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Chavela Vargas : Un documentaire lesbien bouleversant sur une icône queer mexicaine

Chavela Vargas, documentaire lesbien sur la chanteuse mexicaine icône queer amie de Frida Kahlo

Une voix grave, presque masculine, qui semble sortir des entrailles de la terre. Un poncho rouge sur les épaules, un revolver glissé à la ceinture, et des chansons d'amour adressées à des femmes, chantées sans détour dans le Mexique des années 1950. Chavela Vargas n'a jamais demandé la permission d'exister. Le documentaire que lui consacrent Catherine Gund et Daresha Kyi rend justice à cette trajectoire, de sa naissance au Costa Rica en 1919 à sa mort au Mexique en 2012, sans jamais la figer dans la légende.

Le film en bref

Titre original : Chavela. Sortie : 2017. Genre : documentaire, biopic musical. Réalisatrices : Catherine Gund et Daresha Kyi. Pays : États-Unis, Espagne, Mexique. Durée : environ 1h30. Sujet : Chavela Vargas, chanteuse de ranchera ouvertement lesbienne, figure de la culture mexicaine et icône queer.

Le documentaire Chavela raconte-t-il une histoire vraie ?

Oui. Chavela est un documentaire biographique consacré à la chanteuse mexicaine Chavela Vargas (1919-2012). Il s'appuie sur des images d'archives, des performances filmées et un entretien rare tourné une vingtaine d'années avant sa mort, complété par les témoignages de proches comme Pedro Almodóvar.

Sommaire

Chavela Vargas, une vie chantée à contre-courant

Isabel Vargas Lizano, dite Chavela, naît au Costa Rica en 1919 et quitte très jeune un milieu familial qui ne sait que faire d'elle. Le Mexique l'adopte. Elle y construit une carrière à rebours de tout ce que l'on attend d'une femme : elle porte le pantalon, fume, boit, manie l'arme à feu et reprend la ranchera, ce répertoire populaire traditionnellement réservé aux hommes, en gardant les paroles au féminin. Aimer une femme, le dire en public, le chanter : Chavela en a fait sa signature à une époque où cela revenait à s'exposer à la marginalité.

Le documentaire suit cette ligne sans la lisser. Années de gloire dans les cabarets de Mexico, descente dans l'alcoolisme, longue traversée du désert, puis retour sur scène après soixante-dix ans grâce au soutien de Pedro Almodóvar, qui fera entendre sa voix dans plusieurs de ses films. Catherine Gund avait filmé Chavela en 1991 ; ces images, longtemps gardées, forment la colonne vertébrale du film.

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La bande annonce

Pourquoi ce documentaire compte pour le public queer ?

Parce qu'il documente une vie ouvertement lesbienne là où l'Histoire efface d'ordinaire ces existences. Chavela Vargas n'a pas attendu un climat favorable pour aimer des femmes : elle l'a fait en plein machisme, dans un pays et une époque où l'aveu pouvait coûter l'exil ou le silence. Le film montre une femme qui refuse de s'excuser d'être elle-même, et c'est cette posture, plus encore que la chanson, qui en fait une figure marquante.

L'autre force du film tient à ce qu'il évite : ni nostalgie sentimentale, ni folklore exotisant. Gund et Kyi laissent parler les archives, les amantes, les amis, et redonnent à Chavela sa place dans une mémoire féministe et queer souvent amputée de ses voix les plus dissonantes.

Chavela Vargas et Frida Kahlo : quelle relation ?

Le film aborde la relation entre Chavela Vargas et Frida Kahlo, qu'elle aurait connue dans les années 1940. Chavela a fréquenté la Casa Azul et le cercle de Frida Kahlo et Diego Rivera ; elle évoquait ouvertement son attachement à la peintre. Le documentaire rapporte aussi, plus tard, une liaison avec l'actrice Ava Gardner. Ces épisodes sont restitués à partir de témoignages et de déclarations de Chavela elle-même, sans en faire un argument sensationnaliste : ils dessinent le portrait d'une femme qui a aimé sans se cacher.

💬 Ce que dit le film

Chavela ne raconte pas seulement une carrière : il filme une manière d'habiter le monde, debout, sans rien renier. La voix porte la douleur, mais le regard reste celui d'une femme qui ne s'est jamais demandé si elle avait le droit d'exister.

Ce que l'on retient du film

La voix d'abord, rauque et basse, capable de contenir une peine immense en quelques notes. Puis la scène où Chavela parle de Frida Kahlo, l'apparition émue de Pedro Almodóvar, et ce retour triomphal sur scène après des années d'ombre. Le documentaire s'adresse autant aux passionnées de figures historiques queer qu'aux amatrices de récits de résilience et de musique. On en sort avec l'envie d'écouter ses disques et de relire l'histoire des femmes qui ont tenu bon.

