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Être lesbienne : 10 choses que personne ne te dit

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Être lesbienne : 10 choses que personne ne te dit, réalités, doutes, couple et visibilité

Être lesbienne ne ressemble pas à ce que la plupart des gens imaginent, ni même à ce que beaucoup de contenus "bienveillants" racontent. Entre les clichés, la fétichisation, l'invisibilisation et les injonctions, il reste un angle mort : le réel, celui qui pique, qui fait rire jaune, qui soulage, qui met la honte, qui met la rage, qui met la paix. Voici 10 vérités concrètes, utiles, parfois inconfortables, sur le fait d'être lesbienne, la relation lesbienne, le couple lesbien, la visibilité et les dynamiques sociales qui collent à la peau.

Sommaire

I. 1) Le mot "lesbienne" n'est pas neutre : il est chargé, et cela te poursuit

Dans les requêtes les plus tapées, on voit toujours la même tension : "lesbienne" est un mot simple, mais il déclenche des réactions disproportionnées. Il est sexualisé, moqué, réduit à un fantasme ou à une insulte, puis récupéré par des discours qui prétendent "respecter" tout en demandant de se faire petite. Résultat : beaucoup de femmes peuvent désirer des femmes et pourtant éviter de se dire lesbiennes, parfois pendant des années, parce que le mot a été abîmé avant même d'être choisi.

Ce poids n'est pas qu'une affaire d'opinion. Il a des effets concrets : sur la manière dont on se présente, sur la peur du regard, sur la façon dont on raconte sa vie, sur le choix du silence au travail, sur la prudence en famille. Et même quand on est à l'aise avec soi, il suffit d'un dîner, d'un commentaire, d'un "c'est juste une phase", d'un "vous êtes amies ?", pour rappeler que le mot n'est pas reçu comme un simple descriptif, mais comme une provocation.

Ce que personne ne dit franchement : tu ne choisis pas seulement une étiquette, tu choisis aussi le paquet complet de projections que les autres vont coller dessus. Cela ne signifie pas qu'il faudrait s'en protéger à vie. Cela signifie qu'il faut arrêter de faire semblant que ce n'est qu'un détail.

II. 2) Se poser la question ne ressemble pas aux "signes" qu'on te vend

Les pages qui cartonnent sur "signes lesbienne" sont souvent des listes creuses : un détail de look, une "énergie", un test à points, comme si le désir se réduisait à un quiz. La réalité est plus simple et plus brutale : ce qui trouble le plus, ce n'est pas "est-ce que je corresponds", c'est "pourquoi j'ai mis autant de temps à me l'autoriser". Et ce n'est pas toujours une révélation spectaculaire. C'est parfois un glissement, une évidence tardive, une série de micro-renoncements qui deviennent soudain visibles.

Ce que personne ne dit : le doute peut être un mécanisme de protection. On peut désirer, aimer, imaginer, fantasmer, et pourtant douter, non pas parce que ce n'est pas vrai, mais parce que c'est coûteux socialement. Et inversement, on peut ne pas douter du tout et tout de même avoir peur des conséquences. Le doute n'est pas une preuve, ni dans un sens ni dans l'autre. C'est juste un état mental qui apparaît quand une vérité intérieure rencontre un mur extérieur.

Si tu as déjà une page hub "suis-je lesbienne", la différence ici est nette : on ne cherche pas à trancher, on décrit le mécanisme, la pression, le brouillard, les récits imposés. On parle de la manière dont le désir se construit sous contrainte, pas d'un diagnostic.

III. 3) L'invisibilité est souvent plus violente que l'insulte

On s'imagine que le pire, c'est l'attaque frontale. En réalité, l'invisibilité quotidienne te ponce plus lentement, mais plus profondément. Elle arrive sous forme de politesse, de sous-entendus, de présomptions hétéro, de conversations où ta vie est traduite dans une autre langue sans te demander ton avis. Un couple lesbien devient "deux colocataires". Une compagne devient "ta copine" au sens d'amie. Une histoire d'amour devient "un choix de vie".

Ce que personne ne dit : cette invisibilité se glisse même dans les endroits censés être "safe". On peut être entourée de gens qui se veulent ouverts et pourtant sentir que tout est toléré tant que cela ne dérange pas, tant que cela ne s'affiche pas, tant que cela ne demande rien. Cela peut rendre cynique, et ce cynisme n'est pas un défaut. C'est un système immunitaire.

