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Créé le 7 décembre 2012

De guerre, d'Amour et de Sang - tome 4 Réédition 2012- 2013

Résumé : Kristen Adams a fait le deuil de son ancienne vie, sa première vie d'adolescente originaire du Maine et de Livermore Falls. Elle est Sarah, une vampire née en 936 à Northumbrie en Angleterre, brûlée sur le bucher en 1510. En quête de ses souvenirs, de ses racines mais aussi par nécessité, elle suit Faith et les membres de son clan en Europe, à Berlin pour retrouver les hauts dirigeants du Second Ordre des Inquisiteurs.

Format numérique

Format papier

 

 

 

Depuis quelques temps rien ne va plus entre Rick et Eliza. La jeune femme se sent le besoin de faire un break, de se retrouver pour faire le point quant à la nature de sa relation avec lui. Décidée à reprendre sa vie en main, elle pousse un jour la porte d'une agence immobilière de Los Angeles et y rencontre Sarah Leary. Le charisme et la beauté de cette belle jeune femme la fascine dès le premier instant. Eliza apprend très vite l'homosexualité de Sarah. Bien que troublée par ce monde où évolue cette jeune femme, Eliza se laisse vite emportée par cette attirance mutuelle qui les lie. Des sentiments nouveaux lui font entrevoir un bonheur jamais inégalé jusqu'alors. Si cette félicité trouvée dans les bras de Sarah devient un rainbow haut en couleur, une ombre sur leur idylle va peu à peu mettre en avant la véritable nature de Sarah. Nature tout aussi déroutante qu'incroyable...

Cette histoire a été écrite en 2008, les auteurs décident de publier la suite uniquement en version numérique et sur demandes des lecteurs.

Tome 1 (double volume)

  • Format Ebook PDF + Epub

 

  • Format livre :

 

Tome 2 (triple volume) - 586 pages

Format numérique uniquement pour les Membres Premium

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Créé le 27 février 2011

You and Me

"Une histoire légère qui se déroule au coeur du Wyoming et dans l'immense forêt sauvage de Shoshone. Une invitation au voyage et  à la découverte de ce qui est essentiel."

Format Ebook : 253 pages - 10.67€ 

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Format livre : 253 pages - 16.14€ - COMMANDER

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APPLICATIONS UTILES ET GRATUITES

*Couverture par Arnaud Mangerin

 Résumé : Un rien sépare le monde des morts et celui des vivants. Faith le sait puisque Faith est morte il y a quelques jours... Ou quelques mois, elle ne sait plus. De l'autre côté, le temps n'a plus d'effet, il n'est plus palpable, mais la douleur, elle, perdure en voyant son entourage souffrir de sa disparition. Faith est morte mais Faith n'a pas vu cette lumière dont tout le monde parle, venir la chercher. Quand bien même, Faith n'a pas terminé ce qu'elle a commencé ici-bas. Elle n'a que 26 ans, fêtera bientôt ses 27 ans et Sarah est enceinte de Lilly, leur petite fille conçue à Vancouver il y a 6 mois par insémination. Faith était sur le point de réaliser son rêve, fonder une famille. La mort ne suffira pas à lui faire renoncer à son bonheur... Faith est déterminée à revenir dans le monde des vivants ! - Lire un extrait

Format numérique :

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Edition de Poche - 311 pages : 16.17€

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En partenariat avec ST EDITIONS, répondez aux questions dans le forum pour gagner votre ebook du tome 1 de "Serial Killer". Vous devez envoyer vos réponses à l'adresse indiquée avant le 25 décembre 2010 23h59

 

1 - Quel est le nom de l'agent en charge du dossier "Lecter", personnage de fiction créé par Thomas Harris dans le roman "Le Silence des agneaux" en 1988

 

2 - Comment s'appelle le tueur en série qui sévit entre 1920 et 1930 dans l'état de New York ?

 

3 - Comment s'appelle la jeune femme profiler qui fut la première à intégrer un service de police en Afrique du Sud ?

 

4 - Quel Tueur en Série fut surnommé "Le Géant de Santa Cruz" ?

 

5 - Quel surnom donne-t-on aux femmes qui tuent leurs époux ?

 

6 - Quel programme informatique est fréquemment utilisée aux Etats-Unis et destinée à collecter et analyser des données concernant certains types de crimes ou criminels violents ?

 

7 - Quel célèbre couple de tueur en série et homosexuel entreprend une série de meurtres à partir de 1978 ?

 

 

 


 

 

Les gagnantes sont : Soso' et Amandine (via lezechanges) qui recevront l'ebook par mail dans la journée.

 

Les réponses sont :

 

1 - Clarice Starlight - 1pts

2 - Albert Fish - 2 pts

3 - Micki Pistorious - 3 pts

4 - Edmund Kemper - 2 pts

5 - Les veuves noires - 1 pts

6 - VICAP - 1 pts

7 - Ottis Toole et henry lee lucas - 3 pts

 

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APPLICATIONS UTILES ET GRATUITES

Faith se réveilla avant Sarah. Son corps collé au sien lui tournait le dos. Ses narines s’approchèrent de ses cheveux dorés, voulant se gorger de ses fragrances vanillées. A peine avait-elle ouvert les yeux que son désir était remonté au creux de son ventre. Cette envie de réitérer son forfait, de lécher Sarah, de s’approprier son essence intime et de la déguster faisait toujours rage en elle.

Pour Faith, il n’existait pas meilleure emprise sur l’autre, meilleur moyen de posséder une personne. Elle en frissonnait et percevait cette excitation familière naître entre ses cuisses. Les flashs de leur étreinte la berçaient avec ravissement. Elle s’accouda, pencha son visage au creux de son cou, trouva le berceau de ses parfums et y glissa ses lèvres. Sa main ne tarda pas à se glisser sous le drap et ses doigts trouvèrent alors la douceur de la peau de Sarah sur son ventre plat. Il faisait nuit, ce qui lui laissait le temps de la caresser, de profiter de son corps et de la réveiller comme Sarah le méritait. Elle la vit revenir à elle et perçut ses doigts fins se faufiler dans ses cheveux.

Pouvait-elle être plus audacieuse ? Ses doigts descendirent avec lenteur jusqu’au tissu de son short et tracèrent leur chemin sous ce dernier. Sarah la laissait faire et Faith n’y voyait qu’une autorisation silencieuse à poursuivre sa fabuleuse conquête. Ses doigts se faufilèrent sous le tissu et son désir s’accrut en constatant l’absence d’un quelconque sous-vêtement. Ils atteignirent la fine toison du pubis de Sarah et ses yeux se fermèrent afin d’imaginer ce qu’elle touchait. Le sexe entretenu de la blonde était sous ses doigts… Elle capta le doux soupir de sa blonde, se redressa et rouvrit les yeux en la voyant se tourner sur le dos. Elle se perdit un instant dans son regard émeraude qui brillait pour elle, lui insufflant de poursuivre sa torture.

Dieu que Faith aimait la voir se soumettre à elle, quémander ses attentions, la savoir attendre sa décision de la faire jouir. Sa jambe se glissa entre les siennes et les écarta. Ses doigts descendirent davantage, s’immiscèrent dans cette fente jusqu’à trouver ce petit bourgeon humide. Elle mouillait aussi désormais… Dans de doux assauts, son index et son majeur entreprirent de sensuels mouvements circulaires sur son clitoris. Elle retrouvait cette ivresse des sens, calmait cette frustration de la veille. Sarah se donnait de nouveau à elle, repliait ses jambes et les écartait pour lui laisser tout l’accès nécessaire à son trésor.

Faith voulait la faire mouiller, la savoir suppliante de plaisir. Son regard se posa sur ses lèvres entrouvertes d’où s’évadait un souffle chaud, irrégulier. Elle y posa les siennes, captura son soupir, se l’appropria parce qu’il lui appartenait. Ses doigts descendirent et trouvèrent ce lait chaud à l’entrée de ce petit trou qu’elle avait conquis l’avant-veille de sa langue triomphante. Ils s’en imbibèrent et remontèrent sur son bourgeon découvert afin de lui donner une attention toute particulière. Les doigts de Sarah restaient sur sa nuque, s’ouvrant et se fermant sur le rythme lent de ses attentions.

Oui, la blonde aimait sentir Faith la prendre parce que personne à part elle ne savait le faire avec tant de passion et de dévotion. Son index et son majeur repartirent à l’entrée de son sexe vorace et s’y laissèrent happer sans la moindre contrainte. Elle les enfonça, la pénétra profondément et capta dans le baiser ce qui n’était autre qu’un merveilleux gémissement. Faith était douée et le savait… Elle les ressortit, les infiltra de nouveau et entreprit de lents et profonds va-et-vient dans cette cavité chaude et sécurisante.

Elle rompit finalement le baiser et scruta de ses prunelles brillantes l’effet de ses assauts sur Sarah. Sa blonde était haletante, son front suintait et Faith jubilait face à pareil spectacle. Ses assauts redoublaient de sensualité, se faisaient à peine plus rapides. Faith amena son pouce sur le clitoris de Sarah qui se cambra avant de fondre son visage dans son cou. Quand elle perçut les dents de Sarah se fermer sur sa chair, étouffer un gémissement, elle faillit jouir malgré elle, surprise. Ses muscles se contractèrent et ses doigts accentuèrent leurs pénétrations. Elle sentit Sarah en proie à son orgasme incontrôlable, la perçut trembler contre elle, et jouir sur ses doigts. Elle cessa tout mouvement et vit son visage retomber en arrière.

Sarah se retrouvait de nouveau sonnée par ce fabuleux réveil. Elle détaillait Faith… Son regard dans le sien était comme capturé, emprisonné par l’intensité des émotions qui se dégageaient de ce moment. Elle s’était laissée aller à cette étreinte, n’avait pu arrêter les assauts délicieux de Faith. Elle n’était pas du matin, mais jouir en début de journée était très agréable. Faith repoussa quelques unes de ses mèches dorées, encore surprise par cette légère morsure qui avait manqué de faire naître son propre orgasme. L’essentiel était que sa blonde avait joui sur ses doigts. Elle l’avait faite venir deux fois et était très tentée de recommencer dans les minutes qui suivraient.

 

 

De guerre, d'Amour et de Sang - Tome 1 Réédition 2012 - 2013 

Résumé ! Livermore Falls, petite ville du Maine d'environ 1700 habitants. Kristen Adams, adolescente de 19 ans va bientôt mourir des mains de Faith Ryan, belle jeune femme aux traits insolents et à l'allure charismatique qui capture son attention au premier regard. Ce que Kristen ignore : Faith est née en l'an 936 dans le comté de  Northumbrie en Angleterre. Ce qu'elle va devenir : Elle ne le sait pas encore, mais elle a été choisie et son dernier soupir rendu dans le Maine la conduira à New York où elle découvrira qui elle est, ou plutôt, qui elle a toujours été.

Le premier roman fantasy écrit par Kyrian et Jamie entre Dublin, Boston, Livermore Falls et Paris. Un livre qui revisite le mythe du vampire de ses origines jusqu'à nos jours.

PRIX TÉLÉCHARGÉ : 10.52 € - 212 pages

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PRIX IMPRIMÉ - Format de poche : 17.25€ - 212 Pages

ISBN :  978-1-4467-2214-5

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APPLICATIONS UTILES ET GRATUITES

Créé le 3 septembre 2010

Utilisez le code promo ECOLE305 sur LULU.COM et bénéficiez de 20% de réduction sur votre commande. Soit une économie maximum de: 30€. Les commandes doivent être en Euros. Nous sommes désolés mais ces codes promotionnels ne peuvent pas être appliqués à une commande antérieure. Vous ne pouvez utiliser ce code qu'une seule fois par compte et vous ne pouvez pas l'utiliser en conjonction avec d'autres codes promo. Cette offre exceptionnelle expire le 6 septembre 2010 à 23:59, alors ne tardez pas! Bien qu'improbable, nous nous réservons le droit de modifier ou d'annuler cette offre à tout moment, et évidemment nous ne pouvons pas offrir ce coupon où il est contraire à la loi de la faire.

roman-lesbien-papier/editeur">EDITEUR ICI

Créé le 26 juillet 2010

Résumé Quand on a besoin d’argent, on prend ce qui nous tombe sous la main et ce, quel que soit le job. Si on est novice en la matière, il faut savoir se vendre pour le décrocher. C'est dans cette optique que Sarah s'arrête sur la petite annonce placardée sur la devanture d'un bar. C’est non sans une certaine détermination, qu'elle en pousse la porte. "Je viens pour le poste…" Serveuse dans un bar, ça ne doit pas être si compliqué ! Mais Sarah ignore une chose : ce bar n'est pas tout à fait comme les autres…

 


 

Sarah devait repérer les pancartes « Staff wanted ». Elle traversa un passage clouté et s’arrêta à l’angle du trottoir. Devant elle, se dressait un bâtiment New-yorkais dont les normes de sécurité laissaient à désirer. Cela n’avait pas d’importance puisqu’il était urgent qu’elle trouve un job. Elle pénétra dans le bar et balaya le décor des yeux. Les lieux étaient sobres en pleine journée mais la décoration révélait les goûts du propriétaire. Il n’y avait ni musique, ni client… Une personne se redressa derrière le comptoir, des bouteilles de bière à la main.

– Salut… Y’a personne là, je te conseille de revenir vers dix heures…

Sarah s’était faite surprendre par cette jeune femme qui venait d’apparaître, mais au moins, quelqu’un s’occupait des lieux. Elle approcha en glissant doucement ses mains sur son jeans.

Sarah : En fait… Je viens pour le poste…

Elle rajouta dans un signe de pouce vers la porte.

Sarah : J’ai vu la pancarte à l’entrée.

La jeune femme derrière le bar acquiesça et poursuivit sa tâche en remplissant un réfrigérateur de bouteilles de bière.

– Ouais… la pancarte… Et t’as un CV ?

Sarah avança jusqu’au comptoir et croisa les bras en détaillant l’installation, les bouteilles, les machines à pression. Elle hésita.

Sarah : En fait, non… J’ai jamais fait de service, mais si le patron en veut un, je peux revenir et faire quelques arrangements.

Toujours derrière le long bar fait de métal et de bois, la jeune femme se redressa de nouveau et jeta le carton vide plus loin avant d’en prendre un autre et de le poser sur le comptoir.

– T’as quel âge ?

Pendant le courts laps de temps où cette brune la jaugeait, Sarah l’avait scrutée dans ses gestes, son allure décontractée et quelque peu masculine même si sa féminité était flagrante. Elle garda un air naturel et répondit.

Sarah : Vingt-trois ans…

– Tu fais des études ?

Sarah : Non… mais je suis disponible tout de suite et j’ai vraiment besoin d’argent.

La brune acquiesça légèrement sans la quitter des yeux et jeta un autre carton vide vers le premier.

– Des projets ? Tu veux faire barmaid toute ta vie ?

Sur cette question inattendue, Sarah leva les sourcils et esquissa un léger sourire.

Sarah : C’est un pré-entretien avant d’avoir à faire au grand patron ?

– C’est moi le grand patron ici… Et là, c’est un entretien…

Elle contourna le bar pour rejoindre Sarah et ramena ses mains sur ses hanches en la scrutant de la tête aux pieds.

– C’est quoi ton nom ?

Sur l’annonce de son interlocutrice, Sarah s’était tendue. Une nouvelle fois, sa perspicacité l’avait abandonnée. Elle se reprit.

Sarah : Sarah Leary, et… oubliez le passage du CV.

La brune demeura bras croisés sans la quitter du regard. Elle fixait cette petite blonde avec insistance et pouvait aisément deviner que celle-ci n’avait pas dû travailler derrière un bar. Elle s’approcha, tourna lentement autour d’elle et revint sur ses pas :

– T’as jamais travaillé derrière un bar, pas vrai ?

