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Quatre filles et un mariage, dernier tome de la trilogie de Julie Lezzie, éd. chapitre.com 170 pages il y a 5 ans 11 mois #1564

  • Julie Lezzie
  • Portrait de Julie Lezzie Auteur du sujet
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Allez, je joue le jeu du partage. Voici un extrait du dernier opus de la saga des Quatre filles et de leur bande d'amies.
Merci à l'équipe de steditions de faire connaitre la littérature lesbienne d'ailleurs. ;)



Résumé : Chez les filles, l’un des couples se décide à ouvrir le bal. Et ce n’est pas forcément celui auquel on pense. Mais si l’évènement est marquant, ce ne sera pas le seul. Une rupture suivie d’une révélation de taille viendront ébranler la vie de la bande, qui s’attendait à tout sauf à ce que l’une des leurs entame une transition… Quatre filles et un mariage fait suite à Quatre filles et un toit et Quatre filles et un mouflet. Julie Lezzie signe la le dernier opus de la trilogie.


"Samedi soir, toute la bande avait été conviée à se réunir autour d’une fondue savoyarde. On n’était pas encore en hiver, mais avec le froid qui régnait on aurait pu s’y croire. En plus d’être conviviale, la fondue avait l’avantage de ne pas nécessiter beaucoup de préparation et d’être très appréciée par tout le monde.
Les futures mariées étaient encore en haut, dans leurs appartements, tandis que les premières invitées arrivèrent.
– Waouh, on a droit à des ballons ! s’exclama Léa en voyant les dizaines de ballons accrochés dans le salon et la cuisine.
– Non, les ballons, c’était pour l’anniversaire de Clémentine ! rectifia Maëlle.
– J’ai trois ans ! déclara celle-ci fièrement en exhibant quatre doigts maladroits.
– Et t’as eu droit à un gâteau ? demanda Gaïa en se baissant à hauteur de la petite pour lui tendre un paquet cadeau.
– Oui ! Un freezer ! s’écria la petite en saisis-sant son présent.
– Vous lui avez offert un congélo ? s’étonna Fab. Vous commencez déjà à constituer sa dot pour son futur ménage, ou quoi ?
– Mais non ! Son gâteau, c’était un fraisier ! Il en reste un peu pour ce soir.
– Qu’est ce que tu dis à tata Gaïa ?
– Un fraisier ! s’écria la petiote en trottinant jusqu’au salon.
– C’est vous qui l’avez fait ? demanda Gaïa.
– Evidemment ! D’ailleurs, Alex s’est surpassée sur ce coup-là !
– Oui, enfin moi, j’ai juste fait le gâteau, rectifia celle-ci. C’est Maëlle qui l’a décoré ; elle a fait des coccinelles en pâte d’amande mignonnes à croquer ! Je ne sais pas si Clémentine en aura laissé – on verra ça au dessert !
La mouflette, sur son trente-et-un dans une petite robe rouge, était occupée à arracher le papier cadeau autour de la boîte. Elle exhiba un jeu de loto avec les animaux de la campagne qui sembla la ravir.
– Clémentine ! Viens remercier tata Gaïa pour son cadeau ! l’intima Alex.
– C’est à partir de quatre ans, mais elle est tellement en avance sur son âge… Et puis avec Zach, ils pourront jouer avec de différentes façons.
– C’est super, Gaïa, merci ! Demain matin, ses papas l’emmènent fêter son anniversaire en famille, chez papy et mamie. Je suis à peu près sûre qu’elle voudra absolument l’emmener avec elle !
Revenant dans la cuisine en courant, la petite se jeta sur Gaïa et lui dit :
– Merci tata Gaïa ! Tu joues avec moi ?
Gaïa l’emmena par la main dans un coin tran-quille du salon, où elle étala les cartes pour les lui montrer. La petite était aux anges, découvrant chaque animal en gloussant.
