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(Extraits romans gays)

images/stories/virtuemart/product/pour-lSynopsis : Jordan Queen revient à Eastern Rock au Texas 15 ans après son départ pour New York... 15 années se sont écoulées et Jordan n'est plus le jeune adolescent complexé par son poids dont la plupart des élèves de son lycée se moquaient. Personne ne le reconnait, pas même Keith Marshall, 29 ans, dont il était éperdument amoureux quand il n'avait que 16 ans. Leurs retrouvailles ravivent des émotions et des sentiments jamais éteints. Mais Jordan est-il prêt à révéler à Keith sa véritable identité et à assumer son ancienne vie ?

Un livre adapté du roman de Kyrian Maloen & Jamie Leigh "A toi pour toujours".

 

*  *  *

 

Située en bord de mer au sud du Texas, Eastern Rock accueillait chaque été les festivités des Sables. La petite ville se dressait entre le désert et la mer. La seule végétation consistait en des forêts de palmiers ou de cocotiers plantés autour de la ville et sur les plages s'étendant à perte de vue.

Quinze ans plus tôt, Jordan Queen était parti après la fin du lycée pour poursuivre ses études à Houston, une ville à une centaine de kilomètres au Nord-est. Après une année d'Histoire de l'Art, de fêtes, de changements personnels et de rencontres en tout genre, il avait rejoint New York pour travailler.

Revenir à Eastern Rock après tout ce temps ravivait des souvenirs lointains. La ville n'avait pas beaucoup changé. Les routes, les maisons, la station-service, le supermarché ou encore le Fresh Snack, où autrefois il s'empiffrait de glaces, étaient toujours à leur place. Tout comme la maison de sa mère, restée à Eastern Rock depuis son installation peu de temps avant sa naissance.

Jordan arrêta sa Mercedes noire devant les haies parfaitement taillées et quitta sa voiture. L'instant suivant, il frappait à la porte de son ancien chez lui où sa mère ne tarda pas à lui ouvrir.

— Mon chéri !

Il s'empressa de prendre sa mère sans ses bras.

— Tu as encore trouvé le moyen de t'embellir depuis la dernière fois que je t'ai vu, ajouta-t-elle.

— Bonjour maman, répondit Jordan en se reculant.

Molly ouvrit plus grand et accueillit son fils dans leur demeure. On savait de qui Jordan tenait ses grands yeux bruns et ses cheveux noirs quand on les voyait côte à côte. Molly avait 62 ans mais ne les faisait pas. Elle était de loin l'une des femmes les plus actives dans la petite ville d'Eastern Rock, avait d'ailleurs un don pour vendre ou louer des maisons aux nouveaux arrivants.

Jordan parcourut son ancienne maison du regard...

— Tout est à sa place, commenta-t-il. Rien n'a changé ici non plus.

— Tu sais que je ne suis pas souvent là alors je n'ai pas le temps de refaire la décoration.

Jordan fit quelques pas dans le salon, suivi de sa mère qui reprit d'un sourire enjoué :

— ça me fait tellement plaisir que tu viennes me rendre visite. Alors raconte, comment se passe ton travail à New York ?

Jordan se tourna vers sa mère. Bien entendu, sa réponse était toute faite, comme à chaque fois que Molly l'interrogeait sur son travail.

— Tout se passe bien maman, je vais avoir une promotion quand je rentrerai de vacances.

Car pour Molly, son fils travaillait dans une agence de pub à New York, un travail respectable et sécurisant où il pouvait envisager une carrière et un avenir. Elle fit cependant un constat et demanda :

— Et tes affaires ? Tu n'as pas de sac de voyage ?

— Non, je me suis dit que j'achèterais tout sur place, surtout pour la fête des Sables...

Jordan ne comptait pas ses dépenses, là était un des nombreux avantages de son travail : l'argent. Il aimait en avoir, aimait en dépenser et dépensait sans compter ! Et il ajouta :

— Puis si jamais j'ai besoin, je pourrais emprunter quelques vêtements que Robby laisse toujours dans la chambre d'ami.

Là était un luxe que Jordan n'aurait pu s'offrir auparavant, piocher dans l'armoire de son cousin, qui venait rendre visite à sa tante de temps à autre et qui faisait aujourd'hui la même taille que lui. Il se dirigea vers le couloir et demanda :

— Ma chambre est toujours là ?