Sarah l’avait suivie des yeux, ses pouces coincés dans les poches de son jeans et intriguée par cette façon dont la brune venait de lui tourner autour. Il était trop tard pour mentir sur ses capacités professionnelles. Elle prit un air convaincant :

Sarah : Non, mais j’apprends vite.

– Tant mieux, tu commences ce soir à dix heures pour un essai… Si tu marches, je te prendrai…

Sarah : Je sais marcher. Ramasser des verres ça doit pas être compliqué et…

Elle s’arrêta dans son élan et demanda d’un petit air interrogateur :

Sarah : Je serai payée combien ?

La brune retourna derrière le comptoir pour continuer de remplir les grands réfrigérateurs.

– Douze dollars de l’heure au début. Passe déjà le premier soir, après on verra…

Douze dollars ? Cela étonnait la blonde qui ne s’était pas attendue à plus de six ou sept. Son sourire était largement revenu sur ses lèvres. Elle se recula, l’air enjoué.

Sarah : Je le passerai. Merci, et à tout à l’heure…

La brune l’interpella, une bouteille de bière vide à la main.

– Sarah, attends…

Elle attendit que la blonde se tourne et rajouta en lui lançant la bouteille.

– Attrape ça…

Sarah avait attrapé la bouteille dans un réflexe, mais restait plus dubitative.

Sarah : Et j’en fais quoi ?

La brune afficha un léger sourire.

– Tu la ramènes chez toi comme souvenir…

Elle reprit sa tâche, marqua une pause, et rajouta.

– Sois à l’heure.

Sarah demeura plus perplexe mais sortit finalement avec sa bouteille vide à la main.

 

*********

 

Sarah arriva à l’entrée du G-Lounge le soir venu. Une foule de clients entrait et sortait des lieux et elle se fraya un chemin afin de rejoindre la salle. L’ambiance était euphorique, les gens dansaient, discutaient, et la musique résonnait à travers les enceintes. Un groupe de rock était installé dans un coin du bar. Elle arriva jusqu’au comptoir, plus incertaine, et une des serveuses se posta devant elle en lançant son torchon sur l’épaule.

– Salut, je te sers quoi ?

La blonde était nerveuse de voir tous ces clients, de voir également ces filles courir derrière le bar. Elle se pencha et dut forcer sur sa voix pour se faire entendre.

Sarah : En fait, je viens pour travailler… Je suis Sarah.

L’autre blonde la détailla même si cette nouvelle fille semblait un peu jeune. Elle lui fit un signe de tête.

– Ok… Suis-moi.

Sarah s’exécuta donc, son regard sur les autres serveuses dont le rythme de travail semblait soutenu.

– Moi, c’est Rita.

Elle désigna une autre fille qui servait des shooters.

Rita : Elle, c’est Rachel.

Une autre la contourna en lui souriant.

– Salut…

Rita : Elle, c’est Tyler et Faith doit être dans la réserve.

Elle lui montra les réfrigérateurs derrière le comptoir.

Rita : Toutes les bières sont ici et Faith t’expliquera pour les cocktails.

Elle la fixa.

Rita : Vu que c’est ton premier soir, tu t’occupes de la salle, tu ramasses les verres, tu prends les commandes, tu souris, et tu t’assures que les frigos soient pleins.

Elle la tira vers une porte.

Rita : Quand ils sont vides, tu viens chercher les cartons ici.

Quand elles furent entrer dans l’office, Faith se redressa, une feuille dans les mains et Rita la désigna à Sarah.

Rita : La nouvelle est là, je l’ai briefée…

Elle fixa la nouvelle.

Rita : J’y retourne, si t’as des questions, tu viens me voir. Ok ?

Sarah : Ok…

Elle s’éloigna, laissant Sarah plus perdue que jamais après toutes ces explications rapides. Cette dernière ne s’était pas attendue à voir le bar aussi bondé de clients, ni même de constater cette ambiance enflammée. Elle resta devant l’entrebâillement de la porte, troublée par le regard que lui portait la brune dont elle connaissait enfin le prénom.

Sarah : Salut…

Faith s’approcha de Sarah et défit les derniers boutons de son chemisier qu’elle noua. Elle ajusta les pans et prit enfin la parole.

Faith : Les clients et clientes sont là pour voir de belles nanas, alors sois-en une…

Sarah s’était laissée faire, bien que perturbée par cette annonce. Elle releva ses yeux de son vêtement noué à ceux de sa patronne.

Sarah : Ça n’implique rien d’autre que de faire ce que Rita m’a dit, n’est-ce pas ?

Faith : Je suis pas un mac, mais un patron de bar, Sarah…

Elle s’éloigna vers des piles de caisses.

Faith : Les pourboires sont pour toi, ta pause est dans deux heures et au moindre problème, t’appelles Bob, le gros balaise à l’entrée. Tu peux y aller… 

A suivre...

 

FORMAT LIVRE : COMMANDER

FORMAT EBOOK : romans-ebooks-lesbiens/romance-lesbienne/girl-wanted.html">COMMANDER

 

Créé le 26 juillet 2010

Résumé Tomber amoureuse est une chose, mais tomber amoureuse de sa productrice, de seize ans votre ainée, est un tout autre problème... surtout lorsque l’on se nomme Sarah Leary,   jeune actrice montante du cinéma, déjà adulée et à l’avenir très prometteur. Qui l’aurait cru ? Certainement pas Sarah Leary... Pourtant, quand votre livre de chevet met en avant l’idylle de deux jeunes femmes et que vous ne restez pas insensible au charme de votre productrice Faith Ryan, il y a peut-être matière à se poser des questions et certains indices ne trompent jamais... Mais le monde du show business est un univers impitoyable, principalement quand on veut préserver son intimité et ses secrets…

 


 

Sarah avait refusé de signer ses prochains contrats. La raison était simple : toutes les rumeurs ayant attrait à une relation avec son partenaire de tournage, Matt Peterson, l’avaient usée. Chaque interview donnée avait amené la même question : Etait-elle avec « lui » ? Elle avait passé le plus clair de son temps à se justifier, à démentir chaque "qu’en-dira-t-on" auprès des journalistes. Voyager et partir en tournée pour promouvoir la sortie d’un film faisait partie intégrante du boulot d’acteur, mais voir constamment sa vie privée mise en avant et se faire épier en permanence par les journalistes l’avait agacée.

Sarah était consciente de ne pouvoir empêcher les médias d’extrapoler, mais avait décidé de ne pas tourner la suite de ces films et de ne plus collaborer avec son partenaire afin d’étouffer ces rumeurs. Son agent n’avait pas tardé à l’appeler pour lui faire part d’un autre projet : la productrice renommée Faith Ryan souhaitait la rencontrer. Cet appel avait soulagé ses inquiétudes. Si elle avait démissionné du rôle phare du personnage de Jill Sullivan dans la saga écrite par Robert Hatfield, sa carrière d’actrice ne s’arrêterait pas et sa vie privée se détacherait de ce dernier grand rôle.

Après s’être garée sur le parking privé des bureaux de la Riverside – Maison de production Hollywoodienne – elle entra dans un bâtiment et se présenta à l’accueil tout en ôtant sa capuche :

— Salut, j’ai rendez-vous avec Faith Ryan.

Elle lança un regard sur sa montre et arqua les sourcils.

— Depuis cinq minutes en fait.

L’assistante lui sourit, appuya sur la touche d’un téléphone et entendit :

# Oui ?

— Mademoiselle Leary est arrivée madame.

# J’arrive.

L’assistante raccrocha et la fixa de nouveau.

— Elle arrive…

Sarah n’eut pas besoin d’attendre plus de quelques secondes avant de voir arriver Faith Ryan. L’allure de cette dernière était plutôt décontractée : jeans, chemise cintrée, baskets, ce qui différait de certains directeurs de maison de production en costume. Elle la vit s’approcher, lui sourire et serra la main qu’elle lui tendait.

— Bonjour Sarah.

Faith ajouta en indiquant une porte un peu plus loin.

— Suis-moi, on va pas discuter dans le hall…

Sarah la suivit et pénétra dans un petit salon aux murs décorés de quelques grandes affiches de films tournés dans ces studios. Faith prit deux petites bouteilles d’eau dans un petit frigo posé près des canapés et les amena sur la table basse.

— Assieds-toi.

Sarah s’exécuta en ayant suivi Faith des yeux. Dans son métier, elle était amenée à rencontrer beaucoup de personnes, à se faire une idée de leur personnalité dès les premiers regards et dès les premiers mots échangés. Elle se disait que cette productrice avait davantage l’allure d’une actrice. Faith Ryan était non seulement d’une beauté redoutable à en rendre jalouse plus d’une, mais son charisme s’imposait et l’impressionnait. Sarah pinça un léger sourire :

— Je peux mettre un visage sur votre nom maintenant… Je vous avais imaginée moins amicale en fait.

Faith afficha un sourire amusé sur cette réplique qu’elle n’avait pas attendue. Sarah Leary faisait partie des actrices du moment. Elle était encore jeune mais sa carrière ne faisait que commencer. Certes, ses derniers longs-métrages l’avaient propulsées au rang  de star médiatique duquel beaucoup retombaient lourdement. Elle prit la bouteille, but quelques gorgées et la détailla un instant.

— Je le suis peut-être pas, qui sait…

Elle se redressa en reprenant son sérieux.

— J’ai un projet à te proposer… Je sais pas si ton agent t’a expliqué, je crois que c’est un rôle qui te plaira si je t’ai bien cernée… Il faut d’abord que je sache si tu t’es déjà engagée ailleurs. Je me suis laissée dire que tu ne prolongeais pas ton contrat pour la saga d’Hatfield.

— J’ai rien pour l’instant.

Sarah saisit sa bouteille, se cala dos au canapé et la garda posée sur le bas de son ventre.

— Et mon agent, Glenn, a organisé une conférence de presse pour rendre ma démission officielle.

Elle rajouta d’un signe de son pouce vers la porte :

— Et tant que j’y suis, y’a des journalistes à l’entrée qui m’ont suivie, je vous le dis si vous avez dans l’idée de sortir du bureau avec un ami et de le tenir par la main…

Faith ne quittait pas son léger sourire sur cette référence aux dernières rumeurs qui concernaient la jeune actrice et son ancien collègue. Elle connaissait le fonctionnement des journalistes, savait les inconvénients des métiers du show-business, même si elle n’était pas elle-même une actrice. Elle se ravissait de comprendre que Sarah avait favorisé son entrevue avec elle plutôt qu’avec d’autres maisons.

— Je prépare le tournage d’un prochain film où tu seras en tête d’affiche, du moins, si tu signes… Le rôle que tu auras n’a rien à voir avec ce que t’as fait dans la saga… Le personnage est bi et certaines scènes sont plus ou moins explicites avec une autre femme. Avant que tu répondes, j’aimerais d’abord que tu puisses lire le scénar’, t’en imprégner et ensuite tu pourras me dire si t’acceptes ou pas.

Sarah leva les sourcils et saisit un dossier de feuilles reliées que lui tendait Faith.

— J’ai aucun préjugé…

Sarah vérifia la taille du script qu’elle devrait apprendre et demanda :

— Vous me résumez mon rôle, hormis le côté bi ? Le film parle de quoi ?

Faith jeta un regard sur sa montre et se leva.

— Tu vas jouer la fille d’un flic qui craque pour une femme peu fréquentable…

Faith fixa l’actrice devant elle et poursuivit.

— Il est midi passé, je te propose d’en discuter en mangeant…

Sarah acquiesça d’un signe de tête et se leva en gardant le script en main.

— Vous savez que j’ai tourné un film où j’avais un rôle à peu près similaire côté tendance sexuelle ?

Faith acquiesça et saisit sa veste qu’elle enfila.

— Je sais, j’ai vu ce film… C’est juste que mon scénario comporte des scènes sans retenue, sans le côté tabou du coming-out.

— Sans retenue, ça implique de tourner nue ?

Faith lui ouvrit la porte en la détaillant. Elle espérait sincèrement que Sarah serait d’accord pour tourner ce film parce que son allure correspondait à celle exacte du personnage imaginé.

— Disons que ce serait préférable, mais ça peut s’arranger.

— Et qui sera l’autre actrice ?

Faith entraîna l’actrice jusqu’à un quatre-quatre et répondit.

— Kate Mitchell.

Sur cette réponse Sarah s’arrêta devant la voiture et ses yeux restèrent sur la productrice pour s’assurer qu’elle avait bien entendu.

— C’est vrai ?

Faith releva son regard sur la jeune actrice et répondit.

— Elle a déjà signé et elle connaît le scénario. Elle sait déjà que tu es celle à qui je propose le rôle.

Elle entra dans la voiture, attendit que Sarah se soit installée et démarra.

— Kate est sympa, si tu signes, tu devrais pas avoir de problème d’entente avec elle, d’autant qu’elle est très professionnelle.

Sarah connaissait l’autre actrice britannique qui avait aux alentours de trente-cinq ans. Une belle femme mariée d’ailleurs à un producteur, très talentueuse et reconnue à Hollywood. Sarah avait vu la plupart de ses films et si Kate Mitchell n’était pas médiatisée comme elle-même l’était actuellement, celle-ci n’en était pas moins l’une des meilleures actrices en vogue depuis quelques années. Elle reconnaissait son talent sans aucune hésitation, sans parler de sa beauté. Sarah se sentit plus nerveuse… D’avoir joué avec les plus grands quand elle était jeune n’était pas comparable à ce qu’on lui demanderait de faire cette fois. Elle frotta ses mains sur son jeans en voyant les journalistes postés devant l’entrée des studios depuis des heures. Elle se redressa un peu et sortit son paquet de cigarettes de la poche de son jeans :

— Je peux fumer ?

Faith ouvrit la vitre de Sarah et répondit.

— C’est pas interdit.

Elle détailla la jeune actrice près d’elle qui gardait une allure aussi décontractée que celle qu’elle avait remarquée sur quelques clichés de paparazzi. Un léger sourire étira ses lèvres en songeant à toute cette fureur médiatique autour de Sarah.

— Alors ? A quand le mariage avec le vampire de ces demoiselles ?

Sarah se mit à rire sur cette question qui avait le mérite d’être plus directe que celles posées habituellement. Elle  alluma sa cigarette, aspira une bouffée libératrice et répondit :

— Seigneur, m’en parlez pas.

Faith ricana un peu sur cette réplique spontanée, lâchée par Sarah. Elle en était amusée même si ce genre de poids médiatique finissait par peser. A l’écart de la ville, non loin de ses studios, elle se gara sur le parking d’un restaurant. Sur le même ton de la plaisanterie, elle répondit.

— Le pauvre…

Sarah descendit du quatre-quatre, sa cigarette à la main, et rejoignit Faith devant le capot. Elle lança un rapide coup d’œil sur la devanture du restaurant et reporta son regard sur Faith en poursuivant.

— Je crois pas qu’il soit trop à plaindre.

Elle lui tendit son paquet :

— Vous en voulez une au fait ?

Faith se dirigea vers l’entrée du restaurant.

— Non, merci.

Elle attendit que Sarah jette son mégot et lança un regard sur les alentours. Au moins, elle n’y voyait aucun objectif de photographes cachés. Elle lui ouvrit la porte et la suivit à l’intérieur. Elle connaissait cet établissement pour sa discrétion. D’ailleurs, quelques acteurs ou collègues du métier y venaient manger. La baie vitrée donnait sur un parc et laissait entrer la lumière du soleil qui éclairait les lieux. Un homme s’approcha et les salua.

— Une table pour deux en terrasse ou à l’intérieur ?

Faith lui répondit.

— En terrasse.

Elle tourna les yeux sur Sarah et expliqua.

— Il y a aucun moyen pour les photographes de s’approcher de la terrasse si ça peut te rassurer.

Sarah acquiesça, sa main fermée autour de son bras. Elle était souvent gênée d’être en public et voyait quelques regards se tourner vers elle. L’un de ses défauts étaient de se ronger les ongles et elle se fichait bien de ceux voulant l’en dissuader. Elle suivit Faith jusqu’à l’extérieur et s’assit à la table présentée par le serveur.