Bousculant la tradition qui voulait qu’Estelle se fasse toujours attendre, C’est Fred qui passa une demi-heure dans la salle de bain pour tenter d’arranger ses cheveux. Elle avait d’abord essayé le style punk, en réunissant ses cheveux en une multitude de pics dressés sur la tête. Mais ses efforts n’avaient pas eu le succès escompté. Sa petite femme, horrifiée, avait poussé un cri perçant en entrant dans la salle de bain, avant de la traiter de porc-épic. Alors, Fred a décidé de les plaquer en arrière, à grand renfort de gel, pour s’entendre dire qu’elle ressemblait à au naufragé du Titanic. Désespérée, elle a ébouriffé ses cheveux au maximum, en faisant une prière pour qu’ils repoussent vite, très vite.
– Quoi de neuf ? demanda-t-elle à Nat après avoir rejoint les invitées en bas.
– J’ai fait une tournée dans l’Est, cette semaine, pour livrer des meubles. Quand je suis rentrée, j’ai découvert que Gaïa avait réquisitionné ma tasse à café fétiche pour cultiver un champignon immonde… La routine, quoi !
– J’ai voulu essayer de faire du kombucha ! Fallait un récipient en grés !
– C’est fin, comme champignon ? demanda Maëlle.
– Ah mais ça ne se mange pas ! s’exclama Nat. C’est un truc qui ressemble à du purin moisi, et ça se boit !
– Beurk ! s’exclama Fred, aussitôt imitée par les enfants sous la table basse.
– C’est hallucinogène, au moins ? demanda Fab en se roulant une cigarette.
– Ça se cultive dans du thé noir sucré. C’est pas très bon au goût, mais c’est excellent pour l’immunité et la détox cellulaire ! assura Gaïa en hochant la tête.
– Mais… Tu t’es fait couper les tifs ? demanda Nat à Fred, après l’avoir bien observée.
– M’en parle pas, grogna la mécano susceptible, se passant machinalement la main dans les cheveux.
Estelle, derrière Fred, se mit à faire des tas de signes à Nat, pour lui faire comprendre de ne surtout pas s’engager sur ce terrain glissant. Mais cette dernière, voyant Estelle s’éventer, ne saisit pas le message et rajouta :
– T’aurais dû faire couper plus court sur les côtés, si tu veux une belle brosse. Là, si tu veux mon avis, on dirait un balais à chiottes.
Les regards affolés d’Alex et d’Estelle s’abattirent aussitôt sur la concernée, qu’elles virent rougir de colère.
– Dis donc, vociféra-t-elle en gesticulant. Je ne crois pas avoir de remarques à recevoir sur ma coiffure de la part de quelqu’un qui se balade avec une banane des années soixante !
Mais au de-là de son énervement, Fred était étonnée de l’aplomb de Nat, qui ne lui ressemblait pas. Elle avait quelque chose de changé, mais impossible pour la mécano de trouver quoi.
– T’as maigri, dis donc ! remarqua alors Estelle, regardant Nat de haut en bas, essayant vainement de changer de conversation avant que ça ne dégénère.
– Mais vas-y, reluque-là ! s’exclama Fred, outrée.
La conductrice de poids-lourds avait effectivement fondu. Auparavant de corpulence enrobée, elle avait l’air d’avoir grandi en perdant de la largeur. Elle était habillée d’une chemise et d’un pantalon cargo flambant neuf, taille 40, flottant désormais dans ses pantalons taille 44.
– J’ai perdu huit kilos, annonça-t-elle fièrement. En reprenant la muscu et en faisant un régime.
– Je lui ai interdit de faire un régime hyperprotéiné, enchaîna Gaïa ; c’est trop dangereux !
– Pourquoi ? T’as peur qu’elle mange de la vache folle ? l’interrogea Fred, n’ayant jamais compris pourquoi Nat se laissait dicter quoi faire par sa chérie végétalienne granivore.
– Ça n’a rien à voir avec la viande, mais avec les protéines elles-mêmes. Leurs déchets sont filtrés par les reins. En manger trop, ça les fatigue et détruit les néphrons. Ne manger que ça pendant plusieurs semaines, c’est de l’autodestruction !
