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"Déteste-moi tant que je t'aime" Critique + Interview par Mademoiselle CordeliaOn me demande souvent « mais dans ton blog de littérature, tu parles aussi de thèmes LGBT ? Ça n’a rien à voir !« . Si vous avez lu mes écrits, vous savez que j’écris souvent ce qu’on peut appeler de la « littérature LGBT » (même si j’ai un peu de mal avec ce terme, comme si les livres LGBT étaient différents des autres). En tout cas, dans mes écrits, il y a des gays, des lesbiennes, des bi, des trans et autres. D’où le rapport avec ma catégorie LGBT+ de mon blog. Mais il n’y a pas que moi !

Il se trouve qu’il m’a été présenté un couple d’auteurs de romans LGBT : Kyrian Malone et Jamie Leigh. Intriguée, à la fois par le nombre conséquent de romans qu’elles proposaient sur leur site internet ST Editions et par le fait qu’elles écrivent à quatre mains, j’ai décidé de lire un de leurs ouvrages. J’ai pris contact avec Jamie Leigh et elle m’a conseillée Déteste-moi, tant que je t’aime, un de leurs derniers romans qu a l’avantage de ne pas appartenir à une série (je ne voulais pas me lancer dans une longue série, pas le temps…). J’ai trouvé leur livre plutôt bon et leur expérience d’écriture tout particulièrement intéressant, ce pourquoi j’ai décidé de vous parler d’elles !

 

Kyrian Malone et Jamie Leigh ont 32 ans et écrivent depuis environ dix ans. Jamie est originaire du sud de la France et Kyrian de Guyane française. Après avoir quitté la France en 2008 pour s’installer à Dublin, elles sont finalement parties vivre au Canada, à Montréal deux ans plus tard. Comme vous pourrez le constater sur leur site internet ST Editions, elles ont écrit un nombre très impressionnants de textes ensemble (plus de 50 !). Elles écrivent des récits entre femmes, dit « L » (lesbiens) dans des genres relativement variés : romance, thriller, fantastique, bit-lit (vampire), fantasy, comédie.

Je vais commencer par vous présenter le livre que j’ai lu, ensuite je vous donnerai mon avis et nous terminerons pas l’interview des deux auteurs, sachant que nous nous sommes attachées à parler de leur expérience singulière en matière d’écriture à quatre mains, leur expérience de l’auto-édition et bien sûr, le côté LGBT de leurs romans.

Déteste-moi, tant que je t’aime

Kyrian Malone et Jamie Leigh

« Emma, jeune femme de 28 ans enrôlée chez les Marines depuis des années, retourne à Northfolk pour le mariage de son père. Elle ne connait ni la mariée, ni ses antécédents et quand elle constate sa beauté et son âge bien trop jeune pour son père, elle décide d’annuler cette union. Mais ce sera sans compter sur le caractère de sa future belle-mère. L’union ne sera peut-être pas celle que tout le monde attendait… »

Au début, j’étais quelque peu sceptique sur cette histoire. Je trouvais le plot particulièrement cliché et les personnages pas spécialement attachants. Il faut dire que les romances, ce n’est « pas vraiment pas came », j’ai besoin d’un peu plus de contexte et de matière pour être réellement prise par une histoire. Les romans d’amour… ce n’est pas pour moi, même si j’aime beaucoup les histories d’amour. Après, c’est aussi moi qui ait choisi ce livre, il y a beaucoup de choix sur leur site dont l’ergonomie n’est pas optimale et j’étais un peu perdue au milieu de tout ça . Je m’en suis donc tenue à un roman qui m’avait l’air simple et facile à lire pour ne pas me prendre la tête. En plus, on me l’avait conseillé.

