extrait roman gay

(Extraits romans gays)

Résumé : Le soleil se lève à peine sur Manhattan. On est le 11 septembre 2001. Adam Queen s'apprête à débuter sa journée au siège du FBI, l'esprit déjà plongé dans ses dossiers d'enquête. A quelques centaines de kilomètres de là, Dean Marshall, Capitaine et pilote dans l'US Air Force, se trouve à bord de son F15 et vole au-dessus de l'Atlantique quand il repère des navires non identifiés voguer en direction de New-York. Moins d'une heure plus tard, deux avions de ligne percutent les tours du World Trade Center. Pour tout le monde, et plus particulièrement Adam et Dean, ce jour marquera le début d'une terrible et fascinante aventure, le commencement d'une autre vie... 310 pages

 

11 septembre 2001 - New York, Manhattan, 7:05 a.m.

Un bruit parasite résonna dans un appartement spacieux du centre de Manhattan. Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les rideaux, illuminaient une grande chambre aux murs orange clair. Son propriétaire, Adam Queen, se réveillait, torse nu sous une couverture écrue. Il ouvrit péniblement les yeux et tendit la main pour attraper son téléphone qui sonnait depuis quelques secondes. Il l'amena à l'oreille :

— Oui ? marmonna-t-il  d'une voix encore endormie.

# bonjour, Adam, mauvaise nouvelle, j’ai un colloque à Los Angeles aujourd’hui, je n'arriverai à New York que demain.

Adam se redressa et jeta un coup d'œil sur le réveil posé sur la commode. Il s'assit au bord du lit et répondit à sa meilleure amie :

— Salut Claudia. T'es encore à Boston ?

# oui... Je suis sur la route, mon avion décolle à huit heures. Mais il y a de sacrés embouteillages, comme d’habitude.

Toujours le téléphone à la main, Adam se leva et se dirigea vers la salle de bains.

— Appelle-moi quand tu atterris. J’ai un dossier à t’envoyer. Je te laisse, je vais me doucher.

# OK, bonne douche, à tout à l’heure.

Adam raccrocha, reposa le combiné et se déshabilla pour se glisser dans la cabine de douche. Une nouvelle journée commençait à New York et Adam pensait déjà à la masse de travail qui l’attendait.

 

*  *  *

 

Espace aérien de Washington DC, 7 : 12 a.m.

# Base à Eagle 1, est-ce que vous me recevez ?

Installé dans le cockpit d'un avion de chasse, Dean Marshall répondit sans attendre :

— Eagle 1, je vous reçois cinq sur cinq. À vous.

# quelle est votre position ?

— Je suis à 70, 40 au nord de Washington. Je me dirige vers l’océan. Que se passe-t-il?

# des navires non identifiés sont apparus sur nos écrans de contrôle à cinq degrés nord de votre position, nous attendons une confirmation visuelle Eagle 1 ?

— Je vous dis ça dans un instant...

Dean Marshall fouilla l’horizon des yeux et abaissa le manche qu'il tenait entre ses mains pour diriger l’avion dans la direction indiquée. Quelques secondes plus tard, des points distincts confirmaient la présence de navires inconnus. Soucieux, Dean vérifia ses écrans devant lui. Il ramena son masque devant sa bouche pour reprendre la communication radio :

— Affirmatif. Je confirme la présence de...

Il hésita le visage crispé et inquiet . Jamais il n'avait vu une telle flotte de navires entrer sur les eaux américaines.

— Attendez, je n’arrive même pas à les compter sur mon radar ! Nous sommes en approche. Je les garde en visuel. Je vous donne plus de détails dès que possible.

Dean appuya sur quelques touches du tableau de bord, tandis que ses coéquipiers le suivaient dans leurs avions respectifs. Aucun bâtiment n'était autorisé à pénétrer dans les eaux américaines sans s'être identifié au préalable. Il était donc question d'une intrusion évidente. La procédure indiquait de les prévenir avant toute action. Or, il ne s'agissait pas que d'un malheureux navire, mais d'une véritable flotte...

— Armée des États-Unis, veuillez vous identifier, vous êtes sur les eaux américaines.

Il répéta l’appel sans réponse et s'adressa à ses deux coéquipiers.

— Ice, Thunder ? Vous me recevez ?

# Fort et clair, Capitaine.

# affirmatif, Capitaine.

Il prit soin de fixer son masque devant lui et ajouta :

— Mettez-vous en position Alpha Delta. Ceci n’est pas un exercice. Je répète, ceci n’est pas un exercice.