— Vous désirez prendre un apéritif ?

— Un coca pour moi...

— Un Perrier s’il vous plaît.

Le serveur repartit sans attendre et Faith s’installa à la table après avoir pendu sa veste sur le dossier de sa chaise. Elle détailla Sarah et reprit :

— Comme je te disais, si tu veux pas tourner de scène de nu, je ferai appel à une doublure, mais pour ce qui est des scènes entre les deux personnages principaux, j’aurai besoin que tu sois à cent pour cent.

Sarah se demandait si elle serait capable de jouer ce rôle même sans connaître les détails du script. Elle réfléchissait et se sentait nerveuse à l’idée de relever ce défi. Pour toute autre actrice il en aurait été autrement, mais elle connaissait les raisons de son angoisse. Elle demanda :

— Et… Quand vous dites que certaines scènes sont sans retenues, je peux avoir un exemple pour me faire une idée ?

Le serveur leur posa leur commande et repartit. Faith but une gorgée d’eau gazeuse et répondit.

— Je veux faire un film qui intègre entièrement une relation entre femme dans l’intrigue sans pour autant passer par tous les clichés des films homos. J’aurais très bien pu y mettre un couple hétéro, mais je n’ai aucun intérêt à le faire. Ton personnage est bi et l’autre aussi. Toutes les deux sont passionnées par ce que la vie leur apporte. Il y aura des scènes de baisers, de relations charnelles sans pour autant que ça devienne lourd.

Sarah avait bien compris ce point qu’elle jugeait intéressant et qui lui était familier pour d’autres raisons personnelles. Seulement, ces dites scènes l’intriguaient.

— Relation charnelle, ça veut dire qu’on couchera ensemble c’est ça ?

Avec un air évident, Faith répondit.

— Bien sûr, plusieurs fois. Le personnage de Kate est une femme d’expérience qui n’a pas que de bons côtés. Les gens vont au cinéma pour voir des choses qu’ils ne peuvent pas faire en temps réel. Ils veulent de l’action,  des scènes d’amours, ils veulent être surpris et le sexe n’est pas négligeable, surtout lors du montage des trailers.

Sarah pinça un léger sourire sur cette vérité déconcertante. Ce rôle la changerait du tout au tout et jouer avec Kate Mitchell serait un atout majeur pour sa carrière. Cependant, elle réalisa une chose importante en songeant que ce type de scénario lui était familier et pour cause… Elle demanda :

— Vous connaissez Hailey Newman ?

Sur cette question, Faith plissa les yeux, plus intriguée que jamais.

— Pourquoi ?

Sarah prit une courte pause et expliqua dans un signe de main.

— Ben votre scénario me fait penser à ses romans…

Faith se mit à rire légèrement sur cette remarque. Elle but un peu d’eau gazeuse et reprit.

— J’imagine, oui… Tu lis ses romans ?

Sarah dodelina de la tête.

— Je lis un tas de trucs et ce côté histoire homo noyée dans une vraie intrigue, c’est son style… Ca m’y fait penser.

Cette fois, Faith semblait amusée et toujours aussi intriguée par l’intérêt que Sarah portait à cet auteur qui n’écrivait que des histoires entre femmes. Elle croisa les bras sur la table.

— Et t’as lu combien de ses bouquins ?

Sarah arqua les sourcils sans pouvoir répondre instantanément. Elle avait sans doute lu toutes ses œuvres.

— Quelques uns, je sais pas.

Faith avait compris que Sarah appréciait donc les histoires entre femmes.

— Je connais cet auteur… Je la connais même très bien.

Sarah plissa les yeux, à son tour intriguée.

— Ah ouais ?

Elle pensa comprendre :

— C’est elle qui a écrit ce scénar, c’est ça ?

Faith afficha un air convaincu sur sa réponse.

— Non, le scénario est de moi… Disons qu’on a un peu la même vision des choses en terme d’imagination.

Sarah prit une courte pause et se retrouva plus impatiente de lire le script. Cependant, une question la travaillait et elle ne put s’empêcher de demander :

— Vous êtes gay ?

— C’est pas évident ?

Sarah détourna son regard, un léger sourire sur ses lèvres.

— Non, c’est pas évident.

Elle la regarda de nouveau.

— Quand on vous regarde vous avez pas la touche gay. Et vous avez du cran de me le dire comme ça.

Faith était amusée par la réaction spontanée de Sarah. Pourtant, elle ne se sentait nullement dérangée avec sa sexualité même si elle ne l’affichait pas dans tous les journaux.

— Je vois pas de raison de te le cacher.

Sarah se mordit le coin de sa lèvre sur cette réponse évidente formulée par la productrice. Elle leva un peu les épaules et prit son verre de soda.

— Ouais… Mais tout le monde doit pas penser comme vous.

Faith ne quittait pas son léger sourire en observant Sarah devant elle. Celle-ci semblait cacher d’innombrables choses, telle une adolescente qui se cherchait. En son sens, la jeune actrice l’était du haut de ses dix-neuf ans.

A suivre...


 

 

Format Ebook 

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Format Livre

 

Créé le 13 juillet 2010

Résumé : Jeune inspectrice à la criminelle depuis quatre ans, Sarah Leary porte en elle les stigmates du meurtre jamais résolu de sa jeune soeur Danielle, assassinée il y a dix ans. Affaire classée faute de preuve et de coupable, jusqu'à ce que Samuel Lewis, ex petit-ami de la victime, pousse un jour la porte du bureau et fasse ressurgir le passé. Nouveaux indices, nouveaux témoins, nouveaux suspects, rien ne sera épargné à Sarah qui peu à peu, au fil de ses investigations, verra se profiler une vérité aussi surprenante que terrifiante, qu'elle aurait été très loin d'imaginer.

 


 

18 Juin 1998

La nuit était tombée quand Danielle pénétra dans sa chambre et s’enferma à clef. Elle posa son sac sur le bureau, sur les quelques livres de cours qu’elle n’avait pas rangés et déboutonna son gilet. Un silencieux soupir s’évada de ses lèvres. Elle était nerveuse, tendue. Son angoisse lui restait chevillée au corps. D’un pas pressé, elle se dirigea vers les rideaux et les ferma d’un geste sec. Elle ne voulait pas être vue et se sentait observée depuis des semaines. Elle ôta son vêtement et pénétra dans salle de bains. On frappa à la porte et elle dû revenir sur ses pas pour ouvrir à sa grande sœur.

« Dan’, j’aimerais qu’on parle… »

Danielle ne lui laissa pas l’occasion d’entrer et tenta d’abréger.

« Plus tard… Je viens de rentrer et je suis crevée… J’aimerais prendre un bain et me  détendre un peu… »

Sa sœur affichait une mine inquiète et préoccupée. Elle lança un coup d’œil dans la chambre avant de fixer sa cadette.

« Maman se fait du souci et moi aussi… Tu sais que tu peux tout me  dire… »

Le téléphone sonna au même instant et Danielle conclut aussitôt.

« Je peux pas te parler pour l’instant, mais je te promets de le faire… Je dois répondre, excuse-moi… »

Elle referma la porte sans attendre et la verrouilla. Elle décrocha, mais son répondeur se mit en route. Elle ramena le combiné à son oreille.

« Oui ? »

A l’autre bout, une voix féminine se fit entendre.

# Salut, toi… Ca va ?

Danielle se sentit soulagée en entendant son interlocutrice qui semblait atténuer son angoisse. Elle s’assit sur son lit et esquissa un tendre sourire.

« Hey toi… On fait aller… J’arrête pas de penser à toi… Tu me manques. »

Un léger soupir résonna à l’autre bout.

# Toi aussi tu me manques… On se voit toujours ce soir ?

Danielle l’espérait. Cependant, elle expliqua.

« J’ai beaucoup réfléchi, tu sais… Je vais tout leur raconter… Je vais leur dire pour nous et tout sera plus simple. J’ai plus envie de me cacher et leur mentir… »

# Tu sais que j’attends que ça, moi. Si t’es sûre de vouloir le faire, tu me dis juste quand et je serai là.

Danielle se leva et frotta son front du bout de ses doigts, nerveuse.

« Tu vas leur dire toi ? »

# Si tu leur dis, je leur dirai évidemment, mais je peux pas le faire sans que tu le fasses avant… Tu sais pourquoi, ma puce…

Elle le comprenait. Elle réfléchit rapidement.

« Alors je leur dirai ce soir, après le match de ton frère… Rejoins-moi à la maison à onze heures… »

# Ok… J’y serai… Et t’angoisses pas pour ce soir, ok ?

Danielle esquissa un léger sourire et s’assit sur son lit, les yeux dans le vide.

« Je sais exactement ce que je vais leur dire et comment je vais leur dire… Je changerai pas d’avis… Tu me connais ! »

Elle entendit un petit rire à l’autre bout du fil.

# Ouais, je te connais… Alors, à tout à l’heure, à onze heures… Et appelle-moi s’il y a quoi que ce soit…

« T’en fais pas pour moi… Je suis une dure chérie… Toi, fais attention à toi et embrasse Sean de ma part… Je t’aime mon ange. »

# Je t’aime aussi, ma puce… A tout à l’heure.

Danielle raccrocha et repartit vers la salle de bains. Elle se répétait mentalement le discours qu’elle tiendrait à ses parents ce soir au sujet de sa relation amoureuse avec Faith Ryan. Elle tourna les robinets d’eau mais le téléphone sonna de nouveau. Le temps qu’elle parte décrocher, le répondeur s’enclencha de nouveau, mal réglé après les deux sonneries habituelles. Elle entendit avant même de prendre le combiné :

# Dan ! Réponds, je sais que t’es là !

Un vent de colère souffla sur Danielle tant elle était épuisée de se faire harceler par son ancien petit ami. Elle saisit le combiné et décrocha, hors d’elle.

« Arrête, Sam ! Arrête de m’appeler, de me suivre, sors de ma vie ! »

# Qu’est-ce que tu faisais chez Sean ? Il te baise, c’est ça ? T’as pas le droit de me faire ça ! Tu m’entends ?! T’es à moi Dan ! A MOI !

Elle se retrouva ahurie d’entendre une telle rage dans la voix de son ancien amant.

« Tu es fou…  Je suis plus à toi depuis deux ans, Sam ! Tu arrêtes ou je préviens les flics, c’est clair !? »

# Si tu sors avec lui, je le tuerai ! Tu comprends ? Je le tuerai et je te tuerai toi après !

Elle entendit la communication s’interrompre, tremblante. Des larmes lui montèrent aux yeux avec toute cette pression, cette peur nourrie par ces dernières menaces. Elle n’en revenait pas que le jeune quarterback puisse tenir de tels propos. Elle craqua, s’effondra en larmes sur son lit, perdue et déboussolée.

 

 

*********

 

Onze ans plus tard.

Dans le bâtiment de la police de Philadelphie, assis derrière son bureau, l'un des inspecteurs rédigeait le rapport de sa dernière enquête. Une femme s’approcha et l’interrompit.

« Inspecteur Aden… Un homme souhaite vous voir. »

Elle se recula et désigna la personne concernée qui attendait à l’accueil.

« Monsieur Lewis. Il dit vous connaître. »

L’inspecteur plissa les yeux et finit par sourire en reconnaissant la silhouette de son ami. Il se leva.

« Merci, Jillian… Je m’en occupe. »

Il contourna la jeune femme et marcha jusqu’au comptoir. Il poussa la porte et l’invita à le suivre.

« Tu peux venir Sam… Comment vas-tu ? »

L’homme d’une trentaine d’années, habillé d’un costume chic et une mallette à la main, força un sourire et le salua à son tour.

« Ça pourrait aller mieux. »

L’inspecteur le guida jusqu’à son bureau et lui montra une chaise.

« Tu peux t’asseoir… Qu’est-ce qui t’amène ? »

L’ami de l’inspecteur s’exécuta et frotta sa main sur sa nuque, nerveux. Il sortit un document de son attaché-case et lui tendit en expliquant.

« J’ai reçu un courrier vraiment bizarre, Jake… C’est des menaces... »

L’inspecteur fronça les sourcils et saisit la feuille qui n’était autre qu’un email imprimé. Il le parcourut rapidement des yeux et confirma les propos de son ami dans un signe de tête. Il le fixa, les sourcils levés.

« Et que s’est-il passé en juin 1998 ? »

L’autre homme fixa un point invisible devant lui, plus pâle que jamais.

« C’est l’année où Danielle Leary est morte… »

L’expression de l’inspecteur se fit plus concernée sur ce nom familier. Il lança un coup d’œil vers le fond de la grande salle où une baie vitrée en plexiglas séparait sa section d’une autre. Il fixa son ami et se leva.

« Attends-moi ici, je reviens. »

Son ami l’arrêta.

« Jake, attends… Tu vas où ? »

L’inspecteur eut une expression plus désolée.

« Je ne m’occupe pas des affaires classées. »

« Ouais, mais je pensais que tu pourrais juste retrouver qui me l’a envoyé et l’arrêter… »

« C’est plus compliqué que ça, Sam… Mais t’en fais pas, je reviens. Reste là… »

Il s’éloigna sans attendre de réponse et longea l’allée entre les bureaux. Ces mêmes bruits de conversations, d’interrogatoires, de sonneries téléphoniques ou de clavier résonnaient. Il arriva au bout de l’allée, ouvrit la porte qui menait aux bureaux de l'autre section criminelle et y pénétra en refermant. Il approcha d’une de ses collègues et posa la copie de l'email sous les yeux.

« Inspecteur Leary, je crois que ce document va vous intéresser. »

Sa collègue, Sarah Leary, se redressa les sourcils à peine froncés et fixa d’abord son collègue avant de prendre le document. Elle demanda évidemment.

Sarah : Qu’est-ce que c’est ?

L’inspecteur afficha un air plus grave, plus hésitant aussi devant sa collègue.

« Un ami à moi est ici et m’a apporté ça… Vu la date, j’ai supposé que ça vous intéresserait. »

Sarah prit quelques secondes pour parcourir le courriel. Ce dernier stipulait simplement qu’une personne avait connaissance de faits sur un évènement s’étant déroulé le 18 juin 1998. Son regard se riva aussitôt sur cette date qui ramenait avec elle le visage de sa petite sœur, Danielle. Cette dernière aurait eu trente ans aujourd’hui. Sa gorge se serra, ses traits se crispèrent avant qu’elle ne se lève.

Sarah : Où est cet ami ?

D’autres inspecteurs autour d’elle vinrent examiner le papier. Certains furent perplexes et interrogateurs, mais deux d’entre eux, les plus anciens, affichèrent une mine beaucoup plus préoccupée. L’un des deux, âgé d’une cinquantaine d’années, le crâne dégarni, prit la parole.

« Tu ne te mêles pas de cette enquête, Sarah. »

Il tendit le courriel imprimé à un de ses subordonnés. La victime était liée personnellement à l’inspecteur Leary et théoriquement, l’autre inspecteur n’aurait pas dû prendre la peine de lui amener ce document. Seulement, par ces mots, il comprit aussi que cette affaire n’était pas classée. Sarah se tendit davantage, les yeux sur son supérieur et tenta d’un air convaincu.

Sarah : Danielle est morte il y a dix ans, chef… Laissez-moi m’en occuper…

« C’est non… »

Le lieutenant fixa un autre de ses inspecteurs.

« Logan et Bennet s’en occuperont. »

Sarah se pinça les lèvres et regarda alentour pour tenter de calmer ce sentiment de nervosité et de colère soudaine qui l’envahissait. Elle connaissait les règles mais ne pouvait pas se faire à l’idée d’être mise à l’écart. Elle prit ses clefs et s’éloigna en lançant :

Sarah : Je sors !

Le lieutenant comprenait cette tension soudaine mais n’avait pas d’autre choix pour préserver sa subordonnée et le cours de l’enquête. Les deux inspecteurs en charge de cette affaire la suivirent des yeux, compatissants. Cette enquête serait plus difficile que toutes les autres. L’autre inspecteur leur montra son ami.