– De toute façon, les excès, quels qu’ils soient, ne sont jamais bons, déclara Estelle. Vaut mieux manger de tout en petite quantité. Pour maigrir, rien de tel que les crudités, à condition de ne pas avoir les intestins fragiles. Avec ça, j’ai perdu mes kilos pris pendant la grosses à une vitesse folle ! J’ai eu de la chance que ça tombe pendant la belle saison ; je ne sais pas si j’aurais pu m’en contenter en plein hiver !
– C’est ça ! Nat mange beaucoup de légumes – crus ou cuits à la vapeur –poisson ou viande blanche et évite les graisses ou sucres au maximum, précisa Gaïa.
– Fini, les chips au volant ! déclara Nat tout sourire.
– T’es une viandarde, toi, remarqua Fred. Comment tu fais pour ne manger que de la viande blanche ?
– C’est vrai que la charcutaille et la viande rouge me manque… L’autre nuit, j’ai même rêvé du rôti de bœuf à l’ail de ma mère, avec ses pommes sautées ! C’est pas évident tous les jours, mais au vu du résultat, ça vaut le coup !
Estelle, grimpée sur une marche de l’escalier, fit tinter son verre pour attirer l’attention des con-vives.
– On a quelque chose à vous annoncer ! déclara-t-elle, rejointe par Fred portant Zach sur ses épaules.
– Vous êtes de nouveau enceintes ? demanda Fab avec un clin d’œil.
– Non, on va s’arrêter là ! J’ai eu de la chance de retrouver un corps à peu près potable, et Zach suffit à nous combler ! Clémentine, tu veux venir ?
La petite avança jusqu’à Estelle qui la fit grim-per quelques marches de plus, pour qu’elle soit vue par l’assemblée, avant de lui chuchoter quelque chose à l’oreille.
– Clémentine a quelque chose à vous apprendre !
La gamine, ravie de se trouver au centre de l’attention, arbora un sourire radieux en déclarant bien haut :
– Tata Estelle et tata Fred vont se marrer !
D’abord interloquées, les filles comprirent vite de quoi il était question et levèrent leurs verres.
– Ça, c’est pas dit que vous allez vous marrer tous les jours ! les chambra Fab.
– Qui est-ce qui a fait sa demande ? interrogea Sophie.
– C’est évident, non ? s’indigna Fred.
– Quoi ? T’es macho à ce point là ? T’aurais répondu quoi si Estelle avait pris les devants ? l’interrogea Léa.
– Je n’aurais jamais fait ça ! s’indigna Estelle. A la limite, je lui aurais demandé quand est-ce qu’elle comptait me demander de l’épouser !
– Ça plaisante pas ! souffla Fab à Alex en lui filant un coup de coude.
– Elle a été parfaite ! Avec un genou à terre ! précisa Estelle, plus fleur bleue que le myosotis lui-même.
– Eh ben ! Et tu vas te marier en robe blanche ou en smoking, Fred ? demanda Léa sur un ton moqueur.
Estelle balaya la remarque de la main et descendit pour trinquer avec ses invitées. Fred, légèrement perturbée par cette question à laquelle elle n’avait pas encore réfléchi, suivit sa petite femme. Ce faisant, elle trébucha sur le pied de Nat et se retrouva projetée dans les bras de Gaïa, ses deux mains sur ses seins. Le verre, qui avait amorti sa chute sur les chaussures de la mécano maladroite, après s’être renversé sur son pantalon, n’était pas cassé.
– Je suis désolée, j’ai buté sur le godillot de Nat… balbutia-t-elle en plongeant à ses pieds pour ramasser la flûte miraculée, tandis que son visage devenait de la même couleur que la chevelure de sa victime.
– Ça va être de ma faute si tu pelotes ma co-pine, maintenant ! s’exclama Nat avec un sourire.
– Bon, quand Fred aura enfin cessé de se mettre en vedette, on a, nous aussi, un truc à vous annoncer ! déclara Léa en mettant une main au panier de Fab.
– Fred, aussi énervée que mortifiée, se fraya un passage jusqu’à la cuisine, où elle entreprit de passer un peu d’eau sur le pantalon.