Les deux pilotes obéirent et les deux avions dépassèrent celui de Dean, déviant sur chacune des ailes pour piquer vers les navires. Dean crut devenir fou lorsqu’il aperçut un missile se diriger droit sur lui. Il eut juste le temps et  le réflexe d’écarter son appareil de sa trajectoire initiale. Pourquoi une telle attaque ? Jamais, il ne se serait attendu à cela. D'où provenaient ces navires ? Et comment la NSA, la CIA ou l'Armée n'avaient-elles pas anticipé cette éventualité  ? Soudain une explosion l’arracha à ses pensées. Ce qu’il vit lui sembla irréel :  à sa droite, l’avion de son coéquipier venait d’exploser.

— Eagle 1 à la base... Eagle 1 à la base, répéta-t-il, nous sommes attaqués, je répète, nous sommes attaqués. Un avion est touché. Nous ne sommes plus que deux. Nous ne pouvons pas leur faire face. Ils sont trop nombreux...

Une alarme retentit dans le cockpit,  les missiles ennemis venaient d’allumer leurs radars. Il  fallait leurrer les ondes radars au plus vite. Un autre missile fonçait dans sa direction, laissant une traînée blanche dans les airs derrière lui. Il devait l’esquiver, couper sa trajectoire en virant du côté d’où venait le missile.  Alors il tira brusquement le manche  et se retrouva perpendiculaire à l'engin. Mais à en juger son écran radar, le missile prenait son F15 en chasse.

— Putain ! Mais c’est quoi ce délire ?!

Il s'adressa aussitôt à son coéquipier :

— Thunder ! Demi-tour, vous m'entendez ? J’ai dit demi-tour. On a des missiles aux basques.

L'appareil de son subordonné voulut décrocher pour obéir aux ordres, mais un missile le percuta dans une explosion qui le transforma en boule de feu. Il n’eut pas le temps de larguer ses leurres. Dean entendait son cœur s’affoler dans sa poitrine. Son coéquipier venait de perdre la vie sous ses yeux et il tentait d’échapper aux autres attaques. Il jeta un regard sur son radar. Pour l'instant, il devait détruire le missile à tête chercheuse qui le poursuivait. Il actionna sa manette, largua les deux tubes qui se trouvaient de chaque côté de son appareil, ce qui eut pour effet de créer un nuage de paillettes qui attira le missile. Celui-ci explosa.

Tout cela avait été si soudain, que son coéquipier n’avait pas eu le temps de réagir. Heureux d’être encore en vie, il s’éloigna rapidement de cette flotte ennemie et prit la direction de la base. Que se passait-il ? Qui osait les attaquer ?

 

*  *  *

 

New York, Manhattan, World Trade Center, tour sud, 8:10 a.m.

Une femme blonde, la trentaine, pénétra dans l’immeuble et se dirigea vers les portes d’ascenseurs comme des dizaines d’autres personnes qui venaient travailler ce matin. Dans la cabine, elle sourit à son jeune collègue, Josh Stewart, seulement âgé d’une vingtaine d’années. Ce dernier avait rejoint leur équipe de traders six mois plus tôt et ses chiffres étaient déjà excellents.

— Salut Kelli... Alors cette soirée hier, c'était comment ?

— Très mondaine, répondit Kelli, comme d’habitude. Mais très enrichissante. J’espère qu’on obtiendra les contrats. Et toi ? C’était pas hier soir ton rendez-vous avec Danielle ?

— M'en parle pas... Elle a attendu que je paye l’addition pour me dire qu’elle avait quelqu’un !

Kelli s’en amusa et sortit de la cabine avec lui.

— Quelle idée de l’amener sur la cinquième pour un premier rendez-vous !

Josh ne répondit pas pour la simple et bonne raison que Danielle arrivait en face d'eux, sa tasse de café dans les mains.

— Salut, Josh, salua-t-elle avant de regarder Kelli. Je peux te voir quand t’as un moment pour le dossier Kingstone ?

Kelli ne ferait aucune allusion quant à ce rendez-vous dont Josh lui avait parlé la semaine passée, du moins, pas devant lui. Parce qu'en plus d'être maladroit dans ses rendez-vous, Josh avait choisi d'inviter Danielle, une collègue à tous les deux. Une belle femme, certes, mais une collègue qu'ils côtoyaient toute la journée...