IV. 4) La fétichisation est un piège : elle ressemble à un compliment, mais c'est une cage

Il existe une zone grise dont beaucoup parlent à demi-mot : la fétichisation. Elle peut venir d'hommes qui se croient "cool", de couples qui fantasment un "plan", de médias qui cadrent l'amour entre femmes comme un spectacle, de commentaires qui sexualisent une simple photo. Et le pire, c'est que cela se présente parfois comme de l'admiration. Comme si on devait dire merci.

Ce que personne ne dit : la fétichisation t'entraîne vers des négociations absurdes. Tu dois décider si tu réagis, si tu fatigues, si tu passes pour "susceptible", si tu laisses couler. Tu dois parfois protéger ton couple de scénarios écrits par d'autres, où ta relation lesbienne est considérée comme une porte ouverte, une expérience, un objet public.

La conséquence est très concrète : certaines femmes deviennent hyper prudentes, d'autres adoptent l'attaque, d'autres jouent l'humour, d'autres coupent les ponts avec des amis "sympas". Et tout cela, c'est du travail mental non rémunéré.

V. 5) Le coming out n'est pas un moment : c'est une série de scènes, et certaines sont nulles

La culture populaire a vendu un coming out cinématographique : une grande annonce, des larmes, un câlin, fin du film. Dans la vraie vie, c'est souvent une succession d'épisodes, parfois minuscules, parfois lourds, parfois franchement ridicules. Tu peux te retrouver à "revenir" dix fois, parce que chaque nouveau collègue, chaque nouveau médecin, chaque nouvelle voisine repart du principe que tu es hétéro.

Ce que personne ne dit : tu n'es pas obligée de faire de ton intimité un communiqué de presse. Tu n'es pas non plus obligée de supporter la curiosité invasive au nom de la "pédagogie". Ce n'est pas ton travail d'être un module de formation. Et quand tu choisis de parler, tu peux découvrir que certaines personnes ne réagissent pas par haine, mais par petit contrôle : questions insistantes, reformulations, tentatives de te recadrer, "tu es sûre ?", "tu n'as pas rencontré le bon". Cela peut être plus corrosif qu'un "j'aime pas ça", parce que cela se maquille en sollicitude.

VI. 6) La première relation lesbienne peut être magnifique, et aussi terriblement maladroite

Beaucoup de femmes imaginent que la première relation lesbienne doit "réparer" tout le reste. Qu'elle va être plus douce, plus fluide, plus mature, plus compréhensive. Et parfois oui. Mais parfois c'est l'inverse : c'est intense, rapide, bancal, hypersensible, chargé de peurs, de comparaisons, de rôles appris sur des couples hétéros, d'attentes de "fusion" parce que, enfin, quelqu'un comprend.

Ce que personne ne dit : la nouveauté peut amplifier la confusion. Tu peux être profondément attirée et pourtant ne pas savoir comment faire simple. Tu peux être très à l'aise dans la vie et te sentir adolescente dans l'intime. Tu peux idéaliser, puis être vexée par un détail, puis te juger, puis t'accrocher. Ce n'est pas un signe d'échec. C'est un signe que tu apprends sans mode d'emploi, dans une société qui a rarement montré des modèles réalistes de relation lesbienne.

VII. 7) Le couple lesbien n'est pas naturellement plus sain : il est juste jugé différemment

Il existe une mythologie : deux femmes ensemble seraient forcément plus empathiques, plus communicantes, plus respectueuses. C'est flatteur, mais c'est aussi une pression. Le couple lesbien est souvent pris en étau entre deux caricatures : soit la relation "parfaite" et mature, soit la relation "toxique" et dramatique. Dans les deux cas, on refuse la banalité : les compromis, les défauts, les disputes ordinaires, la fatigue.

Ce que personne ne dit : être deux femmes n'annule ni les problèmes de pouvoir, ni la jalousie, ni la possessivité, ni les blessures d'attachement. Cela peut même ajouter une couche : la peur de donner raison aux stéréotypes, la peur que la rupture soit lue comme une preuve que "ce n'était pas sérieux". Cette pression pousse parfois à rester trop longtemps, ou au contraire à fuir trop vite, juste pour éviter le regard extérieur.