– Déjà, c’est pas vous qui allez vous marier ! s’exclama Maëlle.
– Non, ça risque pas ! ricana Fab en se roulant une cigarette.
– Encore moins nous pondre un gosse ! observa Nat.
– Vous avez d’autres horreurs à nous suggérer ? plaisanta Léa.
– Annoncez la couleur, qu’on trinque !
– On déménage ! annonça fièrement Fab à la cantonade.
– Je l’ai enfin convaincue de quitter son placard à balais, poursuivit Léa.
– Super, les filles ! se réjouit Alex. C’est une affaire qui roule, entre vous, si vous quittez la garçonnière de Fab pour vous installer !
– Ne vous réjouissez pas trop vite, les girls : c’est pas parce qu’on emménage officiellement ensemble qu’on va se ranger et adopter une vie sexuelle aussi monotones et ennuyeuse que vous ! fit remarquer Fab avec un clin d’œil.
– Alors, le déménagement est prévu pour quand ? demanda Alex.
– Le mois prochain.
– Vous aurez besoin d’un coup de main ?
– Si Nat pouvait nous avoir un fourgon…
– Et pour la main d’œuvre ? insista Maëlle.
– Avec toutes les filles à qui elles ont offert l’hospitalité d’une nuit, ce serait bien le diable si elles n’arrivent pas à mobiliser quelques bras pour descendre le fameux lit ! remarqua Alex.
– Alors ? tu as été baptisé, Zach, demanda innocemment Gaïa au petit.
– Pas la peine de lui rappeler ce mauvais souvenir, la coupa Estelle.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Vous n’avez jamais assisté à un baptême ? s’énerva Fred. Le petit a passé un mauvais moment et nous aussi !
– Il a pas aimé ?
– Pas vraiment, non. Il avait froid, il a hurlé pendant toute la cérémonie, confia Estelle.
– Tu m’étonnes, bonjour le traumatisme ! laissa échapper Alex.
– Justement ! Après avoir vu mon neveu être traumatisé, bébé, je m’étais dit que si on attendait que Zach soit en âge de comprendre ce qui se passait, on éviterait ça.
– Comment tu veux éviter à un gosse d’être marqué à vie par un type en robe et en sandales qui veut lui passer la tête sous l’eau dans une église glaciale en psalmodiant dans une langue étrangère ?
– Oui, eh bien il se sera bien vengé… remarqua Estelle en repensant à la scène.
– A table ! la coupa Fred, mais personne ne la suivit, les filles préférant connaître la fin de l’histoire.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Il a réussi à donner un coup dans le bras du prêtre quand il versait l’eau bénite, de manière à mouiller sa soutane !
– Vous ne nous l’aviez pas raconté, ça ! s’étonna Maëlle.
– Comme il est plein d’humour, ce petit ! Il a bien marqué le coup ! s’esclaffa Alex.
Mais le pire de tout, c’est qu’une fois que tout ça était terminé et que Zach avait retrouvé le sourire, il a osé lui demander s’il avait fait pipi sur sa robe !
– La honte ! s’exclama Léa, tandis qu’Alex se bidonnait.
– J’imagine même pas la tête de ta mère, Estelle ! Vous allez vraiment me faire regretter de ne pas avoir été là !
– Bon, allez : tout le monde à table ! intima Fred. On a investi dans un deuxième caquelon pour qu’il y ait moins d’accidents !
– Du coup, y aura moins de gages ! C’est moins drôle ! se plaignit Léa.
– Je ne veux pas de joutes avec les piques comme l’an dernier ! Ce soir, les enfants sont pré-sents, alors conduisez-vous en adultes ! les sermonna Alex.
– Je propose que celles qui perdent leur bout de pain dévoilent quel membre de la bande les a déjà attiré à un moment ou un autre ! s’exclama Fab.
– Y avait longtemps que t’avais pas proposé un strip poker ou un jeu de la vérité à connotation scabreuse ! observa Estelle, pendant que tout le monde prit place autour de la grande table.
