l’édition vidéo. Le roman de Sarah Waters, lui, reste facile à trouver en librairie.

⭐ L’avis de la rédaction : ★★★★☆
Une adaptation enlevée, portée par une héroïne attachante et un Londres victorien réjouissant de vie. Tipping the Velvet a vieilli avec charme et garde sa force de récit d’émancipation. Un classique de la télévision lesbienne, idéal avant de plonger dans les romans de Sarah Waters.

Foire aux questions sur Tipping the Velvet

Tipping the Velvet est-il adapté d'un livre ?
Oui. La série adapte le premier roman de Sarah Waters, publié en 1998. L’adaptation est signée Andrew Davies et la réalisation Geoffrey Sax.

Qui joue dans Tipping the Velvet ?
Rachael Stirling incarne Nan Astley et Keeley Hawes interprète Kitty Butler. La distribution réunit aussi Jodhi May, Anna Chancellor et Sally Hawkins.

Combien d'épisodes compte Tipping the Velvet ?
La série comprend trois épisodes, diffusés sur BBC Two à l’automne 2002. C’est une mini-série complète, qui adapte l’intégralité du roman de Sarah Waters.

De quand date Tipping the Velvet ?
La série a été diffusée sur la BBC en octobre 2002. Le roman dont elle est tirée, lui, est paru en 1998.

Tipping the Velvet a-t-il un lien avec Mademoiselle de Park Chan-wook ?
Les deux œuvres sont tirées de romans de Sarah Waters. Tipping the Velvet adapte le livre du même nom, tandis que Mademoiselle (The Handmaiden) s’inspire de Fingersmith, autre roman de l’autrice.

Quel roman lire après avoir vu Tipping the Velvet ?
Le roman de Sarah Waters est le prolongement naturel de la série. Pour d’autres récits d’amour entre femmes, le catalogue de ST Éditions propose des romances et fictions historiques lesbiennes.

📌 À retenir
Tipping the Velvet est une mini-série britannique en trois épisodes, diffusée par la BBC et adaptée du premier roman de Sarah Waters par Andrew Davies. Portée par Rachael Stirling et Keeley Hawes, elle raconte l’éducation amoureuse de Nan Astley dans le Londres victorien des music-halls. Récit d’apprentissage lesbien franc et vivant, elle reste un classique de la télévision saphique et une belle porte d’entrée vers l’œuvre de Sarah Waters.

Sources


Kyrian Malone autrice de romances lesbiennes
À propos de l'autrice
Kyrian Malone
Kyrian Malone écrit des romances lesbiennes depuis 2006. Elle a d'abord créé le site Slayers' Time, puis ST Editions, fondé fin 2008. Son univers se destingue par ses héroïnes complexes et les zones grises de la psychologie humaine.
Du thriller au post-apo, du drame historique à la rom-com cynique, son catalogue traverse les genres sans se détourner de la même obsession : la psychologie des liens entre femmes. Parmi ses cycles les plus lus, "The Underworld Chronicles", "Loving Clarke" - récit semi-biographique sur l'autisme au féminin - et la saga des "Madame Queen". 
Depuis 2008 Romances lesbiennes Multivers assumés Slow burn et zones grises Édition LGBTQ+
Plus de 100 romans WLW publiés au cœur de la fiction lesbienne francophone.
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