VIII. 8) La visibilité au travail, c'est de la stratégie, pas un test de courage

Dans les requêtes, "lesbienne au travail" et "coming out travail" reviennent sans cesse. Et pour cause : le monde pro adore les "valeurs" tant que cela ne change rien aux dynamiques. La visibilité n'est pas un grand geste héroïque. C'est une suite de décisions : ce que tu dis, à qui, quand, comment, et avec quel risque. Parfois tu peux être tranquille. Parfois tu es dans un secteur, une région, une entreprise où le moindre détail devient une rumeur, une blague, un frein.

Ce que personne ne dit : certaines femmes se protègent, non par honte, mais par lucidité. Elles ont vu comment un collègue parle "en off". Elles ont entendu les insinuations sur une manager. Elles savent que la neutralité n'existe pas, mais que la discrétion peut être un bouclier temporaire. Le débat n'est pas moral. Il est pragmatique.

Et il y a une autre réalité : la visibilité est souvent attendue des lesbiennes, comme une preuve qu'elles sont "modernes", "assumées", "cool". Comme si la société voulait la performance du courage, sans offrir la sécurité qui va avec.

IX. 9) Tu vas rencontrer deux types de rejet : le rejet frontal et le rejet poli

Le rejet frontal, tout le monde le comprend : insultes, menaces, agressions verbales. Le rejet poli est plus difficile à repérer, donc plus facile à subir. Il ressemble à une tolérance conditionnelle : on t'accepte tant que tu ne "ramènes pas ça", tant que tu n'affiches pas, tant que tu ne parles pas de ta compagne comme les autres parlent de leur mari, tant que tu évites certains sujets, certaines blagues, certaines photos.

Ce que personne ne dit : ce rejet poli peut venir de gens qui se disent alliés. Il peut venir d'une famille qui "ne veut pas de problèmes". Il peut venir d'amis qui font les progressistes mais se crispent dès que ton couple lesbien devient visible. Le rejet poli peut aussi se manifester par un excès de curiosité : questions intimes, stéréotypes "douces" ("qui fait l'homme ?"), comme si ton histoire était un jeu de rôle à décoder.

Il y a une phrase qui revient chez beaucoup de lesbiennes : elles apprennent à distinguer l'acceptation et la tolérance. La tolérance veut la paix sociale. L'acceptation veut la vérité.

X. 10) Tu vas chercher des récits : pas pour te définir, mais pour respirer

Quand on tape "être lesbienne", "relation lesbienne", "couple lesbien", il y a souvent un sous-texte : la solitude. Pas forcément la solitude physique, mais la solitude narrative. Le manque d'histoires réalistes, variées, imparfaites, où l'amour entre femmes n'est pas un gimmick, ni une punition, ni un décor.

Pour celles qui cherchent des récits où les relations entre femmes sont racontées sans filtre ni édulcoration, certains romans lesbiens contemporains prennent le parti de montrer des personnages complexes, imparfaits et pleinement humains.

Ce que personne ne dit : les récits servent à réguler le cerveau. Ils donnent une carte, même si elle n'est pas parfaite. Ils offrent des scénarios de conversation, des manières de dire, des manières d'aimer, des manières de rompre, des manières de tenir. Et parfois ils offrent aussi quelque chose de moins avouable : une joie sombre, un humour noir, une vérité qui ne demande pas d'être "inspirante" pour être légitime.

Dans la fiction lesbienne, dans la romance FxF, dans les thrillers sapphiques, dans les récits de femmes qui ne sont pas là pour rassurer, il se passe une chose simple : on se reconnaît sans avoir besoin d'être exemplaire. Et cela, ça change une vie. Pas parce que cela "guérit", mais parce que cela enlève une couche de mensonge social.

Relation lesbienne au quotidien : couple, visibilité, coming out et réalités sociales

XI. Être lesbienne au quotidien : questions qui reviennent vraiment

XI.1. Être lesbienne et se sentir "en décalage"

Un des angles morts des contenus grand public, c'est le décalage. Pas le décalage folklorique, mais le décalage discret : quand tout est pensé pour l'hétérosexualité par défaut. Invitations de mariage, conversations au bureau, questions sur "le futur mari", formulaires, presqu'évidences. On peut s'y habituer et pourtant ressentir une fatigue de fond, une vigilance permanente, parfois une ironie défensive. Le cynisme n'est pas une posture. C'est une manière de ne pas exploser.