Néanmoins, au fil des pages, j’ai quand même fini par m’intéresser à l’histoire de ces deux femmes, surtout à partir du moment où elles se sont retrouvées en tête à tête. Je trouve qu’il y avait une dynamique intéressante dans ce duo qui devient un couple au fur et à mesure. J’ai été surprise par la fin, je ne vais pas vous spoiler, mais pour le coup je trouve qu’elles ont eu une bonne idée et qu’elles ont su tourner leur histoire. Elles ont réussi à me faire apprécier un roman d’amour, alors que d’ordinaire, je m’arrête au bout de deux ou trois chapitres ! Ce n’est pas rien. Ce que j’ai aussi apprécié, c’est le fait que la romance entre femmes soit traitée comme l’aurait été une romance hétéro. Ça fait vraiment plaisir de ne pas avoir de clichés sur les lesbiennes et on se doute bien que les auteurs savent de quoi elles parlent.

Par ailleurs, l’écriture est très fluide, ce qui est vraiment étonnant quand on pense qu’il y a deux personnes derrière tout ça ! C’est cette fluidité dans l’écriture qui m’a le plus impressionnée. En bref, j’ai apprécié cette lecture, même si je n’ai pas non plus été transcendée par l’histoire qui reste très simple (et les auteurs elles-mêmes ne s’en cachent pas !). Je pense qu’il y a de bonnes choses parmi leurs romans, mais qu’il faut peut-être profiter de leur page facebook pour leur demander des conseils ou prendre son courage à deux mains pour fouiller sur le site jusqu’à trouver son bonheur.

Pour terminer sur un tout autre aspect, je trouve que le prix de leurs livres est un peu élevé. Il y a parfois des promotions, il faut en profiter, mais je sais que personnellement, je ne mets jamais 20€ dans un livre, même papier, surtout si je ne l’ai pas vu avant et que je ne sais donc pas s’il va me plaire. Après, peut-être que l’objet est très beau et vaut son prix, je n’ai pas acheté la version papier de Déteste-moi, tant que je t’aime. Mais il faut se dire que les bénéfices vont directement aux auteurs puisqu’elles s’auto-éditent, ce qui est pour moi un argument de poids. Je préfère donner plus à un auteur auto-édité qu’à un gros éditeur qui donnera à peine 50 centimes par livre vendu à l’auteur. Je pense qu’un certain nombre d’amateurs de livres seront d’accord avec moi de ce point de vue là. Et puis il y a aussi l’alternative des versions numériques qui sont à des prix plus raisonnables.

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Interview de Kyrian Malone et Jamie Leigh

~ Comment vous est venu le scénario de Déteste-moi, tant que je t’aime ?

Après avoir terminé le deuxième volume de Il était une fois la Reine et la Voleuse, nous avions besoin d’écrire une romance plus légère pour nous détendre. L’intrigue de la « belle-mère » ou de la « belle-fille » est un classique quand on est auteur de fanfictions (= fictions écrites par des fans en utilisant l’univers dont ils sont fans, justement). C’est une idée simple, romantique pouvant mêler humour et drame, idéale pour changer d’air entre deux grosses « productions »…

~ J’ai pu voir que vous avez écrit bon nombre de romans et de séries, quel est votre secret pour trouver autant d’inspiration ?

Il n’y a pas de secret en particulier, l’envie d’écrire suffit à stimuler l’imagination pour mettre en scène les personnages que nous aimons. Les idées vont et viennent. Originales ou inspirées, elles naissent d’une simple balade en ville, d’un film, d’une musique, d’une rencontre, d’un voyage, d’une réflexion, d’une conversation, etc… L’inspiration est simplement autour de nous, il suffit d’être attentif.

~ Les prénoms des personnages sont des clins d’œil aux personnages de la série Once Upon a Time, je me trompe ? Y a-t-il d’autres références cachées dans ce livre (de OUAT ou non) que je n’aurais pas vues passer ?

