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Sang et Honneur

Résumé : 90 après J-C. Aquilée est une ville réputée pour ses combats de gladiateurs qui s'affrontent dans ses arènes aussi célèbres que celles de Capoue. Sarra, fille du Consul Quintus Sarrius Valerius, va rencontrer Luan, une jeune femme Calédonienne, capturée par son frère, esclave offerte à son père pour combattre à son tour dans l'arène. - 225 pages © 2011
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Prix ​​de vente8,90 €
Description du produit

Disponible en format livre sur

  

EXTRAIT

« Les Ceasars sont les maîtres des citoyens et les esclaves des affranchis. »

– Tacite

 

 

Prologue

 

En 81 après Jésus-Christ,  l’Imperator Caesar Domitianus Augustus Germanicus, dit Domitien, succède à son frère Titus mort de façon prématurée. Il dément les accusations de ses ennemis l’accusant de l’avoir empoisonné et proclame être l'unique et seul Dieu de l’Empire qui s’étend dans toute l’Europe et par delà les frontières connues.

En quête de gloire militaire, il durcit la politique extérieure du royaume et entreprend en 82 une campagne d’extension de l’Empire contre les populations germaniques et les Chattes  dans les régions du Danube. Les Daces, peuple indo-européen, s’opposent à l’avancée de l’Empire sur toutes les côtés du Danube, des Carpates à la mer Noire.

La guerre dura sept ans et les deux camps optèrent pour une attitude conciliante afin de sauver l’honneur. Un traité de paix fut signé en 89. Décébale, chef des Daces fut proclamé Roi mais resta soumis à l’Empire et à l’Empereur Domitien.

 

*******

 

La ville d’Aquilée était considérée comme une seconde Rome par ses richesses, son développement et sa splendeur. Auguste, premier Empereur de Rome, l’avait proclamée capitale de la dixième région d’Italie. Mais la ville d’Aquilée était avant tout célèbre dans l’Empire, grâce à son ludus renommé : le ludus de la maison Valerius qui réunissait les meilleurs gladiateurs, ceux adulés par le peuple mais aussi par les hauts fonctionnaires de l’Empire.

Les plus grands ludi rivaux au ludus de Valerius étaient installés dans les provinces de l’Empire : Capoue, Ancyre, Thessalonique, Pergame ou Alexandrie mais l’Empereur Nerva exigeait de ses gladiateurs qu’ils soient entraînés dans la maison Valerius ou, plus précisément, la maison de l’honorable Consul Quintus Sarrius Valerius. D’autres ludi étaient nés à Aquilée, deux maisons concurrentes qui offraient au ludus de Valerius des combattants de choix pour garder intacte la réputation du Champion d’Aquilée : Cyprus.

Debout sur la terrasse du premier étage donnant sur la grande cour d’entraînement du Ludus, Sarra regardait ces hommes suinter, saigner sous les assauts de leurs egos. Deux femmes étaient aussi présentes et s’entraînaient parmi eux avec les gladiateurs plus faibles. Sarra savait que la plupart étaient composés de volontaires, en quête de gloire, d’argent, mais nombreux étaient des esclaves qui n’avaient pas choisi de mourir. Les plus résistants pouvaient vivre jusqu’à 30 ans, payer leur liberté ou la gagner dans l’arène, mais beaucoup mouraient parfois deux ou trois jours après leur arrivée, affaiblis par les entraînements rigoureux. Tous ceux qui pénétraient dans l’enceinte de la maison renommée de Valerius savaient à quoi s’attendre. Au regard de Sarra, ces lieux étaient une prison déguisée, des catacombes où tous finiraient par mourir. Son illustre famille n’y voyait que profits, honneur et fortune mais il n’était question que d’orgueil pour les maîtres autant que pour leurs esclaves.

— Je ne veux plus rester ici, fit Sarra.

Ses mains posées sur le rebord épais du balcon, elle regarda son père près d’elle. Le Consul Quintus Sarrius Valerius ne quittait pas son éternel sourire face à ce spectacle dont il ne se lasserait jamais.

— Père ? Vous m’écoutez quand je vous parle ?

— Tout le monde n’entend que toi, dit-il d’un ton amusé.

— Ma place est à Rome !

Le Consul accorda enfin à sa fille l’attention qu’elle réclamait et la regarda :

— Tu ne pourras suivre le Cursus honorum. Tu n’es ni un homme, ni militaire et tu n’as pas trente ans.

— C’est vous qui faites les lois, rappela Sarra. Faites en sorte que je sois éligible et je vous montrerai de quoi je suis capable. Vous me voulez éduquée et maintenant que je m’intéresse à la magistrature vous ne souhaitez plus que j’apprenne. Cela n’a pas de sens. Je ne tiens pas à rester ici une année de plus au milieu de vos bêtes de foire. J’en ai assez d’entendre leurs cris, de voir leur sang couler et de respirer la poussière qu’ils soulèvent lors de leurs entraînements.

Les mains dans son dos, Sarrius reporta son regard sur la cour et notamment sur Cyprus, le champion d’Aquilée.

— Tu as le temps de venir à Rome et tu rencontreras les meilleurs précepteurs de l’Empire. Mais avant tout, continue d’apprendre les enseignements d’Auxilius et il sera temps pour toi de te marier.

Sarra croisa les bras :

— Je n’ai aucune envie de me marier.