XI.2. Lesbienne et bisexualité : la confusion, les projections, les frontières

Une recherche massive tourne autour de la "différence lesbienne bisexuelle". Le sujet est souvent mal traité parce qu'il devient un concours d'identités. Dans la vraie vie, la confusion vient surtout de l'extérieur : l'idée qu'une lesbienne serait "anti-hommes", qu'une bisexuelle serait "indécise", que le désir devrait être stable comme un code postal. En réalité, les trajectoires sont multiples : certaines femmes se sont dites bi avant de se dire lesbiennes, d'autres se disent bi toute leur vie, d'autres refusent les cases, d'autres alternent entre silence et mots précis selon les contextes. Le point clé : personne n'a à prouver quoi que ce soit par performance ou par historique de relations.

XI.3. Lesbienne et réseaux sociaux : visibilité, harcèlement, autocensure

Les réseaux ont donné une visibilité rapide, mais aussi une violence rapide. Une photo innocente peut déclencher des commentaires sexualisants. Une story peut être signalée. Un couple peut devenir un sujet de débat dans les DM. Beaucoup de femmes naviguent entre envie de montrer et envie de se protéger. Et là aussi, il n'y a pas de leçon morale. Il y a des arbitrages. Certaines choisissent le silence public, d'autres la provocation, d'autres une esthétique neutre, d'autres des espaces communautaires fermés. L'important n'est pas d'être visible partout. L'important est de ne pas se trahir pour plaire à un public qui ne paiera jamais le prix à ta place.

XII. Pourquoi tant de contenus sur "les lesbiennes" sonnent faux

XII.1. Parce qu'ils parlent aux hétéros avant de parler aux lesbiennes

Beaucoup de textes, même "progressistes", sont écrits comme des brochures. Ils expliquent, ils rassurent, ils simplifient. Ils prennent un ton pédagogique, comme si la priorité était d'être comprise, plutôt que d'être vraie. Résultat : les lesbiennes lisent et se disent : "Ce n'est pas ma vie." Le réel est plus rugueux, plus drôle, plus contradictoire.

XII.2. Parce qu'ils remplacent le vécu par des slogans

Les slogans ont leur utilité en manif, en campagne, en urgence. Mais au quotidien, ils peuvent devenir une manière de ne rien dire. On peut être lesbienne et avoir honte. On peut être lesbienne et être fière. On peut être lesbienne et être fatiguée. On peut aimer une femme et être lâche un jour, courageuse le lendemain. Le vécu n'est pas un poster. C'est un mélange. Les récits qui "pulvérisent tout" sont ceux qui acceptent le mélange.

XIII. Ce que cette page change, concrètement

Si tu es arrivée ici en tapant "être lesbienne" ou "relation lesbienne", il y a de grandes chances que tu cherches une chose précise : une vérité qui ne te prenne pas pour une enfant. Pas une leçon, pas une liste de clichés, pas un test ridicule, pas un discours sucré. Juste des réalités utiles, posées, parfois tranchantes, parfois tendres, mais vraies.

Ces 10 points n'ont pas vocation à te dire qui tu es. Ils ont vocation à nommer les pressions, les scripts sociaux, les pièges et les zones grises. Parce que quand on sait où sont les pièges, on arrête de se croire "trop sensible" ou "trop compliquée". On comprend que le problème n'est pas uniquement intérieur. Il est aussi dans le décor.

Ressources

Comment savoir si je suis lesbienne
Rapports et ressources de SOS homophobie
Défenseur des droits - discriminations et droits
ILGA World - données et rapports internationaux


Note d'intention de l'autrice : Dans mes œuvres, vous aurez remarqué une constance singulière : l'utilisation des mêmes prénoms et parfois des mêmes caractères pour mes personnages. Cette méthode est une invitation à une expérience de lecture que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Imaginez-vous un instant dans le monde du cinéma. Lorsque nous apprécions une actrice ou un acteur, nous sommes tentés de suivre leur carrière, découvrant des rôles variés dans des films aux contextes distincts. Cette continuité crée un fil d'Ariane émotionnel, reliant des œuvres par une présence familière. 
De la même manière, dans mes romans, les personnages portent parfois les mêmes prénoms et noms. Cette récurrence est une invitation à explorer différentes facettes d'une personnalité et des existences, à la voir évoluer dans des contextes, des époques et des intrigues variées. 
Cette approche est ma manière de les imaginer, de créer un univers littéraire où chaque histoire est liée par des fils invisibles. Je vous convie donc à plonger dans ces œuvres distinctes comme dans une toile inédite où se révèlent les portraits des femmes qui m’inspirent…


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