Certains acteurs, actrices, nous inspirent, que ce soit leurs personnages ou simplement ce qu’ils sont à l’écran. La seule référence, dans ce titre précis, ce sont les prénoms des personnages qui sont un repère dans l’écriture. Ils facilitent simplement notre visualisation. Nous aurions pu changer les prénoms à la fin de la nouvelle, personne n’aurait vu la référence.

~ Quand on lit Déteste-moi, tant que je t’aime, on ne se doute pas une seconde qu’il s’agit d’un livre écrit par deux auteurs différents. Comment procédez-vous pour écrire vos romans ?

Nous partons d’une idée de base et nous interprétons chacune un ou plusieurs personnages. Nous comparons souvent notre « procédure » à un jeu de rôle. Nous ne savons pas ce que l’autre va écrire, ce qui permet non seulement de nous surprendre nous-mêmes, mais également les lecteurs qui ne peuvent aucunement prévoir la chute de l’histoire puisque nous ne la connaissons pas dans 9,5 cas sur 10.

~ Sans révéler au lecteur le twist final de Déteste-moi, tant que je t’aime, l’aviez-vous en tête dès le début où est-ce qu’il s’est imposé à vous ? D’une manière générale, comment procédez-vous pour écrire un livre, vous avez déjà la fin en tête ou est-ce que vous partez plutôt du début pour laisser se dérouler les choses d’elles-mêmes ?

Nous ne connaissons jamais la chute d’un livre ou d’une intrigue en cours. Pour cette raison, nombre de nos titres n’ont pas de fin à proprement parlé. Nous nous efforçons de mettre en place un final qui puisse clore les intrigues développées au cours de l’histoire, mais gardons généralement assez de portes ouvertes pour des suites. Nous trouvons terrible le mot « fin » qui clôture un roman (ou la fin d’un film). Finir un roman, c’est mettre fin à l’existence d’un univers et ses personnages.

Dans notre état d’esprit il n’y a pas de retour en arrière contrairement au deux petits mots « A suivre… ». Car toutes les fins impliquent un deuil. Qu’il s’agisse de la fin d’une relation, d’un voyage, d’un contrat professionnel, etc… Il en va de même pour un roman qu’on lit ou qu’on écrit. Nous ne voulons pas les finir pour pouvoir, à tout moment, poursuivre le cours de nos histoires, continuer de faire vivre nos personnages. De ce fait, la finalité de nos titres dépend de l’importance des intrigues que nous avons développées, du nombre de personnages, de leur complexité et d’un tas d’autres facteurs. Quand nous estimons avoir fait le tour d’une intrigue, nous arrivons au mot « fin » sans quitter l’idée qu’un jour, nous puissions la reprendre pour la poursuivre. Ainsi, le processus de deuil à la fin de l’histoire devient moins pénible.

~ Y a-t-il eu des désaccords entre vous au moment de l’écriture de Déteste-moi, tant que je t’aime ? Et de manière plus générale lorsque vous écrivez ensemble une histoire ?

Déteste-moi tant que je t’aime » étant une romance légère, il n’y a pas eu de tension dont on se souvienne. Il en est tout autre sur des plus gros titres ou des sagas telles que Serial Killer ou De Guerre d’Amour et de Sang. Ces deux séries ont exigé – et exigent encore – une totale implication dans la psychologie des personnages, leur complexité, leur évolution.

Imaginez-vous devoir réfléchir comme un psycho-sociopathe ou comme une analyste du comportement. Ces deux personnalités sont opposées en tout point et pour les comprendre, de longues recherches sont indispensables d’un côté comme d’un autre. Nous devons nous imprégner des rôles des personnages que nous écrivons, que nous faisons vivre afin de les rendre les plus réels et cohérents possibles. Sans compter que ces personnages, qui semblent extraordinaires de prime à bord, sont des plus ordinaires dans leurs réactions face aux sentiments. Nous devons les voir, les sentir, les comprendre et nous plonger dans leurs univers au risque d’oublier le nôtre.