— Je te rejoins dans quelques minutes, lui répondit-elle.

 

*  *  *

 

New York, Manhattan, 26 Federal Plaza, siège du FBI

Il était huit heures trente quand Adam Queen entra dans son bureau. Il posa sa tasse de café noir près de l’écran d'ordinateur et s'installa dans son fauteuil avant de récupérer plusieurs dossiers. Un de ses collègues approcha et lui tendit un document.

— Bonjour Adam !  Bonne nouvelle, notre équipe détachée à Boston a retrouvé Charles Ewitt. La petite fille est en vie, elle est déjà en route pour retrouver ses parents à Providence. L'équipe scientifique passe son appartement au peigne fin, nous aurons les résultats d'analyse d'ici demain.

— Excellente nouvelle, répondit Adam satisfait. Merci, Evan, je préviendrai Claudia dès qu'elle aura atterri à JFK.

 

*  *  *

 

New York, Manhattan, World Trade Center, tour sud, 8:45 a.m.

Comme convenu, Kelli rejoignit Danielle dans son bureau et s'installa en face d’elle.

— Josh m'a dit pour hier soir, lui confia Kelli. C'est pas très sympa de lui avoir dit que tu avais quelqu'un.

— Tu me connais. J’aime bien voir la tête qu’ils font juste au dernier moment.

— Je sais, mais ne fais pas ça à Josh. C’est un bon copain, un gentil garçon et il en a déjà bavé avec les filles.

— Je ne dis pas le contraire. Mais contrairement à toi, je ne le connais pas plus que ça et je ne me voyais pas lui dire que j’avais déjà quelqu’un avant qu'on passe à table.

— Tu aurais dû, insista Kelli. Il n'aurait rien regretté !

Des tremblements soudains les arrachèrent à leur conversation, des vibrations violentes qu'elles pouvaient sentir sous leurs pieds et qui semblaient faire bouger le bâtiment tout entier. Un bruit assourdissant accompagna les secousses et Danielle se leva, apeurée.

— C’était quoi ça ? 

Elle ouvrit brusquement la porte pour voir ce qu’il se passait :

— Qu’est-ce qu’ils font dans le couloir ?!

Kelli la suivit pour trouver la source de tous ces tremblements. Mais aucun employé de maintenance ne faisait des travaux. D’autres personnes, comme elles étaient sorties des bureaux avoisinants, et chacune se posait la même question et s'inquiétait quant à l’origine de ce vacarme. Elles s’approchèrent des vitres, mais ne distinguaient rien. Alors elles  tentèrent de regarder en bas du building à plus d’une centaine de mètres en dessous. La seule chose qu'elles parvinrent à discerner fut une foule agglutinée au pied de la tour.

— Mais qu’est-ce qui se passe ? demanda Danielle, confuse.

Mais personne n'avait de réponses et tout le monde affichait une mine confuse et inquiète. Ce genre de chose ne s'était jamais produite auparavant et aucune notice de travaux n'avait circulé. Danielle et Kelli échangèrent un regard inquiet.

— Il n'y a jamais eu de tremblements de terre à New York ? demanda Kelli.

— Seulement dans les films, répondit Danielle.

Josh arriva en courant :

— Hey ! Vous avez entendu ? Il paraît qu’un étage de l’autre tour a explosé.

Cette information fut captée par d'autres personnes. Tous les regards se figèrent avant qu'un brouhaha de commentaires ne vienne rompre la stupeur de l’instant. Comment un étage de la tour nord aurait-il pu exploser ? Et surtout, quelle en était la cause ?

 

*  *  *

 

Base aérienne de Langley, Virginie, 8:55 a.m.

De retour à la base, Dean Marshall entra dans le bureau du général Peters.

— Général Peters, fit-il en le saluant.

Ce dernier l’interrompit d’un geste de la main, lui faisant signe d’écouter la radio. Ses traits reflétaient une appréhension évidente.

# nous l'ignorons Général. Le Président n’est pas encore au courant, nous ne pouvons rien affirmer. Nous n’avons aucune confirmation, mis à part un message radio envoyé d’un homme à bord d'un avion.

— Où en est la flotte ennemie ? interrogea le général Peters.

# deux de nos F16 viennent de décoller de la base.

Dean se permit d’intervenir :

— Ils vont se faire massacrer, Général. Ils sont beaucoup trop nombreux !

— Rappelez-les ! ordonna le haut gradé à son subordonné.