« Le témoin est dans mon bureau si vous souhaitez l’interroger. »

 

*********

 

Sarah s’arrêta devant le comptoir et ramena le registre sous ses yeux pour voir le nom du destinataire du courriel : Samuel Lewis. Ce nom ressurgissait du passé et ramenait autant de souvenirs, de flashs, que d’interrogations. Elle lança un coup d’œil sur le concerné. Samuel Lewis avait été l’ancien petit ami de sa sœur. Elle repartit, tendue et inquiète. Après toutes ces années, après avoir espéré qu’un témoin vienne apporter de nouveaux éléments sur le meurtre de sa sœur, elle se retrouvait sur la touche. C'était inenvisageable pour elle. Cela faisait un peu plus de dix ans que Danielle était morte et il ne s’était pas passé une seule journée sans qu’elle ne pense à elle, sans qu’elle n’envisage toutes les probabilités sur son meurtre. Déjà, des questions basiques fusaient dans son esprit : qui avait envoyé ce mail ? En quoi Samuel Lewis était-il impliqué dans la mort de sa sœur ? Elle devait l’admettre, tous ses soupçons avaient été tournés vers lui mais les rapports de l’enquête dix ans plus tôt n'avaient pas abouti. Si Lewis était ici, cela impliquait qu’il avait été témoin de quelque chose et redoutait une vengeance. Allait-il parler enfin et amener de nouveaux éléments déterminants ? L’émetteur de ce mail connaissait sa sœur, semblait même plus que proche pour revenir sur sa mort dix ans après. Etait-ce un ancien petit ami ? Un ou une ancienne amie ? Après tout, Sarah n’avait pas besoin d’examiner ce mail pour enquêter. Elle devait uniquement fouiller dans ses souvenirs, se rappeler des liens qu'entretenaient Samuel Lewis et sa sœur ainsi que tout l’entourage de cette dernière. Le soir de sa mort, Sarah était allée voir Danielle dans sa chambre pour lui parler, pour tenter de savoir ce qui n’allait pas. Elle se souvenait de l’état dans lequel était sa cadette ce soir là : fuyante, troublée. Elle craignait quelque chose mais Sarah n’avait pas eu le temps de discuter. Elle l’avait vue quitter sa chambre, s’excuser auprès de sa mère…

 

*********

 

18 juin 1998

Sarah l’avait suivie devant la maison pour la voir monter dans la voiture de Sean. Elle s’approcha.

Sarah : Où tu vas ?

« Juste une course à faire, je reviens vite… »

Sarah n’était pas rassurée et voyait les yeux bleus de Danielle embrumés de larmes.

Sarah : Dan’… C’est cette histoire de cheerleader qui te met dans cet état ?

Danielle rit nerveusement sur ces mots et démarra.

« Non… Et je dois y aller, Sarah… Je t’expliquerai tout, je t’assure, mais je dois vraiment filer… »

 

*********

 

Sarah ne l’avait plus jamais revue et n’avait jamais su ce que sa petite sœur devait lui avouer. Elle avait bien tenté de parler aux amis de Danielle, mais n’avait obtenu aucune information. Elle avait laissé la police faire son travail en toute confiance mais rien n’avait abouti. Son suspect numéro un, l’ancien petit ami de Danielle, avait eu un alibi qui n’était autre que son père, lui-même ami avec le lieutenant de l’époque chargé de l’enquête. Celui-ci venait jusqu’à eux pour se faire protéger. Mais de qui ? De l’assassin ? Y’avait-il une histoire de chantage ? Après tout, le fils Lewis était directeur de Sidecorp depuis peu.

 

*********

 

Dans un bureau fermé de l’étage de la section criminelle, un des inspecteurs chargés de l’enquête se retrouvait avec le destinataire du mail. Son collègue était parti en salle des archives afin de rouvrir le dossier sur la mort de la sœur de Sarah. Debout devant Samuel, il le fixa.

« Est-ce la première fois que vous recevez ce genre de courrier ? »

Samuel acquiesça.

« Oui… J’ai même demandé à un ami de retrouver l’émetteur mais il a pas réussi… Il m’a dit que les informations avaient été bloquées. »

L’autre inspecteur, un afro-américain assez costaud d’une quarantaine d’années resta appuyé contre le mur, ses mains dans son dos.

« Et vous connaissez des gens dans votre entourage qui pourraient vous en vouloir ? »

Le témoin sourit, nerveux.

« Je suis à la tête d’une grande entreprise, inspecteur Bennet, alors vous pouvez lister tous mes concurrents.»

Scott Logan reprit.

« Et des gens que vous fréquentiez quand vous aviez dix-neuf ans ? »

Samuel Lewis glissa sa main sur sa nuque.

« J’avais des amis comme tout le monde. J’étais quarterback dans l’équipe de mon université et à la fin de l’année je me suis disputé avec deux d’entre eux… Kevin Williams et Sean Ryan… »

Un autre inspecteur pénétra dans la pièce, le dossier de Danielle Leary en main. Il l’avait rapidement parcouru pour situer l’enquête de l’époque. Il le posa sur la table. Son collègue, l’agent Bennet poursuivit l’entretien.

« Pour quelle raison, vous êtes-vous disputés avec eux ? »

Samuel : Ils étaient très amis et faisaient aussi partie de l’équipe…

Sa nervosité augmenta et il détourna son visage sur le côté.

Samuel : Sean visait ma place de capitaine et à cette époque-là, il me menaçait de dire à l’entraîneur que je prenais des stéroïdes…

Les trois inspecteurs se regardèrent et le lieutenant reprit.

« A en croire l’enquête menée il y a dix ans, vous étiez sorti avec Danielle qui vous avait quitté. »

Samuel se pinça les lèvres et avala difficilement. Il semblait de plus en plus troublé.

Samuel : J’étais fou d’elle… Je l’aimais…

Scott : Assez fou pour la tuer ?

Samuel le fixa et se défendit vivement.

Samuel : J’aurais jamais levé la main sur elle… Quand elle est morte, j’ai mal tourné, j’étais même à deux doigts de me suicider…

L’inspecteur croisa les bras.

Charles : Est-ce que vous aviez dit à l’époque pourquoi elle vous quittait ? Est-ce qu’elle avait un autre petit ami ?

Samuel : Tout ce que je sais, c’est que Sean tournait autour d’elle… Sans arrêt… Lui et ses copains n’arrêtaient pas de la taquiner…

Le lieutenant plissa les yeux. Il était intrigué par une question.

« Celui qui vous a envoyé l’email vous dit qu’il sait ce qui s’est passé… Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là, monsieur Lewis ? »

Samuel prit une inspiration. Cette histoire, ce mail lui faisait craindre des représailles, des retours du passé et de ces rivalités avec ces autres garçons.

Samuel : Danielle m’a dit qu’elle voulait me parler mais ce jour-là, j’avais promis à mon père de venir le voir à la Sidecorp pour signer mon contrat d’apprentissage.

Le lieutenant constatait que le témoignage de 1998 était similaire. Il reprit pourtant.

« Vous étiez fou amoureux de votre ancienne petite amie qui voulait vous voir, mais vous êtes allé à ce rendez-vous avec votre père… »

Samuel : Mon père était dur avec moi… Je n’avais pas intérêt à lui désobéir, même quand j’avais vingt ans…

 

*********

 

Sarah arriva sous le porche de la maison et frappa. Un jeune homme d’une trentaine d’années lui ouvrit, un bébé dans les bras. Il sembla prendre une pause face à cette femme blonde et la détailla avant d’esquisser un léger sourire.

« Bonjour Sarah… »

Cette dernière se pinça les lèvres. Elle reconnaissait ce visage qui n’avait pas beaucoup changé. Un visage et un regard noisette qui lui rappelaient un bon nombre de souvenirs. Sean Ryan était devenu un bel homme et avait gardé une carrure de footballeur et son charme  envoûtant.

Sarah : Salut Sean… Je te dérange pas ?

Sean paraissait ravi de revoir son ancienne amie. Cette dernière avait changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. La présence de Sarah le ramena à des souvenirs aussi bons que désagréables, notamment sur la mort de Danielle. Il se recula.

Sean : Non…

Il secoua un peu le bambin dans ses bras.

Sean : Ce petit ange-là fait pas toutes ses nuits alors je dois la faire dormir au moins pendant la journée…

Il lui indiqua de le suivre jusqu’au salon et demanda.

Sean : Ca fait longtemps… Qu’est-ce qui t’amène jusqu’ici ?

Sarah pénétra dans la demeure après avoir légèrement souri. Elle jeta un œil aux alentours. Elle n’était jamais venue chez Sean mais avait appris par une amie que ce dernier s’était marié avec une institutrice avec qui il avait eu deux enfants. Elle garda ses mains dans les poches de son manteau noir et le fixa.

Sarah : Je suis inspecteur de police. J’enquête officieusement sur la mort de Dan’ et j’ai des questions à te poser auxquelles tu n’es pas tenu de répondre… Je te le dis puisqu’après moi, d’autres inspecteurs viendront sûrement te voir…

Sean se tendit sur cette réponse. La mort de Danielle l’avait secoué, autant lui que tous ceux de son entourage. Il contourna le comptoir, sa petite fille dans ses bras qui dormait à moitié sur son épaule.

Sean : Tu veux un café, quelque chose à boire ?

Il vit Sarah acquiescer d’un signe de tête et prépara deux tasses.

Sean : Alors, l’enquête a été rouverte ?

Il la fixa, intéressé.

Sean : Vous avez une piste cette fois ?

Sarah dut prendre une pause. Elle n’avait jamais eu l’habitude de voir Sean dans de telles circonstances. Ce dernier avait fini quarterback l’année qui avait suivi la mort de Danielle et avait une réputation de dur. Elle le savait gentil, calme et le voir ainsi avec cette petite fille était touchant. Elle s’assit sur un tabouret et l’observa. Elle devait prendre du recul afin d’être objective. Sean aurait très bien pu être l’assassin de sa sœur même s’il était son ancien amant. Elle resta évasive.

Sarah : Je ne suis pas chargée de l’enquête. Je sais qu’elle a été rouverte et c’est ce qui m’amène…

Sean posa les deux tasses sur la table et s’assit face à Sarah en calant son bébé contre son torse.

Sean : La mort de Dan’ nous a tous remués, tu sais Sarah… Qu’est-ce que tu veux savoir ?

Sarah enveloppa la tasse dans ses mains et le détailla.

Sarah : Le soir de sa mort, avant que Dan’ ne quitte la maison, elle m’a dit qu’elle aurait quelque chose à me dire en revenant, mais je n’ai jamais su quoi…

Elle prit une pause et but quelques gorgées de café sans le quitter des yeux.

Sarah : Je sais qu’elle venait souvent ici voir ta sœur et je vais pas te cacher que je pensais que vous sortiez ensemble… Tu veux pas m’en dire un peu plus, Sean ?

Attentif, Sean berçait doucement sa petite fille dans ses bras en écoutant les remarques de son ancienne amante. Il fronça un peu les sourcils dans une analogie.

Sean : T’es en train de me suspecter, là ?

Sarah s’était attendue à cette question légitime et répondit simplement.

Sarah : Tout comme je suis suspecte moi aussi puisque j’étais sa sœur et que nous nous sommes disputées deux jours avant sa mort…

Sean acquiesça d’un léger signe de tête et prit sa tasse pour boire un peu de son café. Il laissa le liquide noir humidifier son palais. Il repartit dans ses souvenirs d’étudiant, dans les évènements qui s’étaient déroulés autour de la mort de Danielle. Il la fixa d’un air plus sérieux.

Sean : Même si on n'a pas trouvé l’enfoiré qui a fait ça à ta sœur, je pense pas que ce soit bon de remuer ce passé… Surtout pour toi, Sarah… Ce serait reparler de choses qui ne sont pas forcément agréables…

Sarah le savait mais elle devait le faire, devait venir à bout de cette enquête, pour sa sœur. Elle devait trouver le coupable, retrouver son corps pour lui donner une sépulture et enfin faire son deuil. Sa gorge se serra en songeant à ce seul cercueil vide qu’elle et sa famille avaient mis en terre. Elle se reprit, néanmoins en fixant le brun.

Sarah : Je le fais tous les jours et cette fois, c’est pour Dan’...

Elle marqua une pause et rajouta.

Sarah : Dix ans sont passés, Sean… On a tous grandi et fait notre vie, quoi que tu saches ou que tu aies fait avec ma sœur, je ne vous jugerai pas…

Sean eut un sourire nerveux et secoua la tête sur cette réplique. Sarah croyait que sa sœur et lui étaient ensemble. Il répondit.

Sean : Il ne s’est jamais rien passé avec ta sœur… Je l’aimais beaucoup, mais je ne l’aimais pas dans ce sens là… Ce jour-là, je lui ai prêté la voiture, mais je n’étais pas avec elle, d’ailleurs j’ai déjà dit à tes collègues où j’étais à cette époque...

Sarah se pinça les lèvres et reprit.

Sarah : Tu aimais bien ma sœur… D’accord… Mais ça n’explique pas pourquoi elle était chez toi du soir au matin et du matin au soir, Sean. Tu lui prêtais ta voiture et même de l’argent.

Elle écarta les mains de sa tasse et rajouta dans l’espoir de le faire parler.

Sarah : Samuel Lewis était au poste ce matin et tous les soupçons vont se tourner vers toi, je tiens à te prévenir.

Sean rit un peu, mal à l’aise sur cette annonce et répondit spontanément :

Sean : Quel enfoiré, ce fils de pute !

Il était consterné de savoir que Samuel Lewis était allé voir les policiers pour les informer d’un détail qu’il ne connaissait pas sur l’enquête.

Sean : J’en reviens pas… Dix ans après, il rumine encore sa place de quarterback qu’il ne méritait pas ! Ce gars-là a jamais rien fait par lui-même… C’est un looser…

Sarah constata l’animosité évidente entre ces anciens meilleurs amis. Amis devenus rivaux pour une place de quarterback mais peut-être aussi pour sa sœur. Sean ne voulait sans doute pas l’avouer pour ne pas faire partie de la liste des principaux suspects. Elle le détailla avec sa petite fille.

Sarah : Parle-moi de lui, Sean…

Sean devinait que Sarah voulait en savoir plus, toujours plus. Il se pinça les lèvres en réfléchissant rapidement au milieu de tous ses souvenirs.

Sean : Ta sœur a fait une erreur quand elle est sortie avec ce minable et heureusement, elle a vite compris qu’il était pas pour elle, qu’il la méritait pas… Ce gars était prêt à tout pour se faire connaître, pour être dans le haut du panier… Sa place dans l’équipe, il l’avait eu grâce à son père et grâce à toutes ces merdes qu’il prenait pour être plus rapide, plus costaud… J’ai même pas eu besoin de le balancer, l’entraîneur a découvert ses pilules dans son casier, un soir…

 

*********

 

17 juin 1998

Samuel fut saisi de panique et fixa le coach dont la mine exprimait toute sa déception. Il tenta en seule échappatoire.

Samuel : C’est pas ce que vous croyez Coach… Je peux vous expliquer.

L’entraîneur secoua doucement la tête, désappointé par ce qu’il avait trouvé dans le casier de son capitaine et quarterback.

« T’as plutôt intérêt à me l’expliquer si tu veux pas être viré de l’équipe, Sam ! »

Samuel angoissait de voir ses amis autour de lui le fixer et attendre une réponse. Tous restaient devant leur casier, leur regard braqué sur lui. Il se sentait pris au piège. Son regard se posa sur Sean qui le fixait sans rien dire et sa colère l’envahit. Il en était certain : son meilleur ami l’avait balancé. Fou de rage, il se rua sur lui et son poing s’écrasa violemment dans sa mâchoire. Aussitôt, les joueurs près de Sean se précipitèrent sur Samuel pour l’écarter de leur coéquipier. Ahuri par ce comportement violent, le coach saisit Samuel par l’épaule pour l’arrêter.