– Et si c’est pas le cas ? Si on n’a jamais eu d’attirance pour aucune ? demanda Céline.
– T’as qu’à nous raconter comment t’as sauté sur Sophie sous la tente un beau soir ! On attend toujours les détails !
– Sa compagne, ça compte ? demanda Gaïa, qui avait déjà perdu son bout de pain sans même avoir goûté à la fondue.
– Non, ça compte pas !
– Mmm, elle est excellente, cette fondue.
– Trois fromages, répondit Alex en faisant goûter à sa fille venue réclamer à table.
– Et le petit blanc sec qui va bien ! commenta Léa, avant de perdre son bout de pain qu’elle avait eu tant de mal à faire tenir.
– C’est quoi, ce pain qui ne tient pas ? demanda Nat, victime du même phénomène.
– Le pain est trop sec !
– C’est ça ! Soit il est trop frais, soit trop sec, soit il a trop de bulles d’air… Arrêtez de vous défiler ! Quand on perd son bout de pain, on a un gage ! clama Fab avec un sourire en coin.
– Et merde ! s’écria Fred, ayant perdu le sien.
– Bon, puisque vous êtes si prudes, je com-mence ! déclara fièrement Léa. Une fois, j’ai fait un rêve érotique…
– J’ai dit quoi il y a cinq minutes ? Faites un effort, les filles ! Ou alors codez un minimum votre langage !
– Bon ! Ecoute, Alex, parce que ça te con-cerne ! poursuivit Léa en lui administrant un clin d’œil. Alors, j’étais à une soirée, y avait plein de monde et tu me faisais une lap dance…
– Quoi ?
Tandis que certaines s’esclaffaient, d’autres sifflaient, la concernée fixait Léa en fronçant le sourcil.
– C’est une blague, j’espère !
– Les grandes filles aux longues jambes me font chavirer, qu’y puis-je ? Mais je vous rassure, j’ai dû rêver de la plupart d’entre vous !
– Non, ça ne nous rassure pas de faire partie de vos ébats oniriques ! remarqua Estelle.
– J’ai jamais dit que je m’étais touchée en fan-tasmant sur vous !
– Onirique ! Ce qui concerne le rêve – aucun rapport avec l’onanisme !
– Ah… Merci, docteur Freud ! Bon ! Nat, à toi !
– Estelle, déclara celle-ci de but en blanc.
– Quoi Estelle ? Tu peux développer un peu ? demanda Fab, curieuse.
– Non, c’est bon ! Y a rien à développer ! coupa Fred d’un ton sec.
– Allez, Fred ! Vous n’allez pas vous prendre la tête à cause de rêves, non ? C’est inconscient, on n’y peut rien !
– Alors, poursuivit Léa, qui est ce qui vous a troublée à un moment ou un autre ? A ton tour, Fred ! Maëlle, ne crois pas qu’on t’a oubliée ! Et Gaïa, je te rappelle que ta compagne ne compte pas !
Sans se concerter, les trois concernées répondirent en même temps :
– Sophie.
– Gaïa.
– Maëlle.
Gaïa et Maëlle échangèrent un regard étonné de s’être désignées l’une l’autre, tandis qu’Estelle fusilla Fred du sien. Celle-ci se mit à bredouiller :
– C’était il y a longtemps, très longtemps. On ne se connaissait pas, bébé – il y a prescription !
– C’était y a combien de temps ? demanda Fab.
– Y a un bail ! C’était à cette fête, là, où on avait dansé ensemble.
– Parce que vous avez dansé ensemble ? s’étrangla Estelle, qui n’était manifestement pas au courant.
Maëlle et Gaïa échangèrent un regard furtif, soulagées de voir la révélation de Fred virer au règlement de comptes, qu’elles faisaient semblant de suivre. La jalousie légendaire d’Estelle tombait à pic pour détourner l’attention, leur évitant de se retrouver sous les projecteurs à dévoiler leurs petits secrets.