Molly le suivit et répondit :

— Je n'ai touché à rien !

Le constat fut troublant quand Jordan pénétra dans l'ancienne chambre. Il n'avait pas foulé le sol de cette pièce depuis quinze longues années. Le faire aujourd'hui le renvoya aussitôt dans un passé lointain, troublé, juste à la fin de ses études. Ses livres scolaires demeuraient rangés sur son bureau. De vieux posters décoraient les murs ainsi que plusieurs photos de lui et de certains de ses amis... Un soupçon de nostalgie le saisit avant que quelqu'un ne sonne à l'entrée et ne l'arrache à ses pensées.

— Je vais ouvrir, ça doit être Lisa, comprit sa mère.

Jordan ouvrit grand les yeux :

— Lisa ? Tu as invité Lisa ? Maman ! Tu n'as pas fait ça !

Il la suivit à travers le couloir tandis que Molly se dirigeait vers la porte.

— Je t'ai dit que je ne voulais pas la voir, ajouta-t-il plus bas.

— C'est ta meilleure amie, mon chéri. Elle était si heureuse quand je lui ai dit que tu venais !

Sans rien ajouter de plus, Molly ouvrit la porte, laissant Jordan sur le fait accompli. Lisa se trouvait effectivement sur le palier et n'avait plus rien de la jeune femme qu'il avait connue au lycée. Elle aussi avait changé mais contrairement à lui, Jordan avait eu les détails de ses changements par sa mère.

— Lisa ! fit-il d'un sourire sincère... Bon sang ! ça fait tellement longtemps !

La concernée avait levé les sourcils en regardant son ancien camarade de classe et meilleur ami d'enfance.

— ça alors ! Tu es devenu...

Elle en perdait ses mots...

— Plus mince, termina Jordan en constatant sa mine stupéfaite. Je sais...

— J'allais dire... Waouh, mais oui, en effet, tu n'as pas fait semblant.

— Toi non plus, répondit Jordan.

Car tout comme lui, Lisa avait souffert de quelques problèmes de surpoids quand ils étaient au lycée, leur valant à tous les deux de passer de mauvais moments au regard des autres élèves. Lisa vint spontanément l'enlacer et Jordan l'imita avant de se reculer :

— Je suis content de te voir, dit-il enfin...

— Tu aurais pu me le dire, l'accusa-t-elle. Toutes ces fois où on s'est écrit, après tous nos mails, tu aurais pu me dire que tu étais devenu un vrai beau gosse.

Jordan pinça un léger sourire et Molly l'invita :

— Entre, ne reste pas sur le palier. Je vais nous servir à boire...

L'instant suivant, tous trois étaient installés sur le canapé, Molly se faisant une joie de répéter à Lisa combien Jordan réussissait sa carrière de directeur de rédaction à New York, et Lisa acquiesçant aux informations que Jordan lui avait fournies au fil des années. Même s'ils ne s'étaient pas écrit chaque jour, Jordan avait su les grandes lignes de sa vie et de ceux qu'ils avaient connus au lycée. Un sujet, un seul, n'avait jamais été abordé, par refus de Jordan et pourtant, il ne put s'empêcher quand Molly fut éloignée :

— Comment va Keith ?

Lisa sourit sur cette question et répondit simplement :

— Il va bien... Il a repris le Ranch et je suis sûre qu'il sera content de te revoir !

Jordan se tendit, les sourcils froncés et réagit aussitôt d'un ton vif :

— Il ne doit pas savoir que je suis là !

— Pourquoi ça ? interrogea Lisa sans comprendre... Tu n'es plus le même, Jordan, ça va lui faire un choc quand il va voir comme tu as changé.

— Je suis le même, se défendit-il. Le même Jordan qu'avant et je t'interdis de lui dire que je suis revenu.

— Il finira par le savoir.

— Non, pas si tu tiens ta langue et maman tiendra la sienne.

