Lesbiennes: en finir avec les clichés

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L'homosexualité féminine est l'objet de nombreuses idées reçues, allant de ses causes supposées à l'apparence physique des lesbiennes. Auteur d'un livre sur le sujet, Stéphanie Arc tente de démêler le vrai du faux.
Qu’une femme se sente attirée par les corps féminins, qu’elle vive des amours saphiques, et la voici désignée comme « lesbienne », terme assorti d’une liste de caractéristiques à la fois masculines et misandres. Autant de traits qui la singularisent et la distinguent de l’ensemble de la population, entendre de la population hétérosexuelle. Sa sexualité devient alors ce qui la définit : le socle de son identité. Une identité taillée dans le bois des idées reçues, qui portent tant sur son apparence physique que sur les causes de son lesbianisme. Selon l’opinion commune, les femmes qui ont des rapports homosexuels s’avèrent donc fondamentalement différentes des autres femmes. Mais cette affirmation est-elle conforme à la réalité ?

Des femmes aux profils très divers

En France, bien qu’on compte assez peu d’études sur l’homosexualité féminine – un sujet jusqu’alors déconsidéré par la recherche académique et essentiellement documenté par les associations LGBT –, elles s’accordent toutes sur une chose : la pluralité des vécus et des profils des femmes qui aiment les femmes. Pas plus que « la femme » existe, « la lesbienne » n’existe pas. Qu’en est-il, par exemple, de la « virilité » qui leur est attribuée ? Dans l’étude « Visibilité des lesbiennes et lesbophobie » (SOS homophobie, 2015), la majorité des enquêtées1 se décrivent comme « féminines » (53 %), voire « très féminines » (8 %). Parallèlement, une lesbienne sur quatre se définit comme « androgyne », une sur dix comme « masculine » et 1 % comme « très masculine » ; un tiers d’entre elles portent les cheveux longs, un tiers les cheveux mi-longs et un tiers courts.


Quant à leur jeunesse, si certaines rapportent qu’elles étaient des « garçons manqués », nombreuses sont celles dont l’enfance a coïncidé avec les normes de genre (Chetcuti, 2010). Une même variété caractérise leurs parcours amoureux (âge de la première relation homosexuelle, relations hétérosexuelles ou non, etc.) ou la manière dont elles se définissent (lesbienne, bi, hétéro, hors catégorie). Les femmes lesbiennes n’ont donc a priori qu’un seul point commun : éprouver du désir pour le même sexe.
Qu’en est-il des causes de leur homosexualité ? La question mobilise tant la biologie que la psychanalyse, la psychologie que la médecine. Inné, le lesbianisme serait lié à des variations hormonales (McFadden, 1998 ; Breedlove et al., 20002 ; Savic et Lindström, 20083 ; Balthazart, 2009) auxquelles sont associés des facteurs épigénétiques (Rice et Friberg, 2012)4.


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il y a 7 ans 3 mois #859
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