« T’es devenu fou ou quoi ? Dehors… Je veux plus te voir. »

Le regard méprisant de Samuel se posa sur l’homme d’une quarantaine d’année.

Samuel : Vous avez pas le droit de me virer ! Tout ce que vous avez, vous le devez à mon père !

Il prit son sac et pointa le coach du doigt, menaçant.

Samuel : Vous savez pas à qui vous avez à faire… Je vais pas vous laisser bousiller ma vie et demain soir, je serai sur le terrain !

 

*********

 

De nos jours.

Sarah plissa les yeux en imaginant aisément la scène. Elle demanda, perplexe.

Sarah : Donc le lendemain avait lieu le grand match contre New York… Etait-il sur le terrain ou non ?

Le bébé se mit à geindre un peu et Sean le berça doucement afin de le calmer.

Sean : Non… Le lendemain, j’étais capitaine, quarterback et je marquais trente points…

Sarah sourit légèrement. A l’époque, elle n’avait jamais douté que Sean percerait dans l’équipe de foot même si le sport ne faisait pas partie de ses priorités. Elle se pinça les lèvres en le détaillant et poursuivit.

Sarah : Et tu l’es resté l’année d’après… Tu as revu Sam suite à cet incident ?

Sean leva les sourcils sur cette question, plongé dans ses souvenirs.

Sean : Non… Enfin, je le croisais de loin, mais c’était un peu électrique, tu vois ? Il valait mieux rester à distance l’un de l’autre…

Sarah : Est-ce que tu as entendu parler de lui par d’autres ? Est-ce qu’il a eu un comportement violent avec d’autres personnes avant ou après cela ?

Sean marqua une pause et but une gorgée de café. Il semblait un peu embarrassé de devoir reparler de ces histoires, de ces souvenirs autour de la mort de Danielle.

Sean : Je te l’ai dit, c’est un looser, Sarah… Ceux qui réussissent pas avec leurs muscles ou leur cerveau, le font par les poings ou leur grande gueule.

Il se cala dans son fauteuil en détaillant Sarah devant lui.

Sean : Si tu veux savoir qui sortait avec ta sœur, tu te trompes de Ryan, Sarah…

La première pensée de l’inspecteur fut de se dire qu’elle n’avait pas connaissance que Sean ait un frère. Seulement quand elle comprit qu’il parlait de sa sœur, Faith, une expression de perplexité et de surprise apparut sur son visage. Elle finit par froncer les sourcils, incertaine. Cette annonce était pourtant claire. Elle sourit nerveusement.

Sarah : T’es en train de me dire que ma sœur sortait avec la tienne ?

 

 


 

 

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Créé le 9 juillet 2010

Serial'Killer

Ne faites pas l’erreur de croire ce que vous voyez à la télévision. Le métier de profiler a été dénaturé par les médias, journalistes, auteurs de romans à succès ou encore scénaristes de série tv. Dans la réalitéun profiler américain ne se déplace pas sur le terrain et on ne confie pas non plus à une stagiaire du FBI comme Clarice Starlight – interprétée par Jodie Foster – un dossier aussi important que celui du célèbre serial killer Hannibal Lecter dans le « Silence des Agneaux ». Non, dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, la logique veut qu’un profiler américain travaille dans un bureau, enfermé, avec comme seuls supports à ses recherches des rapports détaillés, des photos, et toutes les pièces nécessaires qui lui permettront d’élaborer le profil psychologique du meurtrier.


Je m’appelle Sarah Leary, j’ai trente-trois ans. Rien ne laissait supposer que je travaillerais un jour dans la police. A vrai dire, j’étais journaliste au San Francisco Chronicle entre 2000 et 2005. En parallèle, je poursuivais mes études de psychologie à l’université de Stanford. A la fin de mon année, j’ai rédigé une thèse sur les Serial Killer. Celle-ci a été envoyée au directeur de la police de Los Angeles et j’ai été appelée pour les aider à résoudre une première série de meurtres. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, je suis lieutenant et travaille officiellement avec eux. J’ai ainsi aidé à l’arrestation de neuf tueurs en série (Ronald Willams, Samuel Mooney, Quentin Shiffer, Vince Logan, Nick Neilly, Martha Dostoïevskaïa, Joseph Springs, John Abigail et Scott Tremblay). Je ne suis pas à considérer comme une intervenante ni comme un psychologue privé. J’ai été assermentée, ai un bureau au sein du commissariat central de Los Angeles et mon travail est d’assister les inspecteurs qui décideront, ou non, de suivre mes conseils afin de traquer et d’arrêter ces assassins.

207 pages

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PROLOGUE

 

Ne faites pas l’erreur de croire ce que vous voyez à la télévision. Le métier de profiler a été dénaturé par les médias, journalistes, auteurs de romans à succès ou encore scénaristes de série tv. Dans la réalité et en règle générale, un profiler américain ne se déplace pas sur le terrain et on ne confie pas non plus à une stagiaire du FBI comme Clarice Starlight – interprétée par Jodie Foster – un dossier aussi important que celui du célèbre serial killer Hannibal Lecter dans le « Silence des Agneaux ». Non, dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, la logique veut qu’un profiler américain travaille dans un bureau, enfermé, avec comme seuls supports à ses recherches des rapports détaillés, des photos, et toutes les pièces nécessaires qui lui permettront d’élaborer le profil psychologique du meurtrier.

Je n’assimile pas qu’on puisse établir le profil d’un tueur en série sans être allé sur le lieu de son forfait. Qu’il s’agisse du toit d’un immeuble, d’un appartement, d’un champ, le cadre physique de chaque meurtre a son importance, son atmosphère précise sa charge d’émotions qui permet de voir plus loin que des photos du lieu du crime. Les photos n’ont pas d’âme mais un environnement saura vous parler s’il a des choses à dire et si vous êtes attentifs.

Je m’appelle Sarah Leary, j’ai trente-trois ans. Rien ne laissait supposer que je travaillerais un jour dans la police. A vrai dire, j’étais journaliste au San Francisco Chronicle entre 2000 et 2005. En parallèle, je poursuivais mes études de psychologie à l’université de Stanford. A la fin de mon année, j’ai rédigé une thèse sur les Serial Killer. Celle-ci a été envoyée au directeur de la police de Los Angeles et j’ai été appelée pour les aider à résoudre une première série de meurtres. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, je suis lieutenant et travaille officiellement avec eux. J’ai ainsi aidé à l’arrestation de neuf tueurs en série (Ronald Willams, Samuel Mooney, Quentin Shiffer, Vince Logan, Nick Neilly, Martha Dostoïevskaïa, Joseph Springs, John Abigail et Scott Tremblay). Je ne suis pas à considérer comme une intervenante ni comme un psychologue privé. J’ai été assermentée, ai un bureau au sein du commissariat central de Los Angeles et mon travail est d’assister les inspecteurs qui décideront, ou non, de suivre mes conseils afin de traquer et d’arrêter ces assassins.

Voici mon histoire.

 

*********

 

— Post-mortem… Il l’a d’abord étranglée.

Sarah observa le cadavre : une femme de taille moyenne, blonde, svelte, de race blanche. La présence de coups portés au visage indiquait l’évidence d’un combat, d’un court affrontement. Pourtant, les lieux étaient en ordre : la victime connaissait son agresseur et avait été surprise au dernier moment.

— Elle s’appelle Jennifer Davis.

Sarah prit le portefeuille que lui tendait l’inspecteur et scruta la photo d’identité ; Jennifer Davis était une jeune femme de trente ans, plutôt jolie.

Depuis qu’elles étaient entrées dans l’appartement, Faith Ryan n’était pas étonnée du silence de sa collègue. Elle avait pris l’habitude de la voir ainsi, impliquée, attentive à chaque détail. Quand Sarah Leary étudiait la scène d’un crime, elle pouvait rester près de deux heures sur les lieux, sans un mot. Qu’elle soit profiler, qu’ils soient inspecteurs ou simples flics, découvrir pareille scène ne laissait personne indifférent.

Elle fixa le corps. Jennifer Davis avait été dénudée, allongée sur le dos, la tête tournée sur la gauche et les lèvres entrouvertes. Son regard vide présentait les stigmates de sa peur lors de sa mort, ses cuisses étaient écartées. Elle regarda aux alentours. Quelle arme l’assassin avait-il utilisée pour étrangler Jennifer Davis ? Le premier meurtre accusait le fil du combiné téléphonique soigneusement remis en place une fois le forfait accompli. Les yeux de Sarah se plissèrent sur une porte ouverte en face d’elle. Elle fit quelques pas vers la chambre et trouva une ceinture sur le lit. Le meurtrier avait pris soin, cette fois, de bien laisser en évidence l’arme du crime qui appartenait à la victime. Elle fit signe à Faith d’approcher et cette dernière récupéra l’objet qu’elle glissa dans un sachet en plastique.

Faith : J’imagine que c’est l’arme du crime… Je l’envoie au labo.

Sarah : S’il te plaît.

Faith lui sourit mais vit Sarah concentrée, imperturbable. Cette dernière retourna dans le salon, près de la table où le corps gisait inerte sur un tapis. Les lieux paraissaient chaleureux dans l'ensemble, comme chez la première victime, Lisa Hailey.

Sarah restait intriguée. Au cours des trois dernières années, ses études, son travail et les profils psychologiques dressés, avaient permis l’arrestation de plusieurs meurtriers, tous Serial Killers. L’important dans ce genre d’enquête était de lier chaque information trouvée. Les inspecteurs devaient interroger les voisins de l’immeuble, réunir les emplois du temps, celui de la victime et élaborer le degré de criminalité du quartier. Il y aurait d’autres pièces dont Sarah aurait besoin : le rapport d’autopsie, les analyses toxicologiques et sérologiques du laboratoire, la liste des suspects, l’enquête sur la victime, sa famille, ses amis... Autant de paperasse longue à établir dans les détails, mais importante au plus haut point. Sarah resta debout devant le cadavre et examina la pièce pour la énième fois. Elle devait s’imprégner de l’ambiance des lieux, se mettre à la place de l’assassin. Le trouver impliquait plusieurs choses : elle devait le comprendre, faire preuve d’empathie et découvrir ce qu’il cherchait à assouvir…

A chaque meurtre en série correspondait un fantasme, un besoin d’assouvir des pulsions. Comprendre ce fantasme permettrait à Sarah d’établir la genèse exacte de l’enfance du responsable. Ses antécédents sociaux étaient la clef.

 

*********

 

Une semaine plus tard.

Faith frappa à la porte du bureau de Sarah et entra en silence. Elle devinait que Sarah avait passé son week-end à travailler sur les deux crimes. En théorie, un serial killer était nommé comme tel à partir de trois forfaits, trois meurtres commis avec un certain intervalle de temps et dans des lieux différents. La presse et les journalistes s’étaient empressés de trouver un surnom à l’assassin : L’Étrangleur.

Sarah rageait de constater les fuites de certains services à l’intérieur même du commissariat ? Elle savait que les policiers étaient mal payés, mais le fait d’accepter des pots-de-vin dans ce genre d’affaire l’agaçait au plus haut point. Ce type d’appellation et médiatisation ne faisaient qu’encourager leur meurtrier à renouveler ses crimes et affirmer sa toute puissance.

En théorie, ce genre de meurtrier ciblait un type unique de victimes selon le sexe, l’âge ou encore la profession. Les médias pouvaient être utiles dans certains cas, mais leur aide s’avérait parfois être une arme à double tranchant. Sarah leva les yeux sur l’inspecteur et ôta ses lunettes.

Faith : Je voulais savoir si on pouvait discuter, savoir où t’en étais...

Ce qui indiquait à Sarah que l’enquête stagnait pour l’inspecteur Ryan. Les raisons en étaient simples : manque de lien entre les victimes, quantité importante d’informations, absence de témoin. Quand Faith n’avait pas de piste précise, Sarah intervenait et pouvait ainsi l’aiguiller à l’aide des siennes. Etablir un profil avec si peu d’éléments était complexe et elle avait besoin d’au moins quinze jours pour laisser mûrir son étude. Elle avait relié quelques comportements au vu des éléments psychologiques trouvés, mais ceux-ci en étaient déconcertants de similitudes.

Sarah : Tu peux t’asseoir, je vais te dire ce que j’ai, mais ce n’est qu’une ébauche.

Faith s’exécuta sans quitter Sarah des yeux. Elle appréciait particulièrement ce genre de moments, même anodins, pendant lequel elles se retrouvaient toutes les deux, seules dans les bureaux. Il était tard et comme tout bon fonctionnaire d’Etat, la plupart des agents étaient rentrés chez eux. Ceux qui restaient étaient  considérés comme impliqués dans leur travail et leur grade, proportionnel à leur dévotion.

Sarah ramena les documents devant elle et reprit depuis le début, comme si répéter chaque information lui permettait d’approfondir son étude.

Sarah : Pour les victimes... Âge similaire, la trentaine, dates de naissance différentes, jeunes femmes blanches, blondes, entre un mètre cinquante-cinq et un mètre soixante, hétérosexuelles. Jugées charmantes par leur entourage, célibataires, professions libérales ; l’une est médecin, l’autre avocate. Femmes carriéristes, indépendantes, peu d’amis, amants de passage, peu de loisirs.

Elle fixa l’inspecteur.

Sarah : Tout laisse supposer que le meurtrier est un homme de race blanche entre trente et trente-cinq ans. Il a longuement étudié ses victimes, les a approchées et mises en confiance puisque les appartements ne présentent aucun signe d’effraction. Il a un quotient intellectuel normal ou supérieur à la moyenne et a pu susciter l’intérêt de ces jeunes femmes…

Elle glissa le rapport des analyses d’autopsie devant Faith.

Sarah : L’étude A.D.N. des prélèvements de sperme ne correspond à aucun homme déjà enregistré dans nos bases de données. L’analyse des corps précise qu’aucune trace de peau, de cheveux ou de poil pubien n’a été retrouvée sur le corps des victimes. L’agresseur s’est caressé avant d’éjaculer dans la bouche de chacune des deux jeunes femmes.

Son regard se porta de nouveau sur Faith

Sarah : Il fréquente peut-être le corps médical voire la police. Il est informé des procédures destinées à le retrouver. Il est d’apparence arrogante, charmeuse, bel homme et discret, il semble sûr de lui, calme et ne craint pas l’autorité…

Jusque là, Faith comprenait les déductions de Sarah qui restaient pour l’instant assez basiques. La victimologie – l’étude des victimes – était tout aussi importante que la criminologie – l’étude de l’acte du meurtrier.

A travers les traits de personnalité des deux jeunes femmes, leurs trains de vie, leurs habitudes et professions, Sarah parvenait à juger des caractéristiques physiques et intellectuelles de l’assassin. Faith admettait ne pas toujours saisir les conclusions parfois tirées par les cheveux de Sarah, mais elle n’était pas la diplômée en psychologie et Sarah n’avait jamais fait d’erreur jusqu’à maintenant. Elle gardait son léger sourire continuant de l’écouter et prenait quelques notes, attentive.

Sarah : Les rapports d’autopsie présentent les mêmes marques de strangulation. Ceux de toxicologie prouvent qu’elles ne buvaient pas, ne fumaient pas et ne se droguaient pas. Leur hygiène de vie était normale. Elles sont mortes un samedi matin entre huit et neuf heures. Le meurtrier travaille la semaine, ce qui explique l’acte matinal du forfait. Il est très organisé, ponctuel et tout laisse à croire que ces deux meurtres ne sont pas les premiers. Aucun des voisins n’a remarqué de visites chez les concernées durant les trente derniers jours. L’assassin venait chez ses victimes pour la première fois. Pour seul kit, il a une paire de gants, ce qui explique l’absence d’empreinte sur le corps des victimes, les armes et lieux des crimes.