Lisa fronça les sourcils, incertaine. Elle avait été la meilleure amie de Jordan et de ce fait, sa confidente. Elle avait su l'attirance de Jordan pour son frère quand ils étaient plus jeunes. Une attirance qui n'avait pas été réciproque à l'époque du lycée en raison de leurs âges respectifs et de leurs centres d'intérêt plus que divergents. Jordan hésita, faisant mine de ne pas s'intéresser à Keith mais demanda :

— Est-ce que... Est-ce qu'il a rencontré quelqu'un ?

Cette question fit naître un sourire taquin sur les lèvres de Lisa qui répondit :

— Non...

Et cette réponse ne put que soulager Jordan qui, bien sûr, avait prié secrètement au fond de lui à ce sujet.

— Ce qui te laisse toutes tes chances, surtout dans ce corps d'Apollon, reprit Lisa... Si je n'étais pas ta meilleure amie, que je ne t'avais pas vu t'enfiler un plat entier d'ailes de poulet à la sauce barbecue, je pourrais être attirée...

Jordan rit sur ce rappel. Lisa et lui avaient pratiqué des jeux quelque peu douteux ou concours stupides consistant à avaler des plats en un temps record. Il reprit malgré tout son sérieux :

— Je ne veux pas qu'il sache, Lisa, je ne plaisante pas. ce serait trop...

Il chercha ses mots un instant :

— Trop injuste. Pour l'ancien moi, je veux dire !

— Je ne vois pas d'injustice quand je te regarde. Tu pourras parler d'injustice quand tu verras Rebecca que Pete Moore a plaqué après son accouchement. La pauvre n'a pas perdu les vingt ou trente kilos qu'elle a pris. Elle est devenue dépressive et boulimique...

Rebecca était l'ancienne  reine du lycée et malgré tout, ce genre d'annonce faisait de la peine à Jordan. Il était conscient que Lisa ne lui annonçait pas cette nouvelle pour le réjouir ou pour se moquer de Rebecca. Eux, mieux que personne d'autre, savaient ce qu'étaient les regards moqueurs et méchants. Il recentra la discussion :

— Ne change pas de sujet. Je t'interdis de lui dire qui je suis.

— Comme tu veux, dit-elle finalement. Mais tu te débrouilleras seul avec tes mensonges.

Jordan pensa qu'avec le temps, il avait pris l'habitude de mentir. Grâce au ciel, il avait également une excellente mémoire et ses mensonges se résumaient toujours aux mêmes depuis plusieurs années déjà. Il n'aurait donc pas à beaucoup mentir, si ce n'était peut-être pour s'inventer une nouvelle identité et une vie qui irait avec...

 

*  *  *

 

A suivre dans la version intégrale...

 

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Créé le 12 juin 2015
(Extraits romans gays)

Broken Dreams Back 265x315Résumé : Pour fêter l'arrivée prochaine de leur bébé tant attendu, Théo Ryan et Lucas Leary sortent dîner avec leurs amis . En couple depuis quelques années déjà, ils vont enfin fonder une famille, leur famille. Mais la vie réserve toujours des surprises et peut basculer d'une seconde à l'autre. Et ce soir-là, Théo Ryan ne retrouvera plus la chaleur de son foyer, lâchement assassiné par un voyou pour de l'argent. La mort est-elle réellement la fin de tout ? L'amour ne peut-il pas transcender chaque chose, même la réalité telle qu'on la connaît ? L'esprit, l'essence de sentiments aussi forts subsistent au-delà de la chair. Théo trouvera le moyen de reconquérir son amant, de récupérer son coeur et de prendre sa place de père.

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Prologue

 

Tout le monde meurt un jour. Personne ne peut rien y faire si ce n’est repousser l’échéance. Tout le monde doit mourir, c’est un fait. Vous, moi, nos proches, rien ni personne n’y échappe.

Nous vivons avec la mort, mais quelle importance lui donnons-nous ? On regarde les actualités : une femme a tué ses trois enfants ; un 747 a explosé au-dessus de l’Atlantique ; des touristes pris en otage ont été fusillés. Ces annonces sont quotidiennes et plus ou moins étayées selon les intérêts politiques du moment. Qui réagit à cela ? Personne. Hormis se sentir compatissants, peinés, choqués l’espace de quelques minutes, ces gens qui meurent font partie du décor… Triste constat, mais réaliste. Comment pourrions-nous vivre si nous n’étions pas insensibles à ces tragédies ?