# à vos ordres.

Le général Peters coupa la communication et s'adressa au capitaine Marshall.

— La tour nord du World Trade Center est en flammes.

Dean eut un peu de mal à réaliser ces dernières paroles et prit un instant pour les assimiler. Son cœur s’affola lorsqu’il pensa à sa sœur dans la tour sud.

— Comment ça, en flammes ? demanda-t-il, déboussolé.

— Nous n’en savons pas plus. Le commandant Berneim vient de m’appeler pour me dire qu’une explosion avait eu lieu à 8 : 48.

Dean tentait de réfléchir sans y parvenir tant son inquiétude le paralysait. Le téléphone du général sonna et ce dernier décrocha :

— Oui ? 

# Général ! Le Norad vient de nous prévenir qu’un appel avait été effectué du Boeing 767 d'American Airlines, le vol 11. Celui-ci a décollé de l'aéroport international Logan de Boston et devait voler à destination de Los Angeles. Il n’apparaît plus sur nos écrans radars. La communication venant d’un des passagers parlait de détournement.

La mine du général s'assombrit en comprenant la signification de ces mots. Il craignait ses propres conclusions...

— Rappelez-moi dès que vous avez d’autres informations.

Il raccrocha et regarda le capitaine Marshall.

— Je dois aller à Washington. Il ne s’agit pas d’une explosion, mais d’un attentat. Un de nos avions civils a été détourné. Restez en alerte jusqu’à nouvel ordre.

— Bien, Général.

Le général quitta son bureau et Dean saisit son portable sans tarder. Les mains fébriles, il numérota.

 

*  *  *

 

New York, Manhattan, World Trade Center, tour sud, 9:00 a.m.

Kelli restait dans le couloir avec les autres employés des bureaux. D'autres rumeurs circulaient et l'inquiétude s'amplifiait.

— Ça doit être un de leurs exercices pour nous faire bouger, reprit Danielle. Ils ont simulé des tremblements pour voir nos réactions.

— J’aimerais que tu aies raison, répondit Kelli.

Elle décrocha en entendant son portable sonner. Le numéro de son frère Dean s'affichait à l'écran.

— Oui ?

# Kelli. Tu vas m’écouter très attentivement et ne pas m'interrompre. Tu prends tes affaires, tes amis et tu sors de cette tour en vitesse et sur-le-champ !

Kelli fut surprise du ton que son frère employait sans même l'avoir saluée.

— Dean… Tu sais que tu me fais peur ?

# Kelli, s'il te plaît... Ce que je vais te dire, tu ne dois pas le répéter. Surtout, ne fais rien qui puisse affoler les gens autour de toi. La tour nord du Trade a été attaquée par un avion civil. Un Boeing. Ce que je te dis est encore top secret. Mais nous supposons d’autres attaques.

Kelli sentit son cœur s’affoler sur les paroles de son frère tandis que Danielle et Josh ne la quittaient plus des yeux, attentifs.

— OK. Je… Je vais descendre… Et...

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que le sol trembla violemment. Un bruit épouvantable, plus effrayant encore que le premier, fit vaciller tout le bâtiment. Des meubles et des objets tombèrent et des cris de panique s’élevèrent dans les bureaux. À l'extérieur, des débris enflammés tombaient et s'écrasaient sur le sol. Une véritable cohue s'empara de l'étage, des bureaux. Les gens couraient dans tous les sens, affolés.

— Dean. Je... Je crois que... qu’on est touché.

# Ok... Alors, tu prends l’escalier de secours, Kelli ! Les escaliers et pas les ascenseurs, tu m'entends ?!

Kelli saisit la main de Danielle et l'entraîna vers la sortie de secours la plus proche en faisant signe aux autres de la suivre.

— Il faut partir, leur dit-elle sans hésiter.

# Kelli ! Ne regarde pas derrière toi et barre-toi de cette putain de tour !

Derrière elle, Danielle paniquait aussi, comme les autres, comme Josh à ses côtés.

— Mais qu’est-ce qui se passe Kelli ? l'interrogea-t-elle.

— Je t’expliquerai après.

Tous les trois prirent les escaliers, suivant les directives de Dean qui demeurait à l'autre bout de la ligne.

— Vous savez qu’on va se faire virer si on se barre ? rappela Josh, incertain.

— Je crois que le problème ne se posera pas si tu veux mon avis, répondit Kelli.