Alors oui, il arrive que les ambitions ou situations dans lesquelles évoluent nos personnages nous dépassent brusquement et créent quelques tensions. Lorsque certaines scènes deviennent dramatiques, conflictuelles, combattives ou carrément catastrophiques, il nous arrive de nous retrouver dans le même « état » que notre personnage parce que nous plongeons dans son intellect en quelques sortes. Sans nous en rendre compte, des amalgames peuvent survenir et se mêler à la réalité, ce qui provoque quelques frictions très vite calmées fort heureusement. C’est ce qui fait sûrement que certaines critiques parlent souvent de cohérence face à la réalité au sujet de nos histoires.

~ Comment vous êtes-vous rencontrées et qu’est-ce qui vous a poussé à mener cette collaboration qui, j’ai l’impression, dure depuis relativement longtemps ?

Nous sommes en couple depuis 10 ans… ce qui a facilité notre rencontre à travers l’écriture il y a 8 ans. L’écriture est venue d’abord comme un passe-temps, comme un jeu nous permettant de détourner notre frustration à force de lire des récits non terminés ou de visionner des séries ou des films dont les scénarii ne collaient pas à nos désirs. Puis nous avons commencé à écrire nos propres histoires que nous avons envoyées sur des sites jusqu’à créer enfin le nôtre qui n’a cessé d’évoluer et d’accueillir des membres.

~ Vous vous auto-éditez et faites une partie de la promotion de vos romans grâce à votre site internet ST Editions, pourquoi avoir fait ce choix ?

Quand nous avons lancé Steditions.com nous n’avions aucune prétention littéraire ni éditoriale. Steditions.com était – et est toujours – une extension de notre site Slayerstime.net où nous publions nos fanfictions femslash depuis 2006.

A l’ouverture de Steditions en 2008, nous avons tenté l’édition professionnelle en passant par un éditeur dans l’idée de nous faire connaître, de toucher un plus large public. Nous ne connaissions rien à l’époque du fonctionnement du milieu de l’édition. Nous avons contacté plusieurs éditeurs, plusieurs ont accepté de publier quelques-uns de nos titres mais après discussion les conditions contractuelles ne nous convenaient pas. Nous voulions être publiées, certes, mais pas à tout prix. Ce qu’on nous demandait ne correspondait pas à notre vision de l’écriture.

~ Avez-vous « en magasin » des romans d’autres auteurs ? Recevez-vous des manuscrits via la zone de contact de votre site ?

Depuis le début de la semaine nous avons reçu 3 manuscrits bien que nous ayons précisé sur la page de contact que le site était une vitrine personnelle. Il est vrai que nous avons fait en sorte de paramétrer une vitrine aux allures professionnelles pour nos lecteurs, ce qui peut prêter à confusion pour les visiteurs qui ne nous connaissent pas depuis nos débuts.

Quoi qu’il en soit, ces mails révèlent clairement une demande qui n’est pas satisfaite par les éditeurs LGBT (surtout qu’ils ne sont plus très nombreux). Nous supposons que tous ont leur ligne éditoriale, leur charge de manuscrits… leurs amis à éditer *tousse*… Alors la liste d’attente doit être longue avant de recevoir des réponses.

~ Quels sont vos projets pour ce site internet ? Pour la promotion des livres qu’il propose en particulier. Souhaitez-vous créer une maison d’édition ?

Steditions.com restera notre vitrine quoi qu’il arrive. Nous ne créerons pas de maison d’édition. Nous avions voulu le faire avec le site ebook-editions il y a quelques années,  nous nous sommes retrouvés submergées par les demandes et une charge de travail que nous n’attendions pas. Nous n’étions pas prêtes. Puis il faut être réaliste : être éditeur LGBT reste utopique, du moins dans la francophonie. D’une part il faut connaître toutes les ficelles de l’édition sans s’improviser ou se clamer éditeur en se levant un beau matin, puis être en mesure de gérer les coûts de fabrication, de correction, d’illustration, de distribution etc.. Combien d’éditeurs ou de librairie LGBT ont fermé ? Combien subsistent en faisant des appels à participation ?