Quoi qu’il en soit, à 26 ans, on pense à tout, sauf à mourir. On se croit invincible, intouchable. On songe à son avenir, on termine ses études, on commence une carrière, on s’engage, on comprend le sens du mot « aimer », on projette d’avoir un premier enfant…

À 26 ans, le monde nous appartient, du moins, c’est ce que je pensais.

Chapitre 1

A jamais

 

J’étais content de voir Lucas si heureux, le sourire aux lèvres et riant à la moindre plaisanterie. Nous avions passé la soirée avec nos amis d’enfance. Danielle et Samuel s’étaient mariés trois ans plus tôt. Tous les quatre, nous étions rencontrés au collège sans jamais nous perdre de vue. Ce soir-là, Lucas et moi fêtions nos huit ans de vie commune.

Pour l’occasion, nous avions réservé une table dans un petit restaurant situé dans la banlieue de New York : le Grafton. Un endroit chaleureux, tenu par une famille d’Irlandais qui avait immigré au siècle dernier. Les discussions avaient tourné autour de notre passé commun, de nos années lycée à Northfolk en Californie. Danielle et Lucas avaient étudié à UCLA, Samuel avait obtenu une bourse pour Yale, quant à moi j'avais quitté les bancs de l'école après le secondaire. À cette époque, je n’étais guère intéressé par les études et j'avais préféré passer tout mon temps près de Lucas. Mon diplôme de secondaire en poche, j’avais enchaîné les petits boulots pour payer les factures de notre premier appartement. En ce temps là, je me fichais des projets de carrière, de l’ambition professionnelle. Tout ce qui m'importait était de profiter de la vie avec Lucas, et l'avenir me donna raison.

Nous quittâmes le Grafton aux alentours de onze heures. La rue était déserte. Seuls, quelques fracas de bouteilles de bière triées à l’arrière des bars rompaient le silence. Il me tardait de rentrer chez nous, de rejoindre notre nouvel appartement où nous habitions depuis six mois. Je l'avais entièrement repeint et aussi aménagé la chambre du bébé… quant à Lucas, il s'était occupé de la décoration. Nous avions trouvé une mère porteuse. Le bébé avait été fécondé à partir du sperme de Lucas. J'étais le futur père ! incroyable ! je n’en revenais pas… Nous avions rejoint Vancouver l’année précédente pour entreprendre les démarches. Notre rêve de fonder une famille se réaliserait bientôt et je me surprenais à compter les jours, ou plutôt les neuf semaines qui nous séparaient de l'accouchement.

Lucas glissa sa main dans la poche arrière de mon jeans et nous marchâmes tranquillement en profitant de l’air frais.

— Je n’ai pas du tout aimé les regards que le serveur te lançait ! confia-t-il sans détour.

Je souris, amusé. Lucas était d’une jalousie maladive. Là où Samuel et Danielle se disputaient régulièrement, je me rassurais des remarques de mon compagnon. Je considérais la jalousie comme un sentiment normal lié à l’amour. Je souffrais  quand un homme ou même une femme posaient son regard sur Lucas.

— Quel serveur ? lui répondis-je d'un ton léger.

Lucas afficha une mine exaspérée par ma mauvaise foi évidente.

— Te fiche pas de moi, t’as bien vu qu’il était aux petits soins pour toi toute la soirée.

Je préférai couper court pour le rassurer plutôt que poursuivre sur le ton de la plaisanterie.

— Je n’ai rien remarqué.

Ainsi, le sujet serait clos jusqu’aux prochains regards de beaux garçons qui se poseraient sur moi par inadvertance. Nous arrivâmes à la voiture. Lucas me prit la main et m'attira contre lui.

— Tu sais de quoi j’aurais envie là tout de suite ?

Mon esprit mal placé formula des conclusions hâtives que je dus chasser au plus vite. Je répondis d’un air coquin, témoin de mes songes libertins.

— D’un gros câlin agrémenté de framboises et de chantilly ?

Le regard de Lucas brillait. Il comprenait mon sous-entendu, recevait le message à la perfection.

— Non… De chocolat.

— Tu sais qu’on sort de table ?

— Tu sais que je suis insatiable ?