Elle se servit un verre d'eau et but quelques gorgées. Faith la vit prendre une pause, son regard sur les feuilles.

Faith : Sarah ? Ça va pas ?

Sarah hésita, se sentait troublée. Elle se pinça les lèvres et fixa Faith.

Sarah : Il y a une incohérence dans les rapports. L’autopsie déclare que les marques de strangulation sont légères, peu appuyées, comme si l’assassin n’avait pas de force.

La brune arqua les sourcils.

Faith : Il a peut-être pris son temps pour les tuer. Ils le font tous en général.

Mais Sarah rajouta.

Sarah : 6% des hommes tuent par strangulation, contre 47% chez les femmes.

La brune resta perplexe.

Faith : Tu crois que c’est une femme ?

Sarah : La présence de sperme prouve le contraire…

Faith : Alors ça pourrait être un couple ?

Sarah : Non… Il n’y a pas deux meurtriers et celui qu’on cherche n’est pas non plus un jeune homme ou un adolescent.

Faith ne la quitta pas des yeux et croisa les bras.

Faith : T’en déduis quoi ?

Sarah arqua les sourcils et se frotta le front du bout des doigts. Même si son étude se basait sur des faits, des preuves, des rapports scientifiques, son instinct lui criait que son profil comportait un défaut. Seulement, elle ne le voyait pas, semblait ne pas avoir assez de recul.

Sarah : Soit j’ai manqué un détail, soit c’est une femme. Conclusion illogique puisqu’il y a le sperme. Ou alors c’est un jeune homme dont la morphologie n’est pas développée ! Vous avez pourtant interrogé leurs anciens amants et tous ont une carrure sportive et une certaine musculature.

Faith : Il les a peut-être assassinées parce qu’elles ne voulaient pas de lui…

Sarah plissa les yeux ; elle avait songé à cela mais poursuivit.

Sarah : Non, les voisins n’ont pas entendu de dispute… Jennifer Davis et Lisa Hailey étaient des femmes de caractère, elles savaient ce qu’elles voulaient et il n’était apparemment pas question de négocier, que ce soit dans leur vie professionnelle ou vie privée. Le Tueur n’avait pas de relation intime avec elles et n’en voulait pas. Leurs relations étaient davantage basées sur de la confiance…

Sarah s’agaça et se cala dans son fauteuil avant de croiser les bras.

Sarah : En clair, tout ce que j’ai fait pendant une semaine ne nous avance pas plus. Je ne parviens pas à définir le mobile et je ne suis même pas sûre que ma genèse soit exacte.

Faith resta bras croisés, son regard posé sur les traits fins de Sarah.

Faith : Dis toujours…

Sarah : C’est assez contradictoire… En somme, tout laisse supposer que le meurtrier a été délaissé par sa mère pendant son enfance. Une mère carriériste, sadique, qui détestait les hommes et son fils par la même occasion. Il n’avait pas de figure paternelle et voyait certainement défiler les amants de sa mère. Les deux filles sont mortes asphyxiées, réduites au silence, du sperme dans la bouche… Il était témoin forcé des ébats de sa mère et la voyait se soumettre au désir des hommes. Elle exerçait une domination sur son fils et ses amants en même temps. Maintenant, il prend le rôle de ces hommes et à chaque victime, il tue sa mère, lui faisant payer d’avoir nourri sa propre excitation.

Elle remplit son verre d’eau en poursuivant.

Sarah : En tout cas, je suis certaine d’une chose, qu’il souffre d’un complexe d’Oedipe exacerbé et à travers chacune de ces femmes, il voit sa propre mère qui ne lui a jamais donné l’amour qu’il attendait. La violence et le sexe ont été ses repères en grandissant et ses fantasmes se sont développés. Il n’a jamais pu être un de ses amants, la morale ou la religion l’en empêchant et sa mère est morte quand il était jeune, le laissant abandonné et frustré.

Et Faith confirmait, suite à ce genre de déductions, qu’elle ne saisissait pas les analogies ou développements de Sarah.

Faith : S’ils sont deux ?

Chose peu probable songeait Sarah, mais elle répondit.

Sarah : S’ils sont deux, la compagne du meurtrier regarde. Elle regarde le crime tel que le tueur le faisait quand il était enfant. Elle prend la place de l’enfant soumis et il serait alors question de transfert sur chaque protagoniste.

Elle secoua la tête et baissa son regard sur ses notes.

Sarah : Mais ils ne sont pas deux, crois-moi ! Notre homme est célibataire, il vit seul, j’en suis sûre… Il agit seul… J’ai bien trop d’éléments alors que nous ne disposons que de deux cadavres. Il a laissé des traces volontaires, son schéma est parfait, pensé à la lettre… Je n’ai jamais vu deux crimes aussi similaires dans les détails. Un meurtrier laisse habituellement sa signature mais ne répète pas un crime de façon aussi calculée.

Elle fixa Faith qui ne la quittait pas des yeux, comme à son habitude et celle-ci changea complètement de sujet.

Faith : Ça te dit que j’aille chercher deux salades à côté et qu’on fasse une pause dîner ?

Sarah afficha un léger sourire. Peut-être était-il temps de prendre du recul, de libérer son esprit de ce dossier. Elle lança un coup d’œil sur sa montre ; il était neuf heures passé.

Sarah : Oui, tu as raison, il est tard.

Faith se leva.

Faith : J’en ai pour dix minutes.

Sarah la suivit des yeux et se cala dans son fauteuil. Elle soupira en silence et bascula sa tête en arrière. Ses mains sur son visage, les yeux fermés, elle ne contrôlait pas les flashs suggestifs des scènes de crimes qui se bousculaient dans son esprit, tentant de lui faire comprendre quelque chose. Elle ne pouvait l’empêcher. Consciente ou non qu’elle devait faire une pause, son esprit se perdait dans des réflexions incessantes.

Qu’avait-elle manqué exactement ? Ce crime n’était pas qu’une simple répétition comme elle avait déjà pu en voir. Les similitudes ou signatures semblaient si flagrantes, si nombreuses, que Sarah se demandait si le tueur ne se jouait pas d’elle. Elle savait d’expérience que chaque serial killer se répétait lors d’un forfait. Qu’il s’agisse du procédé, de l’arme du crime, du rituel pre ou post-mortem, chaque serial killer laissait une marque personnelle derrière lui. Et Sarah était là pour la trouver, la trouver afin de confirmer à ses collègues s’ils avaient à faire, ou non, au même meurtrier.

Elle considérait que le serial killer était un humain comme les autres. Telle une jeune femme s’exerçant à la cuisine, le meurtrier en série tentait souvent de nouvelles recettes, de nouvelles méthodes et n’oubliait jamais sa touche personnelle et indélébile de façon consciente ou inconsciente. Deux scènes de crime ne pouvaient donc porter deux fois les mêmes indices, sauf si l’auteur du forfait suivait à la lettre une recette déjà écrite par ses soins… ou par ceux d’un autre ? Sur cette dernière analogie, Sarah se redressa et pianota sur son clavier. Si son travail était de faire preuve d’une grande logique, son intuition la guidait souvent vers des pistes intéressantes.

Elle accéda à un programme, entra son mot de passe et une fenêtre officielle s’afficha. Le V.I.C.A.P. (Programme d'appréhension des criminels violents) lui permettrait d’identifier tous les meurtres similaires perpétrés depuis 1979. Qu’il s’agisse d’agressions sexuelles, de personnes disparues, de tentatives d’homicide ou d’homicides, chaque dossier important, résolu ou non, était archivé dans ce programme. Elle pianota sur son clavier, entra quelques mots dans les critères de recherche et la lança. Après quelques secondes, une fiche apparut sur son écran.

Ses lèvres se pincèrent, ses yeux sur la photo d’un meurtrier arrêté le 3 juin 1989. Elle avait vu juste : Dixon Anszczak, homme de trente et un ans, d’origine polonaise et résidant à New York, avait assassiné dix-huit jeunes femmes blondes par strangulation entre 1981 et 1989. Il  avait écopé de quatre cent dix-neuf ans de prison.

Elle accéda au profil, vérifia ses antécédents familiaux et sa genèse qui se rapprochait de celle dressée à Faith quelques minutes plus tôt. Elle se rassit dos à son fauteuil, son regard dans le vide. Elle était agacée, agacée de ne pas avoir fait ces vérifications plus tôt et d’avoir perdu deux semaines à réaliser ses études.

L’erreur venait d’elle cette fois ! Ces deux forfaits étaient une imitation, une « recette » appliquée et suivie à la lettre, une « copycat ». Pourtant, l’assassin avait obligatoirement commis une erreur. Imiter était déjà une erreur en soi. Peu importait la recette,

Sarah savait qu’il y avait sur ces clichés ou sur les lieux du crime, une trace, une marque propre au meurtrier. Elle devait se concentrer sur le fantasme de ce nouveau tueur. Hormis les provoquer, quel était son but ? Pourquoi reprenait-il le coup de pinceau d’un autre ? Continuerait-il son imitation en tuant seize femmes de plus ? Pourquoi avait-il choisi d’imiter Anszczak ? Souffrait-il des mêmes fantasmes ? L’auteur de ces forfaits était une personne passionnée pour en venir à reprendre le procédé d’un autre serial killer. Il n’avait pas choisi Anszczak par hasard.

Par son égo démesuré, il ne doutait pas un seul instant pouvoir leur faire face. Il était renseigné, éduqué, organisé et avait peut-être même accès au V.I.CA.P. Sarah ne devait rien laisser au hasard, devait être neutre et lister toutes les possibilités. Le but du Tueur était d’être découvert et de les provoquer. L’arrestation de cet Anszczak remontait à trente ans. Celui qui lui rendait hommage semblait bien informé. Etait-ce alors un mobile ? Sarah en doutait…

Si l’agresseur et la victime avaient un lien qu’elle devait découvrir, en existait-il un entre Anszczak  et le meurtrier ? L’homme qui imitait ce polonais n’était pas le premier imitateur dans l’histoire des serial killers, ce qui pouvait amener Sarah à se tromper dans toutes ses conclusions. En clair, elle repartait à zéro et la difficulté résidait désormais dans sa capacité à distinguer les deux tueurs.

La porte s’ouvrit sur Faith qui revint s’asseoir en face d’elle et sortit les deux salades d’un sac.

Faith : Je t’ai pris celle que t’adore, aux quatre fromages.

Sarah lui adressa un sourire amusé et récupéra sa salade.

Sarah : C’est la pizza aux quatre fromages, pas la salade, mais t’as de la chance, j’aime le fromage.

Faith plissa les yeux sur cette remarque et se reprit.

Faith : Ouais, en fait y’avait plus que ces deux-là…

Sarah saisit la fourchette en plastique et tourna l’écran vers Faith.

Sarah : Regarde ce que j’ai trouvé.

Faith s’exécuta, mais quand elle comprit que l'homme sur l'écran était un ancien serial killer emprisonné depuis trente ans, son expression refléta toute sa perplexité. Sarah expliqua…

Sarah : C’est un imitateur.

Faith la fixa, incertaine face à ses propres analogies et ce qui pouvait en découler. Devant sa mine plus perdue, Sarah sourit et commença à manger.

Sarah : Oui, je sais ce que tu penses, qu’on est dans une merde noire parce que ce gars a très bien fait son boulot…

Elle mâcha, appréciant le goût juteux des tomates de sa salade et reprit son explication en agitant sa fourchette.

Sarah : Le pourcentage de probabilités qu’il soit flic n’est pas négligeable… A cela, tu rajoutes les bibliothèques qui renferment les archives intégrales des différentes presses, sans oublier évidemment Internet qui te donne en quelques secondes une liste détaillée des sites énonçant tous les crimes commis par Etat, bien avant la création du V.I.C.A.P…

L’inspecteur Ryan dégustait son dîner, attentive aux explications de Sarah.

Faith : Un flic, ça collerait…

Sarah : Et je prie pour qu’il ne le soit pas.

Sarah était consciente qu’un homme de leur bureau aurait accès à toutes les informations, ce qui ralentirait l’enquête de façon considérable. Elle continua de manger, pensive comme à son habitude ; cette pause repas n’impliquait pas celle de son esprit.

Faith l’observait, appréciant de se retrouver seule avec Sarah. Certes, elle n’oubliait pas cette enquête ni les autres qu’elle avait en charge, mais pouvoir profiter d’un moment seule avec Sarah Leary était chose rare. Celle-ci termina son repas et jeta son récipient en plastique dans la poubelle. Elle imprima le profil de Dixon Anszczak, prit son sac à main sur ses cuisses et y rangea un premier dossier. Elle récupéra les feuilles et se leva.

Sarah : Je vais terminer de regarder ça chez moi… Il est tard et j’imagine qu’on est encore les dernières...

Faith se leva afin de suivre Sarah hors de son bureau. Elle glissa ses mains dans les poches de son pantalon tailleur et en sortit les clefs de sa voiture. Elle jouait d’instinct avec le trousseau et faisant tourner l’anneau métallique autour de son index. La plate-forme principale laissait apercevoir quelques inspecteurs qui travaillaient, penchés sur leurs dossiers. Elle aimait ce moment de la journée où un calme rare régnait dans le bâtiment. Suivant Sarah dans l’ascenseur, elle se cala contre la paroi et ne la quitta pas de ses prunelles noisette.

Faith : Tu sais que tu nous dis de faire des trucs que toi-même tu n’appliques pas ?

Sarah sourit sur cette question gentiment accusatrice. En théorie, Ce qu’elle demandait aux inspecteurs était simple : une fois hors des bureaux, il ne devait plus y avoir d’enquête, de meurtre, de victime ou de parents de victimes. Pour leur bien-être psychologique, ils devaient mettre un voile entre leur vie privée et le commissariat.

Sarah : C’est la notion du « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ».

Les portes s’ouvrirent et Sarah sortit, suivie de l’inspecteur. Elle n’appliquait pas ses propres conseils pour deux raisons : la première, elle vivait seule, n’avait ni enfant, ni amant et pouvait se permettre de poursuivre ses études une fois chez elle ; la deuxième, même si elle s’obligeait à prendre du recul, son esprit restait en éveil constant, à l’affût de la moindre idée qui lui permettrait d’approfondir les profils des meurtriers.

Sarah s’arrêta devant sa voiture garée à côté de celle de la brune et ouvrit la portière. Elle ramena sa main sur l’arête métallique du toit et reporta son regard sur Faith.

Sarah : On se voit demain… Merci pour la salade et reposes-toi.

Faith la dévisagea, son regard pétillant comme souvent. Sur les idées qui la traversaient, son cœur s'affolait dans sa poitrine. Aurait-elle l’audace de faire ce qu’elle ne s’autorisait pas depuis des mois ? Le silence qui régnait traduisait son hésitation, la pression qui s’abattait sur elle. Pourtant, avant que Sarah ne se recule, elle ramena sa main sur sa joue et vint goûter à ses lèvres.

Sarah manqua une inspiration mais ne fut pas surprise… Faith avait osé faire ce qu’elle redoutait. Bien que professionnelle et plongée dans son travail, elle demeurait lucide et faisait parfaitement la différence entre un regard amical et amoureux.

A ce contact, Sarah aurait dû se reculer, mais la douceur des lèvres de Faith qui prenaient possession des siennes, la rendait plus faible, tentée de se laisser aller à un instant de tendresse. Cela faisait si longtemps qu’on ne l’avait pas embrassée… Les effluves de la brune étaient agréables, enivrants et Sarah percevait tant de douceur émaner de ce simple baiser.

Elle y répondit, sa main sur celle de l’inspecteur mais se recula lorsqu’un soupçon de raison lui cria de ne pas se laisser aller. Ses paupières se levèrent et ses yeux émeraude se plongèrent dans le regard brillant de Faith. Pourquoi avait-elle répondu ? Pourquoi l’inspecteur la détaillait-elle de façon si intense ? Pourquoi avait-elle failli ce soir alors qu’elle faisait mine d’ignorer l’attirance de Faith depuis des mois ? Elle sentit le pouce de cette dernière esquisser une légère caresse sur sa joue, puis ses doigts lui repousser quelques mèches dorées. Elle devait parler, devait mettre un terme à ce malentendu. Mais était-ce vraiment un malentendu ? Sarah se sentait perdue… De façon paradoxale, sa voix se fit plus basse.