– Oh là, oui, je ne m’en souvenais plus ! se rappela Sophie en rigolant. J’espère qu’elle a fait des progrès depuis, Estelle, parce que qu’est-ce qu’elle dansait mal ! Elle a pas réussi à m’emballer !
Mais Estelle ne riait pas du tout, ni Fred d’ailleurs, que toute cette histoire embarrassait au plus haut point.
– Céline a perdu son bout de pain ! s’écria Léa. Un gage !
– C’est bon ! On a assez joué, là ! la calma Alex, voyant qu’Estelle était sur le point de péter les plombs.
– Oh là, là ! Faut vous détendre, les filles ! C’est la monogamie qui vous rend aussi jalouses ! Décoincez-vous un peu!
– Je vais recouper du pain, grommela Fred, cherchant à échapper à la colère d’Estelle qui lui avait écrasé les orteils avec son talon aiguille.
Maëlle, qui avait une folle envie de quitter la table pour ne pas risquer de subir un quelconque interrogatoire en règle à son tour, se leva de concert.
– Je viens t’aider ! lui signifia-t-elle, profitant de l’occasion.
– Alors je m’occupe de la salade. On ne va pas être à deux sur une baguette.
– Depuis quand tu boîtes ? demanda Maëlle en voyant Fred masser ses orteils meurtris.
Fred grommela quelque chose d’inintelligible, avant de se tourner vers les bouteilles d’huile et de vinaigre.
A l’abri derrière le plan de travail, Maëlle dé-compressait en coupant le pain. Elle aurait été bien gênée de raconter à l’assemblée le rêve où elle s’était laissée envoûter par les tâches de rousseur de Gaïa. Fort heureusement pour elles, tout le monde semblait les avoir oubliées. Maëlle jeta un œil à la tablée et croisa le regard énigmatique de la rouquine. Se détournant toutes deux en rougissant, l’une se concentra sur sa pique, l’autre sur sa baguette. Maëlle ne put s’empêcher de se demander pourquoi Gaïa l’avait désignée. Grâce à Estelle, elle ne le saurait jamais et ça valait probablement mieux.
Zach vint réclamer une compote et Fred décida de le mettre au lit. Maëlle se dit qu’il était l’heure pour Clémentine d’aller se coucher aussi, et réussit à la convaincre en promettant de lui lire une histoire. Fred disparut avec le petiot sur le bras, tandis que Clémentine faisait le tour de la table pour dire bonne nuit à tout le monde. Maëlle la prit par la main et l’emmena se brosser les dents.
Lorsqu’elle revint dans la salle à manger, une demi-heure plus tard, Fred était déjà de retour, Estelle riait à gorge déployée, tout le monde semblait réconcilié. Maëlle se resservit un verre de vin et se lança à l’assaut du caquelon avec sa pique pour rattraper son retard.
Après que les deux caquelons aient été raclés jusqu’au fond, Alex sortit le reste du fraisier. Sur le gâteau nappé de chantilly au lait de coco, trônait la seule survivante des coccinelles en pâte d’amande et pépites de chocolat parmi quelques fraises des bois laissées par Clémentine. A la queue-leu-leu avec des fraises, trois petites bougies en forme de bêtes à bon dieu faisaient le tour du gâteau.

A la fin de la soirée, les filles levèrent toutes le camp en même temps. Fab et Léa enfilèrent leurs blousons de moto et firent le tour de tout le monde. Gaïa s’approcha de Maëlle, tenant la porte, pour lui dire au revoir. Les motardes forcèrent le passage, casque sous le bras, si bien que Gaïa fut poussée contre Maëlle qui se retrouva plaquée au mur. Quelques secondes de promiscuité qui suffirent à raviver les réminiscences d’un rêve troublant. Gaïa lui sourit et sans la quitter de ses yeux verts, embrassa son hôte sur la joue. Ses tâches de rousseur flanquèrent le tournis à Maëlle qui avait un peu trop bu de vin. Elle resta appuyée contre le mur avec un sourire bête, tandis que la rouquine disparut à la suite de Nat."

Quatre filles et un mariage est disponible en version numérique sur chapitre.com en cliquant ICI
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