# surtout tu t’arrêtes pas, rappela Dean. Même si des gens te posent des questions. Ne t’arrête pas !

— Oui… J’ai compris… On descend Dean. Je te rappelle une fois en bas.

Kelli raccrocha, se hâta de descendre avec ses amis tandis que d’autres bruits, d’autres craquements, d’autres cris, résonnaient. Des gens montaient, d’autres descendaient, tous aussi paniqués les uns que les autres. En dehors de Kelli, personne ne savait exactement ce qu'il se passait. Dean ne lui avait donné que de vagues détails, suffisants pour lui faire comprendre que leurs vies étaient en danger. À présent, elle devait se frayer un chemin à travers les escaliers en sachant qu'il leur restait encore une dizaine d'étages à descendre.

A suivre....

 

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Créé le 19 mars 2015
(Extraits romans gays)

Résumé : Seul, avec pour seul bagage un sac de sport et sa passion pour le Mixed Martial Arts, un sport de combat réputé aux Etats-Unis, Enzo Cortese rejoint Las Vegas avec une seule idée en tête : entrer dans la cage pour se battre. A son arrivée, il pousse la porte d'une salle d'entraînement modeste et familiale où il découvrira bien vite que la cage où se rencontrent les combattants n'est plus le seul objectif de sa vie. Entre exercices intenses, efforts démesurés et redoutables face à face, Enzo devra tester ses propres limites, affronter des passions enfouies qui n'ont pas leur place dans un sport masculin et viril pour répondre à son attirance pour Chris, le fils de son entraîneur.

 

Extrait N°1 

Le bâtiment se dressait telle une barricade avant l’immensité du désert sablonneux, à la limite de la ville plantée au beau milieu de nulle part dans le Nevada. Placardées sur la taule, au-dessus d’une porte d’entrée aussi accueillante que celle d’une prison, de grandes lettres salies par le climat et le temps appelaient les personnes en manque d’exercice et disaient : « BOXING, MMA, GYM ». Le vent chaud soufflait quelques bourrasques de sable, amenant les bruits incessants du centre-ville à quelques pâtés de maisons de là.

Las Vegas, la ville du péché par excellence, où tous les vices se retrouvaient confinés dans un seul périmètre de 340 km carrés seulement. Enzo Cortese ne s’y trouvait pas pour les casinos, l’appât du gain ou les boîtes de strip-tease, mais parce qu'il n’avait nul autre endroit où poser son unique sac. Las Vegas l’avait attiré comme une bouteille de whisky placée devant les yeux d’un alcoolique. Poser le pied sur le territoire américain et ne pas rejoindre Las Vegas lui avait été inenvisageable. Ses poches vides ne devaient contenir que trois ou quatre billets de dix pas plus et ils étaient tout ce qu'il lui restait pour vivre. Le ticket de bus qui l’avait amené de New York jusqu’ici avait eu raison de ses maigres économies, mais il se trouvait là, devant la porte du bâtiment et c’était tout ce qui comptait pour l’instant. Les yeux plissés sous le vent chaud vicié de sable, il inspecta le quartier autour de lui, moins attrayant que le Strip, oppressé par la température torride du désert environnant. En quelques pas, il rejoignit la porte et la poussa sans plus hésiter une seconde. Un souffle frais, climatisé, lui fouetta le visage avant de respirer un air alourdi par des odeurs de transpiration, de poussière et de plastique humidifié par les efforts. Des senteurs familières qui le renvoyèrent à des milliers de kilomètres de là. La porte se referma d'elle-même après son passage, repoussant la lumière intense du soleil du Nevada. À l’intérieur de la grande salle, la pénombre gardait la fraîcheur avec elle, blottie entre ses murs et ses poutrelles de taule. En son centre, un ring se dressait, délimité par trois cordes, sur lequel se battaient deux hommes. Autour, des machines de musculations, des tapis, des sacs, des poires, des bancs occupaient les trois quarts des lieux. D’autres hommes s’y entraînaient, concentrés dans leurs exercices. Il croisa très vite leurs regards curieux, intrigués par le fait de voir un inconnu chez eux. Son sac de sport pendu à l’épaule, il fit quelques pas en direction de ce qui semblait être un bureau d’accueil ou d’inscription. Un vieux store aux lames plastifiées tombait devant une vitre opaque, rendue floue par la poussière des lieux. Arrivé sur le seuil de la porte ouverte, il frappa malgré tout et posa les yeux sur un jeune homme aux cheveux blonds qui n’avait pas loin de vingt-cinq ou vingt-six ans, à peine plus jeune que lui. Il fut surpris par sa silhouette mince et élancée, en totale contradiction avec les types qui fréquentaient ce genre d'endroit.