En un coup d'oeil

✅ Portrait d'une icône lesbienne assumée, archives rares à l'appui
✅ Musique ranchera et culture mexicaine au premier plan
✅ Témoignage direct de Pedro Almodóvar
❌ À réserver à celles qui aiment le rythme posé du documentaire plutôt que la fiction

💡 Le saviez-vous ?

Chavela Vargas n'a revendiqué publiquement son homosexualité que très tard, autour de ses 81 ans, dans son autobiographie. Elle avait pourtant aimé des femmes toute sa vie : le secret n'était pas dans les actes, mais dans le mot enfin prononcé à voix haute.

D'autres portraits de femmes à l'écran

Si l'on aime suivre des femmes qui s'aiment et s'affirment à l'écran, le cinéma lesbien offre d'autres trajectoires fortes. Le huis clos de cour de La Favorite, la romance d'époque d'Ammonite avec Kate Winslet et Saoirse Ronan, le regard suspendu de Portrait de la jeune fille en feu ou la passion brute de Love Lies Bleeding prolongent, chacun à sa manière, cette envie de voir des femmes exister pleinement.

Où voir le documentaire Chavela Vargas ?

Le documentaire circule selon les régions et les fenêtres de diffusion (festivals, plateformes de cinéma d'auteur, chaînes culturelles). L'édition DVD reste le moyen le plus simple de le voir en version française, sous-titres compris.

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Questions fréquentes sur le documentaire Chavela Vargas

Qui était Chavela Vargas ?

Chavela Vargas (1919-2012) était une chanteuse mexicaine d'origine costaricaine, figure majeure de la ranchera. Ouvertement lesbienne, vêtue en homme et reprenant un répertoire réservé aux hommes, elle est devenue une icône de la culture mexicaine et du public queer.

Qui a réalisé le documentaire Chavela ?

Le film a été réalisé par Catherine Gund et Daresha Kyi. Catherine Gund avait filmé un long entretien avec Chavela Vargas en 1991, soit une vingtaine d'années avant la mort de la chanteuse ; ces archives sont au coeur du documentaire sorti en 2017.

Chavela Vargas et Frida Kahlo ont-elles été amantes ?

Chavela Vargas a évoqué à plusieurs reprises sa relation avec Frida Kahlo, rencontrée dans les années 1940 au sein du cercle de la peintre. Le documentaire restitue cet attachement à travers ses propres déclarations et des témoignages, sans en faire l'unique clé de lecture de sa vie.

Le documentaire Chavela parle-t-il de sa carrière musicale ?

Oui. Le film consacre une large place à la ranchera, à ses concerts dans les cabarets de Mexico, à sa chute puis à son retour sur scène après soixante-dix ans, porté par le soutien de Pedro Almodóvar qui reprendra sa voix au cinéma.

Quelle est la durée du documentaire Chavela ?

Le documentaire dure environ une heure trente. Il mêle entretien intime, images d'archives, performances musicales et témoignages de proches, dont celui de Pedro Almodóvar.

Où regarder le documentaire Chavela Vargas en France ?

La disponibilité varie selon les plateformes de cinéma d'auteur et les chaînes culturelles, qui le programment par fenêtres. L'édition DVD, avec version française et sous-titres, reste le moyen le plus fiable de le visionner à tout moment.

📌 À retenir

Chavela est un documentaire qui rend à une grande voix lesbienne sa place dans l'Histoire. Entre archives rares, ranchera et liberté revendiquée, il dresse le portrait d'une femme qui a aimé et chanté sans se cacher, du Mexique des années 1950 à sa reconnaissance internationale.

Sources


Kyrian Malone autrice de romances lesbiennes
À propos de l'autrice
Kyrian Malone
Installée au Québec depuis 2012, Kyrian Malone écrit des romances lesbiennes depuis 2006. Elle a d'abord créé le site Slayers' Time, puis ST Editions, fondé fin 2008. Son univers se destingue par ses héroïnes complexes et les zones grises de la psychologie humaine.
Du thriller au post-apo, du drame historique à la rom-com cynique, son catalogue traverse les genres sans se détourner de la même obsession : la psychologie des liens entre femmes. Parmi ses cycles les plus lus, "The Underworld Chronicles", "Loving Clarke" - récit semi-biographique sur l'autisme au féminin - et la saga des "Madame Queen". 
Fin 2015, elle cofonde Homoromance Éditions avec sa compagne pour faire émerger d'autres voix WLW francophones, et accompagne depuis plusieurs centaines de manuscrits, de l'écriture à la publication.
Depuis 2008 Romances lesbiennes Multivers assumés Slow burn et zones grises Édition LGBTQ+
Plus de 100 romans WLW publiés au cœur de la fiction lesbienne francophone : écriture solo et à quatre mains, direction éditoriale, lecture de manuscrits, suivi de lectorats. Les genres mentionnés, les références culturelles et les codes lesbiens sont tous inspirés de la culture populaire.
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