Comment pouvais-je résister à pareil argument ? Je lui souris et me reculai afin d’ouvrir sa portière.

— Je vois… On t'en trouvera sur la route.

— T’es un ange.

Lucas installé dans la voiture, je refermai la portière côté passager et contournai le véhicule. Mais je n’eus pas le temps de poser ma main sur la poignée, un homme nettement plus costaud et robuste que moi me saisit le bras et me plaqua contre la voiture. Mon cœur s’affola. Je rivai mes yeux sur mon agresseur, mais une cagoule dissimulait son visage. Son regard, je ne l’oublierai jamais… Noir, agressif, empli de haine… Un vent de panique me saisit quand je sentis le métal froid de son arme se poser contre mon front.

— Tu vas me filer ton fric et les clefs de ta caisse !

Lucas se trouvait dans la voiture et je redoutai qu’il sorte. En aucun cas, il ne devait se montrer, intervenir et risquer d'attiser la folie de mon agresseur.

— Ok… Attends, lui répondis-je spontanément.

Mes mains tremblaient, mes jambes flageolaient. L’homme pressa le canon contre ma peau et haussa le ton, déterminé et sûrement aussi affolé que moi.

— Grouille ou je te descends !

Je n’eus pas le temps de fouiller dans ma poche pour sortir mon portefeuille. Ce que je redoutais arriva : derrière moi, Lucas ouvrit la portière et interpella mon assaillant.

— Je vous en prie, baissez votre arme, on vous donnera tout ce que vous voulez…

De plus en plus nerveux, l'homme cagoulé braqua son arme en direction de Lucas.

— Bouge-pas toi ou je te descends aussi !

Mon sang ne fit qu'un tour  à l'idée de voir Lucas se faire tuer devant moi. Pris de panique, je saisis le poignet de l'agresseur pour détourner son arme et maintenir le canon vers le sol. Peu m’importait que cet homme soit plus fort que moi ou qu’il me tire dessus,  pourvu qu’il ne blessât pas Lucas. Dans la lutte, un coup de feu retentit et l’homme s’enfuit en courant. Je restai figé en le regardant s’éloigner puis disparaître au carrefour d’une rue. La peur demeurait, je ne cessais de trembler. Je me tournai aussitôt vers Lucas et m’assurai de son état.

— Ça va… Il est parti, c’est fini bébé.

Je devais me calmer pour ne pas l’inquiéter. Il s’approcha de moi sans m'accorder la moindre attention et je suivis son regard tourné vers le sol. Un corps gisait sur le trottoir. Mon corps... Le temps sembla s’arrêter à cette seconde précise.

Mon cadavre gisait aux pieds de Lucas, le sang s’écoulait de ma belle chemise blanche et se répandait sur le bitume. Je niais l’évidence et relevai mes yeux sur Lucas.

— Non… Non…

J’étais en plein cauchemar, je devais me réveiller.

— Je suis là !

Lucas s’agenouilla, tremblant, près de ce corps qui était le mien. Il posa sa main sur ma blessure tandis qu'il appelait le 911, affolé.

— Allô…

Le ton cassé de sa voix m’anéantit davantage.

— J’ai besoin d’une ambulance. Mon… Mon compagnon… On lui a tiré dessus. Je suis... Je suis sur Grafton Street.

Mon sang s’écoulait entre les doigts de Lucas. Cela ne pouvait être qu’un cauchemar. J’allais me réveiller ! Je refusais la réalité, relevais mon regard vers celui imbibé de larmes de Lucas. J’étais figé, incapable de parler, de croire à l'impossible.

— Je suis là…criait- t-il désespéré. Tient bon bébé ! Je t’en supplie, me laisse pas tout seul.

Comment cela était-il possible ? Il regarda autour de nous. Je l’imitai. Que faisaient les secours ? Ils devaient arriver pour me sauver, mais aucune sirène ne résonnait.

— À l’aide, criai-je… AIDEZ-NOUS !

Personne n'entendait mon appel. Je m’accroupis près de Lucas, voulus poser ma main sur la sienne dans un réflexe, mais passai au travers. Je paniquais, mesurais que Lucas ne me voyait pas, ne m’entendait pas…j'étais invisible.

J’étais mort.

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