Sarah : On doit pas, Faith…

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Créé le 20 juin 2010

Quand on a besoin d’argent, on prend ce qui nous tombe sous la main et ce, quel que soit le job. Si on est novice en la matière, il faut savoir se vendre pour le décrocher.


C'est dans cette optique que Sarah s'arrête sur la petite annonce placardée sur la devanture d'un bar. C’est non sans une certaine détermination, qu'elle en pousse la porte.


« … Je viens pour le poste… »


Serveuse dans un bar, ça ne doit pas être si compliqué ! Mais Sarah ignore une chose : ce bar n'est pas tout à fait comme les autres…

 

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Créé le 19 mai 2010

Tomber amoureuse est une chose, mais tomber amoureuse de sa productrice, de seize ans votre ainée, est un tout autre problème... surtout lorsque l’on se nomme Sarah Leary, jeune actrice montante du cinéma, déjà adulée et à l’avenir très prometteur. Qui l’aurait cru ? Certainement pas Sarah... Pourtant, quand votre livre de chevet met en avant l’idylle de deux jeunes femmes et que vous ne restez pas insensible au charme de votre productrice Faith Ryan, il y a peut-être matière à se poser des questions et certains indices ne trompent jamais... Mais le monde du show business est un univers impitoyable, principalement quand on veut préserver son intimité et ses secrets…

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Créé le 2 février 2010

Résumé : L’océan : Une immensité d’étendue d’eau calme et apaisante en apparence, mais qui peut regorger dans ses abysses duplus incroyable et effrayant des dangers. Un danger auquel Sarah Leary, adjointe au maire de Northfolk, petite ville balnéaire de la côte ouest des Etats-Unis, était loin de s’attendre, jusqu’à la découverte macabre sur une plage d’un requin baleine échoué, victime d’une morsure démesurée. Un requin. Il ne peut s’agir que de cela. Et lorsque la fine et non moins renommée équipe de chasseurs de requins dirigée par Faith Ryan arrive enfin sur place, l’inquiétude de Sarah ne cessera de s’accroître au fil de leur traque. Pourquoi ? Avez-vous déjà entendu parler du Mégalodon ?

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Créé le 24 janvier 2010

STEDITIONS c'est quoi, c'est qui ?

Depuis fin 2008, le site STEDITIONS est la vitrine privée des romans lesbiens de Kyrian Malone et Jamie Leigh. Depuis 2014, les auteurs ont débuté le processus d'adaptation de leurs titres en romans gays (MxM).

STEDITIONS participe à la promotion et à la visibilité d'autres auteurs lesbiens, gays, bi et trans francophones en réunissant dans son répertoire les sorties notables de romances gays ou romances lesbiennes.

 

Pourquoi STEDITIONS ?

Après la création du site de fanfictions Slayers' Time en 2006, Kyrian et Jamie ont décidé de publier leurs textes originaux sur un nouveau site dédié exclusivement à ces derniers, inspirés des acteurs/actrices qui ont nourri(es) leurs muses des années durant. STEDITIONS est une fenêtre sur la culture populaire romancée pour les LGBT.

"ST" étant l'abréviation pour Slayers' Time.

 

STEDITIONS en quelques chiffres

  • 3428 : Nombre d'abonnés à nos newsletters.
  • 532 : Nombre de commentaires laissés sur le site.
  • 7081 : Nombre de fois où le titre "Mon amie, mon amante, mon amour", a été consulté.
  • 651 : Nombre de membres devenus Premiums depuis 2014. 
  • 798 : Nombre de commentaire laisser sur nos titres publiés sur Amazon

 

Le staff du site STEDITIONS 

Béatrice Guillart : Chargée de communication, Béatrice répond à vos mails, aux demandes de support du forum et s'occupe des mises à jour du site.

Kyrian Malone : Quand elle n'écrit pas, Kyrian est en charge de la maintenance du site, de la gestion des publications, des Webzines et de la création des couvertures et autres designs promotionnels. Elle travaille depuis peu avec notre partenaire romance-editions.com" rel="alternate">Homoromance Editions sur les illustrations des couvertures et la promotion des nouveaux ouvrages LGBT.

 

Les intervenants de STEDITIONS 

Jamie Leigh : Co-auteure de Steditions, Jamie adapte et révise les titres FxF et MxM. 

David Cooper : Auteur québécois, il a participé courant 2014 à l'adaptation MxM de plusieurs titres phares du site.

 

 

LES GENRES

Ci-dessous, la liste de nos romans lesbiens classés par genre

ou

romans-ebooks-lesbiens.html" rel="alternate">Consulter les Ebooks lesbiens | romans-lesbiens/blog.html" rel="alternate">Consultez les livres lesbiens

Comme les thèmes, ils sont variés et plusieurs Romans abordent plusieurs de ces genres - Les titres que nous donnons en exemple sont les plus récents afin de vous aiguiller vers un choix de lecture. Il vous suffit de suivre le lien pour consulter la fiche du roman.

  • L'Historique : Certains faits divers classés historiques nous ont inspirés des intrigues. Ce genre implique une mise en situation réaliste des personnages face aux événements qui les dépassent.
  1. Survivors (réadaptation en cours d'écriture) - inspiré du crash de la Cordillère des Andes du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya.
  2. romans-lesbiens/valkyries-tome-1.html">Valkyrie 1 + 2 et romans-lesbiens/immortelle-tome-1.html">Immortelle 1 à 5 - inspiré de la légendaire Lagertha, guerrière au bouclier conté par Saxo Grammaticus.
  • La Romance : Tous les titres de STEDITIONS sont des romances et impliquent le rapprochement de deux jeunes femmes. Certains titres sont davantage centrés sur l'intrigue amoureuse et voici les plus demandés :
  1. Escort Girl
  2. Mon amie, mon amante, mon amour
  3. Déteste-moi tant que je t'aime
  • La Science Fiction : Un genre "structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur et/ou les univers inconnus (planètes éloignées, mondes parallèles, etc.)".
  1. romans-lesbiens/the-underworld-chronicles.html">The Underworld Chronicles 1 à 4 (courant 2019) - roman post-apocalyptique, inspiré du couple #Clexa dès le tome 1
  • Le Drame : Drame événementiel et/ou familiale. Ce genre est purement abordé dans des récits mettant en scène des personnages dans la vie réelle.
  • La Comédie : Entre voir un film et lire une comédie, les différences sont nombreuses. Pour les auteurs, toute la difficulté réside dans le comique de situation/de scène qui doit concorder au comique des dialogues.
  • Les Policiers/Thrillers : Le bon ou mauvais flic, le méchant ou bon truant. Mais qui est quoi, qui chasse qui et pourquoi ? Ce genre est un des plus simples quand on s'immerge depuis plusieurs années dans des recherches psycho-criminologiques. Si ce genre vous intéresse, nous vous conseillons :
  1. Love Is Weakness
  2. Serial Killer (Saga en 8 volumes)
  3. Sexe, Passion, Love and Lust
  • Le Fantastique / surnaturel  : Toujours sur la définition du wiki ce genre "raconte l’intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste".
  1. roman-lesbien-et-fantastique-de-kyrian-jamie.html">Have Faith - Un roman traitant de la vie après la mort, de la réincarnation.
  2. romans-lesbiens/paranormal-la-verite-sur-la-vie-apres-la-mort.html">Paranormal - Croyez-vous aux dons des médiums ?
  3. romans-ebooks-lesbiens/cold-case-reeditions-2018.html">Cold Case - Quand une âme aimante reste près de son épouse
  • L'Urban Fantasty (ou Fantasy Urbaine) : Sous genre du fantastique, l'élément le plus important de la fantasy urbaine est qu'elle prend place dans un centre urbain, un univers familier créé par l'homme, qui se trouve en contraste avec celui généralement associé aux créatures surnaturelles.
  • La bit-lit : littéralement, « littérature mordante » - est un sous-genre littéraire de la fantasy urbaine apparu dans les années 2000. C'est un anglicisme composé de bit pour to bite (« mordre » en français), et lit pour littérature.
  • L'Horreur : Abordé dans "Undead", un titre inspiré de la série "The Walking Dead" et de "Fléau" de Stephen King.
  • Les Contes : Ce thème a été développé dans la série "Il était une fois, la Reine et la Voleuse" et compte parmi les Best Seller du site. Inspiré du couple SwanQueen de la série "Once Upon a Time", cette histoire est le premier Conte de Fées mettant en scène deux femmes. (Ce titre reste destiné à un public adulte)
  • Influences de films et séries : Les auteurs issues des fanfictions femslash, les titres sont nombreux à être marqués de certaines influences cinématographiques ou simplement de films et séries à succès. Ils sont cependant entièrement originaux et mettent en scène des romances au féminin. A noter que seules les intrigues globales sont reprises comme lignes directrices des histoires. Le contenu quant à lui change du tout au tout avec des personnages entièrement inventés. Comme cités plus haut, vous trouverez :
  1. "Undead", inspiré de la série "The Walking Dead"
  2. "Il était une fois, la Reine et la Voleuse", inspiré de la série "Once Upon a Time"
  3. "Survivors", inspiré du film "Les survivants"
  4. "Ante-christ", inspiré de la série "Supernatural"
  5. "Undercover", inspiré de la série "Esprits Criminels"
  6. "Remember Me", inspiré de la série "Cold Case"
  7. "Girl Wanted", inspiré du film "Coyote Girl"
  8.  "romans-ebooks-lesbiens/immortelle-tome-1.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Immortelle", inspiré de la série "Viking"

 

LES THEMES

Freud aurait pu être un parfait réalisateur pour Hollywood. Pourquoi ? Parce qu'il avait compris que chaque individu était en quête de l'accomplissement absolu de quatre principes : Le Pouvoir, le Contrôle, le Désir et la Liberté. Les thèmes de nos histoires sont ainsi indénombrables et étroitement liés les uns aux autres. (Notion de cause à effet oblige). Un large panel de thèmes est abordé à travers nos récits. Nous les avons classés en deux Catégories Principales. Certains sont regroupés puisque souvent associés et tous ne sont pas cités.

I. Les thèmes Primaires : Ceux qui nous touchent quelque soit notre âge et notre éducation...
  • L'amour : L'amour est le thème maître de chaque publication. Toutes les histoires mettent en jeu une histoire d'amour entre deux personnages (voire plusieurs...)
  • La haine : Difficile de déterminer ce qu'est la haine outre le fait qu'elle est opposée à l'amour. Comme sont antithèse, la haine se ressent à différent degré et ne peut-être quantifiée.
  • La famille : Selon notre âge, notre éducation, et selon tout un tas de facteurs, nous accordons plus ou moins d'importance à la famille.
  • L'argent : Ah, l'argent... C'est le moteur de la vie à moins que ça ne soit l'amour ? Plus sérieusement, ce thème se retrouvera dans la plupart des intrigues type policière.
  • Le travail : (Tout le monde ne vit pas d'amour et d'eau fraîche avec des millions de $$$ sur un compte en Suisse). Ce thème en implique d'autres telles que l'évolution sociale, la discrimination, les relations employeurs/employés et j'en passe.
  • La réussite : Qu'elle soit professionnelle, familiale, sentimentale, ce thème touche tout le monde et bien sûr chacun de nos personnages.
  • La jalousie : "Tu ne convoiteras point" et pourtant qui n'a jamais convoité ce qui appartenait à un/une autre ?
II. Les Thèmes Secondaires : Ces thèmes sont plus précis que ceux "Primaires" et impliquent un intérêt différent pour vous en tant que lecteur
  • Le voyage : Quelques soient les histoires, ce thème est relativement récurrent (mais n'implique pas de guide touristique)
  • L'adolescence - Le lycée : Vous connaissez les "Teens Movie" ? Ces films mettant en scène des jeunes étudiants à la fac ou au lycée ? Quelques histoires abordent ce thème. Peut-être qu'il existe un nom maintenant pour dénommer ce style de roman : Les "Teens Book". Ca sonne bien je trouve !
  • La Discrimination : Sociale, familiale, professionnelle. Ce thème est incontournable sur un site de romances lesbiennes. En clair, "être lesbienne" ça implique quoi dans la vie ? Nos récits amènent des réponses diverses selon les psychologies des personnages mis en scène.
  • La Justice : (Ou la loi) Qui a dit que les règles existaient pour être contournées ? C'est pas faux. Sans règle à contourner, certains récits seraient moins attrayants !
  • La parentalité : (Sous-entendu homo-parentalitée) Ce thème est aussi incontournable que celui de la discrimination.
  • La souffrance : Physique ou morale ? La souffrance naît d'une agression, quelle qu'elle soit, envers un individu. Nous avons tous notre sensibilité, notre façon de réagir à l'agression et à l'agresseur.

 

 

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Pour mieux connaître les auteurs et leur travail, voici des interviews parues dans les médias LGBT, Yagg et Fugues entre 2010 et 2015. 

INTERVIEW DU 22 MARS 2011 sur le site YAGG

Si vous aimez la fanfiction, vous connaissez probablement le site Slayers’ Time. Depuis sa création en 2006, ses fondatrices, Kyrian Malone et Jamie Leigh ont lancé STEditions, vitrine de leurs romans lesbiens, et la plateforme d’actualités, de discussions et d’échanges pour les femmes lesbiennes/bi francophones Lez Echanges (site supprimé). Originaires respectivement de Guyane française et du sud de la France, les deux jeunes femmes (29 ans) viennent de quitter l’Irlande où elles vivaient depuis fin 2007 pour le Canada. Entre trois cartons de déménagement et deux démarches administratives, elles ont pris le temps de répondre – par la voix de Kyrian – aux questions de Yagg.

Entre Lez Echanges, Slayers’ Time et STÉditions, vous ne seriez pas un peu hyperactives? Dieu merci, nous ne gérons pas tous les sites. Une dizaine de personnes bénévoles assure l’administration de Lez Echanges et Slayers’ Time; nous fournissons simplement un serveur et assurons l’entretien technique. Le seul site que nous devons mettre à jour de temps en temps est celui de nos romans, STEditions.

Vous êtes avant tout auteures de fanfiction, et en particulier de femslash. Mais c’est quoi, le femslash? C’est un sous-genre des fanfictions, ces récits inspirés de séries télé, de films, de livres, de mangas. Dans le femslash, les auteurs mettent en scène deux personnages féminins et développent des intrigues centrées sur des relations saphiques. Pour les relations entre hommes, on parle de slash.

Pourquoi la fanfiction a-t-elle été inventée? Imaginez-vous à la fin du dernier épisode de Desperate Housewives ou à la dernière page du dernier James Ellroy… Quand il n’y pas de suite, naît la frustration du lecteur/téléspectateur… à moins d’avoir été déçu-e par une œuvre. C’est cette frustration qui est le principal moteur chez les auteur-e-s de fanfictions. Une frustration à laquelle se mêlent des fantasmes de voir se réaliser un scénario imaginé ou attendu. Le fantasme est à la base de tout et se conjugue avec l’impatience. Un auteur de fanfiction pourra non seulement écrire ou réécrire l’épisode d’une série mais il pourra réinventer toute une intrigue destinée à satisfaire son imagination et donc ses fantasmes: empêcher la mort d’un personnage, le tuer, le réconforter etc…

Dans 80% des histoires femslash et slash, l’idée est de mettre en exergue une relation sentimentale avec un autre personnage.

