Logosted2
×
 x 

Panier Vide
Shopping cart
Panier Vide
Articles
Categories
Ebooks à télécharger

Changer de sexe. Illusion et réalité | Colette Chiland"De tout temps, il y a eu des hommes et des femmes refusant de vivre dans le corps dans lequel ils étaient nés. On est entré dans une ère nouvelle quand les progrès de la chirurgie et de l'hormonologie ont rendu possible une certaine transformation du corps. Toutefois, on ne change pas un homme biologique en femme biologique ou une femme biologique en homme biologique : on change l'apparence et l'état civil. Un homme biologique peut se construire en tant que femme sociale et une femme biologique peut se construire en tant qu'homme social, et vivre alors de manière heureuse. Pour les aider dans ce chemin long et douloureux, nous plaidons pour l'amélioration des soins par une augmentation des ressources allouées aux équipes pluridisciplinaires qui assurent cette transition" C. C.

Amazon

 Broché: 352 pages

Extrait

La rencontre avec Antoine, un garçon âgé de 4 ans, dont on eût pu croire qu'il avait lu Robert Stoller et le récitait, m'amena à m'intéresser au traitement d'enfants refusant leur sexe d'assignation.
La deuxième rencontre fut celle du professeur Jacques Breton qui, m'entendant parler du traitement d'Antoine, me dit : «Puisque vous vous intéressez au transsexualisme, venez donc travailler à ma consultation de l'hôpital Fernand-Widal.» Je découvris que je m'intéressais au transsexualisme... Jusque-là je m'étais intéressée à Antoine et j'avais lu les travaux de Stoller.
J'ai écouté en psychanalyste les patients souffrant de troubles de l'identité sexuée que j'ai vus à l'hôpital Fernand-Widal, à l'hôpital Saint-Louis dans le service du professeur Pierre Banzet, et dans mon service au Centre Alfred-Binet. C'est peut-être parce que j'étais attentive aux nuances de l'expression que les discours des patients me sont apparus plus variés, plus riches que la plupart de ceux qu'on trouve dans la littérature. Si j'avais été plus jeune, je n'aurais pas eu la même tranquillité intérieure devant leurs attaques de l'homme ou de la femme en eux, devant leurs pensées suicidaires et leurs menaces de passage à l'acte. Ils m'ont profondément touchée et mobilisée à chercher comment les aider.
Après des années d'expérience clinique, de lectures et de réflexions, j'en suis venue à donner aux questions qui se posent à propos du transsexualisme des réponses autres que celles communément admises, à m'interroger sur des caractéristiques fondamentales de notre culture que ce phénomène relativement rare met en évidence. À l'aise avec son sexe, on peut ne pas se sentir concerné par ces personnes qui peuvent inquiéter par leur refus de leur sexe d'origine, et pourtant elles nous font voir notre appartenance sexuée sous un autre jour.
Nous sommes obligés de préciser notre vocabulaire, de nous demander quels liens a notre sexe biologique avec la mention portée sur notre acte de naissance, avec notre sentiment d'appartenance à l'un ou l'autre sexe, avec notre sexualité. Alors que tout pouvait paraître simple : «Je suis un garçon, un homme» ou «Je suis une fille, une femme», tout se complique. L'appartenance sexuée de chacun devient multiple. Que voulons-nous dire quand nous parlons de bisexualité ?
«On ne naît pas femme, on le devient.» Cette affirmation de Simone de Beauvoir a marqué le mouvement féministe de la seconde moitié du XXe siècle. Aujourd'hui, il faut aller plus loin et dire : «On ne naît ni homme ni femme, on le devient.» On naît mâle ou femelle ou intersexe, cette troisième catégorie étant à la fois dérangeante et éclairante pour comprendre les particularités de ceux qui refusent totalement leur sexe de naissance et qu'on appelle «transsexuels». La trajectoire non linéaire qui aboutit au transsexualisme mérite d'être étudiée depuis l'enfance, suivie lors du tournant de l'adolescence, jusqu'aux «vocations tardives» de l'âge mûr.
 

Biographie de l'auteur

Professeur des universités, Colette Chiland a enseigné la psychologie et la psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, puis la psychologie clinique à l'université Paris-Descartes. Psychiatre, elle a travaillé au Centre Alfred-Binet (Paris) et est présidente d'honneur de l'Association internationale de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et des professions associées. Psychanalyste, elle a été membre formateur de la Société psychanalytique de Paris. Elle a publié, entre autres, "Sois sage, ô ma douleur".

 

 

Commentaires (0)

.