Le monde de l’édition est en constant mouvement et transformation, surtout avec le succès du numérique. Impatients, les lecteurs veulent tout, tout de suite et à moindre coût. Être éditeur exige du temps,  de l’organisation, du personnel, de la passion. C’est un métier qui ne s’improvise pas même si on est auteur et qu’on s’auto-publie.

Nous avons effectivement un important projet en cours pour tous ces auteurs qui, de toute évidence, souffrent d’un manque de prise en charge et de visibilité. Ce projet sera très prochainement annoncé sur le site et nos réseaux sociaux.

~ Pensez-vous que le fait d’écrire des romances entre femmes (ou d’une manière plus générale, à thème LGBT) est un frein à l’édition d’un livre ?

C’est tout le contraire. Le marché français est en manque de littérature ou de romance saphique quel que soit le genre. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses auteures américaines de romances lesbiennes sont traduites. Il y a une demande énorme pour une offre très pauvre. Le véritable frein, et c’est plein d’ironie pour la si grande communauté LGBT, ce sont les médias LGBT.  D’une part ils ne semblent pas s’intéresser réellement aux livres qui paraissent (sauf ceux des amis) et pire encore, ils n’en font aucune critique constructive quand ils en font la promotion…

~ Quel public cherchez-vous à toucher avec Déteste-moi, tant que je t’aime et vos romans en règle générale ? Pensez-vous qu’ils sont dédiés essentiellement aux femmes qui aiment les femmes ou qu’ils peuvent toucher un public plus large ?

Nous n’avons pas de cible, nous ne visons pas un public en particulier. C’est la règle de « qui m’aime me suive ». Le plaisir est notre premier moteur. Ecrire est notre passion et cette passion, nous la transmettons dans nos textes. « J’aime tellement écrire que je suis prêt à payer pour m’y adonner en paix » disait un personnage de Bernard Werber. Telle est notre approche de l’écriture. Nous avons dans nos fichiers un nombre incalculable de textes que nous n’avons jamais mis en ligne depuis nos débuts en 2006 parce qu’ils ne sont pas terminés ou pas publiables.

Des lesbiennes peuvent ne pas aimer ce que nous écrivons là où des hétéros vont adorer. Notre manière d’écrire, d’envisager l’homosexualité féminine s’adressent à tous parce que nous n’abordons pas seulement le coming-out et ses conséquences ou les difficultés d’être lesbienne dans le monde d’aujourd’hui.

Nous ne faisons pas de biographie ou d’auto-biographie mais des romans. Nous racontons des histoires tirés de notre imaginaire. Nous mêlons la romance entre femmes à des situations que tout le monde (toute orientation sexuelle confondue) peut vivre un jour, ou des intrigues que nous voyons au cinéma, dans les faits divers, les séries télévisées etc… Ce qui rend l’amour entre femmes aussi réel et normal que celui des hétéros.

Pourquoi une Princesse tomberait-elle automatiquement dans les bras d’un Prince ? Pourquoi ne pas parler d’une Reine amoureuse d’une Voleuse et donner aux contes de fée un goût plus actuel et authentique ? Et bien, nous l’avons fait avec le roman Il était une fois la Reine et la Voleuse. Parce qu’une femme peut être attirée par une autre et cela ne la rend pas moins belle, ni moins intéressante, bien au contraire. En discutant avec des femmes hétéros au fil de notre parcours, nous avons réalisé que la plupart s’interroge et ne délaisse pas l’idée qu’un jour, elles puissent être séduites par une autre femme au point de « passer à l’acte ». Un jour, une d’entre elles nous a dit « en vous lisant, j’ai eu envie de faire l’amour avec votre personnage »… Amener une femme hétéro à désirer un personnage féminin est, pour nous, une belle récompense. On pousse l’esprit à s’ouvrir, à envisager d’autres possibilités au-delà des limites inculquées par la société ou la religion… L’amour n’a pas d’orientation sexuelle.