Sans pouvoir tous les citer, parmi les couples de femslash on retrouve Xena/Gabrielle, Buffy/Faith (Buffy contre les vampires), Alex/Oliva (New York Unité Spéciale SVU), Emily Prentiss/JJ. Jennifer Jareau (Esprits criminels), Hermione/Minerva (Harry Potter) etc.. Pour les couples slashs Lex Luthor/Clark Kent (Smallville), Hotchner/Reid (Esprits criminels), Harry Potter/Ron Weasley…

Beaucoup d’auteur-e-s commencent par l’écriture de fanfictions avant de s’exercer à la rédaction d’histoires originales. Cela permet d’apprendre à écrire, de peaufiner son style, de recevoir des critiques constructives ou des conseils des lecteurs. Avant de se lancer dans une fanfiction, il est préférable d’avoir une bonne maîtrise des personnages originaux: connaître leur personnalité, respecter leurs traits de caractère, leur psychologie à un stade précis du scénario. Les lecteurs sont parfois intransigeants dans leurs critiques.

Dans vos récits originaux, on retrouve un peu toujours les mêmes noms de personnages. Pourquoi? C’est une marque de fabrique et surtout un repère pour nous et nos lecteurs. Comme pour la fanfiction, à chaque nom, Sarah Leary, Faith Ryan, Danielle Reevers ou Kristen Adams, équivaut des traits de caractère, un physique, un tempérament. Les lecteurs identifient ces personnages d’une histoire à une autre comme ils pourraient suivre la filmographie de leurs actrices favorites au cinéma. Ils visualisent le physique qu’ils ont imaginé dans un roman précédent.

Qui est votre public? Celui qui vous lit est-il celui pour lequel vous écrivez? Il est agréable de constater que notre public ne se restreint pas aux lesbiennes, aux hétéros ou aux femmes âgées de 20 à 30 ans. Nous écrivons des récits où les relations saphiques ont une place prédominante, mais nos récits abordent des thèmes et des genres variés qui s’adressent à tout le monde. Nos héroïnes sont flic, geek, prostituée, chef d’entreprise, voleuse professionnelle ou tueuse en série. Surtout, elles sont lesbiennes, parfois bi, nous les aimons femmes et leur sexualité est amenée de la plus naturelle des façons sans artifices ou interrogations existentielles.

Pourquoi le top 10 du box office ne présente-t-il pas des héroïnes sexy qui embrassent de jolies femmes? Pourquoi est-il si complexe de trouver des romans lesbiens qui ne soient ni des récits dramatique, ni des autobiographies relatant les joies sordides du coming-out? C’est ce manque de représentation lesbienne, telle que nous la concevons au cinéma, à la télé ou dans les livres, que nous comblons dans nos romans. Nous écrivons ce que nous cherchons dans notre culture populaire et supposons que notre public apprécie cette façon de la réactualiser.

Buffy dans un lit avec Faith, Bella qui toise Edward et sort avec sa sœur Alice ou Gabrielle qui tombe enceinte de Xena parce qu’une déesse de la fertilité l’aura décidé… C’est ce que nous voulons voir ou lire. Nous le produisons afin de partager notre vision des choses avec nos lecteurs.

Maintenant, savoir si ceux qui nous lisent sont ceux pour qui nous écrivons, la réponse est « non » et la raison en est simple: nous écrivons pour nous. C’est une approche égoïste, mais comment prendre du plaisir à écrire et être performant dans notre écriture si nous écrivons pour les autres? Tout le monde est libre de nous lire et nous prenons la liberté d’écrire ce que nous voulons… Kurt Vonnegut a dit « You don’t write for the whole world, and you don’t write for ten people, or two. You write for just one person » (« On n’écrit pas pour le monde entier, ni pour 10 personnes, ou 2. On écrit pour une seule personne. »).

Vous avez lancé un concours d’écriture contre l’homophobie. Il est trop tard pour s’inscrire mais les internautes peuvent voter pour les textes proposés. Pourquoi un tel concours? Pour plusieurs raisons: encourager l’écriture, faire connaître le femslash peu représenté dans les pays francophones et enfin apprécier la créativité des auteurs sur le thème de la discrimination lesbophobe. Chaque auteur présentera un point de vue différent selon des horizons et des inspirations différentes. Là est tout l’intérêt de ce concours: comparer cette perception de l’homophobie sur un fond de fiction et permettre aux auteurs de dénoncer, inciter les lecteurs à prendre conscience que l’homophobie reste omniprésente.

Quels sont les deux récits (romans originaux ou femslash) que vous avez préféré écrire? Les deux pour lesquels vous avez le plus souffert? D’un point de vue affectif et émotionnel, j’ai aimé écrire la saga Serial Killer qui mélange thriller psychologique et romance sapho-érotique. Nous avons refusé de nous censurer et nous sommes inspirées d’histoires vraies afin de représenter au mieux la réalité sur les tueurs/tueuses en série. La réalité dépasse la fiction (de très loin) et c’est cette réalité que nous voulions décrire. Le plus difficile est de découvrir, de retranscrire comment un individu décide un jour de tuer, violer, torturer ou même manger une ou plusieurs personnes avec ou sans états d’âmes. Pour décrire les faits et expliquer ce phénomène, il nous a fallu comprendre, étudier plusieurs cas de tueurs en série afin d’inventer des personnages cohérents, ressemblants, pour notre fiction. Inventer de tels individus en revient à réfléchir à leur enfance, leur genèse, à tous les antécédents qui ont mené à leur passage à l’acte, la naissance de leurs fantasmes, l’élaboration de leurs crimes, de leur mode opératoire. Ces démarches n’étaient pas seulement complexes mais éprouvantes parce que nous devions penser comme eux, réfléchir comme eux et parvenir à avoir cette fameuse empathie dont parle Micki Pistorius, une profileuse qui a exercé en Afrique du Sud entre 1994 et 2000.

Dans un genre différent puisque fantastique ou « bit-lit », la saga De Guerre, d’Amour et de Sang réactualise entièrement le mythe du vampire. Il se s’inspire pas de classiques tels que Underworld, Entretien avec un vampire ou Twilight. Nous avons attribué des explications scientifiques à l’existence des vampires et avons construit leur genèse depuis l’an 936 jusqu’à nos jours afin d’ancrer nos personnages dans la réalité. De Guerre, d’Amour et de Sang évoque des moments clefs de l’Histoire d’Angleterre, de France, d’Irlande, d’Allemagne, de la naissance de l’Inquisition à la montée du nazisme. Cette saga est aussi une invitation au voyage, de New York à l’Alaska en passant par la Nouvelle-Zélande et l’Europe.

Et les deux que vous conseilleriez à celles et ceux qui vous découvrent? Conseiller l’un de nos récits est assez délicat puisque notre répertoire est éclectique et le choix dépendra des goûts de chacun. À ceux qui souhaitent lire un policier, je conseilleraiRemember Me qui a eu beaucoup de succès. À ceux qui préfèrent les romances légères, je suggère You and Me Against The World et dans le genre fantastique, Have Faith qui traite de la vie après la mort, de la réincarnation, le tout, sur un fond de romance entre femmes. L’idéal est de venir lire les résumés et extraits disponibles sur notre site.

Source 


INTERVIEW FLASH DU 25 MARS 2010 pour le magazine FUGUES

Quelle lesbienne n’a jamais rêvé que Julia Roberts dans Pretty Woman tombe amoureuse d’une femme et que Richard Gere soit relayé au plan secondaire de l’intrigue? Que Buffy Summers, au lieu d’aller chasser les vampires un soir, ait une relation torride avec sa meilleure amie lesbienne Willow? Que le lesbianisme intègre la culture populaire, sans n’être qu’un «accommodement raisonnable», ou fantasme chimérique hétérosexuel?

Dans l’univers très clos des maisons d’éditions, le sujet lesbien est souvent relayé au plan d’une littérature secondaire; vu d’un côté comme une littérature «de l’ombre, ultra spécialisée» pour un public ciblé (poésie, écrits théoriques, féministes), ou aux antipodes, vous l’aurez bien sûr deviné, une «littérature» qui n’en est pas une, avec les Playboys et compagnie. Dans les années 70, issu de la fanfiction, du slash et yaoi, apparaît le femslash, genre de subversion littéraire en réponse à la culture dominante, où les lesbiennes viennent titiller, voire provoquer l’ordre établi en se faisant leurs propres scénarios. Si cette sous-culture lesbienne et littéraire est aujourd’hui peu commune, de jeunes auteures n’hésitent pas à revisiter le genre. C’est d’ailleurs le cas de Kyrian Malone et Jamie Leigh, deux auteures françaises de vingt-huit ans, basées en Irlande, qui coécrivent déjà depuis quelques années : « L’écriture à deux mains est venue comme un jeu où nous nous donnions la réplique. Kyrian m’a fait découvrir les fanfictions sur Internet il y a quelques années et nous nous sommes mises à écrire ensemble», précise Jamie d’entrée de jeu. Si la crédibilité des fanfictions a parfois souffert de la comparaison avec les romans Harlequin, ou de l’étiquette «littérature prépu-bère», Kyrian et Jamie ne ciblent pas de public particulier, puisque mixte, il varie généralement entre 16 et 50 ans, selon les genres et thèmes abordés. 

Quels sont les principaux thèmes abordés dans vos romans, le style préconisé? 

K : Nous avons commencé par écrire des fanfictions. Le principe est simple : une scène d’une série ou d’un film nous frustre? Nous la réécrivons à notre goût. 

J : Après quelques années nous avons créé nos personnages et nos intrigues. Les genres sont divers : thriller, comédie, drame, fantastique, aventure, le tout sur un fond de romance lesbienne où la psychologie des personnages est mise de l’avant. 

K : Notre style n’est pas des plus conventionnels. D’après nos lecteurs, il est théâtral, visuel, et nous aimons écrire des scènes érotiques, ne pas nous censurer, sans rentrer pour autant dans le vulgaire. 

Quelles sont vos influences ? 

J : Notre inspiration peut venir de n’importe quoi: d’un film, d’une série, d’un événement de la vie, d’une actualité, d’un livre, d’un documentaire, etc. Nous revisitons la culture populaire en y intégrant un couple de femmes. Nous abordons l’homosexualité féminine de manière naturelle, au même titre qu’un couple hétéro peut être mis en scène. 

K : Nos derniers romans (notamment la trilogie des «Serial Killer») sont marqués par l’influence d’auteurs tels que Stéphane Bourgoin ou Helen Morrison. Des séries telles que Cold Case, Medium, Criminal Minds sont aussi de grandes sources d’inspiration. Julie VAILLANCOURT 

Pour achats et informations, visitez leur site www.steditions.com > Pour la version étendue de ce texte, visitez Fugues.com 

Source


 

INTERVIEW DU 24 JANVIER 2015 de Jamie Leigh pour le magazine FUGUES

Il y a près de 9 ans, le couple que forment les auteures Kyrian Malone & Jamie Leigh unissait leurs mains au plaisir de l’écriture. Débutait ainsi une aventure de l’écriture à quatre mains, où les deux femmes se sont exercées à la fanfiction; sur le site slayerstime.net, elles proposaient des récits basés sur des œuvres existantes notamment les séries télévisées et les films. D’un cercle d’admirateurs croissant, les lecteurs demandent des « histoires originales » aux auteures. Elles autopublieront plus d’une cinquantaine de romans lesbiens en tout genre, via leur plateforme web STEDITIONS. Mais voilà que les deux jeunes femmes ne se limitent plus au monde lesbien, elles plongent cette fois dans la romance gaie et l’aventure de l’écriture à six mains. Jamie nous raconte le début de cette nouvelle aventure littéraire.

Vos romans lesbiens se vendent bien et avez une base d’admirateurs à travers la francophonie. Comment en êtes-vous venues à cette idée de « transposer » vos histoires pour un lectorat gai, ou du moins, à raconter des histoires gaies?

L'idée de transposer nos textes nous est venue cet été, lors de la Fierté Littéraire où j'ai participé à une table ronde sur le sujet « Le sexe me fait lire ». Durant la discussion, nous étions plusieurs auteurs invités et avons débattu sur la capacité à écrire des histoires lesbiennes, gaies ou hétéros, à interpréter des personnages sans tenir compte de notre propre orientation sexuelle. Pour Kyrian et moi, cela prenait des allures de défi. Serions-nous capables de revoir nos personnages féminins lesbiens pour en faire des personnages masculins gais ? Nous nous sommes alors tournées vers nos connaissances, notamment un ami gai qui nous aide et qui réadapte nos livres en version gaie. Bien sûr, toutes nos histoires ne seront pas réécrites puisque nos romans lesbiens ne sont pas tous « transposables ». Ce concept inédit a très bien été accueilli par nos lecteurs et de nombreux projets sont à venir afin de proposer des titres mettant en avant la diversité dans la littérature LGBT. 

Il y a 3 mois, vous avez commencé à adapter vos histoires et avez déjà publié 6 romans, signés David Cooper. Faites-vous dans l'écriture à 6 mains?

David Cooper est le pseudonyme de notre ami que nous désignons comme consultant puisqu'il est mieux placé que nous pour adapter nos histoires en version gaie. Nous partageons le même désir de rendre la littérature LGBT plus visible. On pourrait à certains égards, considérer cela comme une écriture à 6 mains puisque David doit parfois réécrire des scènes entières ou en ajouter de nouvelles afin d'approfondir certains personnages et asseoir leur cohérence dans les intrigues. 

Pour vous, en tant que couple lesbien, quelles sont les principales difficultés d'écrire des histoires MxM (Masculin x Masculin)?

En tant que couple lesbien, écrire des histoires gaies ne vient pas forcément naturellement. Pour cette raison, et parce que nous voulons garder le plus de cohérence possible, nous collaborons avec David. Les personnages masculins ne sont pas radicalement différents de nos personnages féminins qui ont très souvent une bonne partie de masculinité en eux. Mais l'approche, la relation charnelle, certaines réactions changent forcément. Là réside l'importance de la réécriture, de l'adaptation, de l'intervention d'une personne extérieure. Le fond de l'histoire en lui-même, les thèmes abordés, les obstacles rencontrés seront les mêmes parce que les difficultés de la vie en général touchent autant les hommes que les femmes. Tous les individus sont égaux face à la mort ou l'amour, seuls les fondements de notre éducation, de nos personnalités respectives entraînent des réactions plus ou moins similaires chez les uns ou les autres.

Étant deux femmes lesbiennes qui écrivent des histoires gaies mettant en scène des hommes, avez-vous peur d’être jugées, ou considérées comme des imposteurs?

Nous avons appris que l'écriture d'histoires gaies n'appartenait pas forcément à la gent masculine. En effet, beaucoup de femmes se sont lancées dans la rédaction de romans gais et suscitent autant l'intérêt des lecteurs. De la même façon que les gais lisent des livres hétéros, nombre d'hétéros lisent des romans LGBT. L'important n'est pas tant le sexe de l'auteur, mais l'histoire qu'il raconte, l'acceptation des couples d'hommes comme n'importe quel couple. Pour cette raison, nos histoires, et celles qui ont été adaptées, plongent le couple principal dans une intrigue que l'on pourrait voir au cinéma ou à la télévision.

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La collection de romans des auteurs Kyrian Malone et Jamie Leigh est disponible sur leur site: romans-et-nouvelles-gays.html">http://steditions.com/ebooks-gays/romans-et-nouvelles-gays.html

Six titres MxM sont disponibles sur STEDITIONS, en version ebook numérique et imprimée. Les livres sont aussi accessibles sur Amazon, kobobook et lulu.com. Plusieurs titres en cours d'adaptation, dont la saga bit-lit en 9 tomes, « Lune de sang » avec des couples MxM, FxF et MxF. Un extrait gratuit est accessible sur le site ainsi qu'un lien de précommande :http://steditions.com/livres-gays/lune-de-sang-david-cooper.html

Depuis mai 2014, STEDITIONS ouvre ses portes à tous les auteurs LGBT souhaitant gagner en visibilité. Si vous souhaitez faire connaître et afficher votre travail sur le site, les détails sont disponibles romans/soumettre-votre-manuscrit.html%20">ici.

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Kyrian Malone - Jamie Leigh

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