Bien sûr, nous nous efforçons d’être visibles auprès des communautés lesbiennes car elles sont les premières à être potentiellement intéressées par nos titres. Et force est de constater que nous touchons un public varié. Nos lecteurs/lectrices ont entre 15 et 80 ans, hommes, femmes, homos, hétéros, trans, bi. Nous avons même des clients au Japon, au Mexique, des anglophones qui attendent des traductions. Et notre grande fierté est d’être parvenues à recevoir des critiques de bloggeurs littéraires, hommes et femmes, qui ont apprécié nos récits entre femmes.

~ Quels sont vos projets en matière d’écriture ?

Difficile de répondre. Nous n’avons pas de projet spécifique. L’idée serait de pouvoir écrire encore et toujours. Cependant, il y a bien un objectif que nous souhaitons atteindre. Ce serait d’adapter à l’écran l’un de nos romans. Notre vivier de titres est assez varié pour tout envisager. Drame, comédie, romance pure, fantastique, science-fiction, suspens et même horreur…

~ Maintenant quelques questions plus rapides ! Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Kyrian : La frustration de voir toujours le même genre de romance basique « hétéro » au cinéma ou dans les livres.
Jamie : Même réponse que Kyrian avec l’envie de montrer que l’amour entre femmes existe aussi et peut-être aussi fort et passionné que celui qu’on voit sans arrêt à l’écran…

~ Quel est auteur préféré ?

Kyrian : Bernard Werber.
Jamie: James Ellroy

~ Votre livre de chevet ?

Kyrian : Harry Potter
Jamie : En ce moment, celui qui est sur ma table de chevet est « Les Dieux voyagent toujours incognito » de Laurent Gounelle.

~ Le livre que vous auriez aimé écrire ?

Kyrian : Harry Potter
Jamie: Le Trône de Fer… Je rajouterais en changeant un peu l’intitulé de la question que j’aurais aimé écrire le scénario de Gladiator.

~ Préférez-vous les fins heureuses ou les fins malheureuses ?

Kyrian : Heureuse mais sans le mot « fin ».
Jamie : Comme Kyrian.

~ Si vous deviez donner un conseil à toutes les graines écrivains qui lisent cette interview ?

Kyrian : N’attendez pas de trouver un éditeur pour vous publier. Avec un peu de volonté vous y parviendrez seul et vous ne devrez rien à personne.
Jamie : Si vous voulez écrire, faites-le avec plaisir et passion, mettez-y toute votre âme et vos lecteurs le verront et vous remercieront. Parce que l’émotion que l’on perçoit en écrivant se ressent à la lecture et je le tiens de quelques critiques que nous avons reçues.

 


 

Ce sera tout pour Kyrian Malone et Jamie Leigh ! Je vous invite dès à présent à aller découvrir leur travail.

Personnellement, je trouve qu’il est intéressant de parler de ce type d’expérience littéraire comme l’auto-édition. Ce n’est pas ce à quoi on pense en premier quand on écrit un livre, on le veut en librairie (et moi la première !) et passer à la télé, sauf que dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. J’espère que les témoignages de ces deux auteurs vous auront intéressés et/ou appris des choses, en tout cas, c’est parce que je trouvais leur parcours relativement atypique que je les ai choisies ! Qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à faire comme ces deux auteurs et vous lancer tout seul en auto-édition ?

Par ailleurs, si vous avez de la bonne littérature à thèmes LGBT+ à me conseiller, je suis preneuse !

Bonne journée, bonne soirée, à très vite pour un prochain billet !

Source http://mademoisellecordelia.fr/Kyrian-Malone-et-Jamie-Leigh


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