— Bonjour, fit-il après une brève pause, j’aimerais voir le gérant…

Cet homme devant lui ne pouvait être le gérant de cette salle d’entraînement, il lui semblait trop jeune pour gérer des boxeurs. D'ailleurs, son allure d'étudiant contrastait avec l’ambiance des lieux. Enzo croisa ses yeux bleus et clairs avant de l’entendre lui répondre :

— Il est dans la salle.

Son interlocuteur contourna le bureau et approcha d'Enzo avant de passer devant lui pour l’accompagner.

— Suivez-moi, ajouta-t-il.

Enzo s’exécuta après avoir détaillé son guide. Il l’entendit interpeller un homme trapu d’une quarantaine d’années bien pesées.

— Papa ? Quelqu’un voudrait te voir.

L’homme se tourna vers son fils et posa ses yeux sur Enzo qu’il dévisagea de la tête aux pieds. En plein entraînement avec un des membres de sa salle, il parut agacé et peu enclin à de longues présentations détaillées.

— Bonjour, l’accueillit-il pourtant, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

Enzo avait déjà croisé ce genre d’hommes, passionné par leur travail, endurci par l’atmosphère du « milieu », l’intensité de certaines journées. Ses cheveux grisonnants sur le côté témoignaient d’une expérience indéniable autant que ses muscles tendus sous son polo.

— J’aimerais m’entraîner, répondit-il sans détour.

Le regard du gérant se teinta d’une lueur incrédule et peu réceptive tandis qu’il parcourait la silhouette d'Enzo. À vue d'œil, ce dernier ne devait pas avoir plus de vingt ans et, en dehors de sa taille, il ne semblait pas avoir la carrure des hommes qu'il entraînait ici.

— Vous entraîner à quoi faire ? demanda-t-il d’un ton peu chaleureux.

Une main posée sur la boucle de son sac, Enzo ne fut nullement impressionné par l’expression défiante et désapprobatrice de cet homme.

— Au combat… J’ai lu que vous faisiez aussi du Mixed-Martial-Arts.

— Je n’entraîne pas les gamins…

Enzo ne sut comment prendre cette réplique et se défendit aussitôt :

— Je suis majeur, je sais me battre, laissez-moi vous montrer ce que je sais faire !

Autour d’eux, certains membres avaient arrêté leurs exercices pour se concentrer sur la conversation entre lui et l’entraîneur, curieux de savoir ce que ce garçon avait à offrir à cette salle. Le gérant passa une main sur sa barbe naissante sans quitter Enzo du regard. Il le posa sur l'un de ses gars qui se tenaient sur le ring et l'interpella :

— Harris, descends, je te prie…

L’individu ne tarda pas à quitter le ring et le gérant reprit à l’attention d'Enzo :

— Si tu y tiens, vas-y !

Enzo comprit qu’il s’agissait d’un défi, d’une provocation destinée à le décourager, à lui prouver qu'il n’avait pas sa place dans cette salle en raison de son jeune âge. Et c’était justement la chose à ne pas faire avec lui. La jeunesse signifiait souvent manque d'expérience ou d'entraînement, mais il comptait bien montrer à cet homme de quoi il était capable. Il laissa son sac tomber sur le sol, attrapa son pull par la capuche pour l’ôter et se pencha sur son sac. À l’intérieur, il trouva ses gants de frappe, ne couvrant seulement que la moitié des doigts, et les enfila. Sans hésiter, il grimpa sur le ring en passant sous la corde et fit face à l’homme torse-nu qui s’était battu avec l’autre jusqu’à maintenant. Celui-ci sembla incertain quant à la décision de l’entraîneur et lui lança un regard confus avant de recueillir son approbation. Enzo ramena ses mains l’une contre l’autre, cala ses gants bien au fond jusqu’à la jointure de ses doigts et se mit en position.

— Vas-y, Mike, annonça le gérant.

L’homme devant Enzo n’hésita qu’une malheureuse seconde avant de débuter son attaque. Il tenta un crochet du droit, mais Enzo l’évita en sautillant sur lui-même. Son bras gauche partit en direction du visage de l’homme qui le para, mais distrait, il ne vit pas le poing droit du gamin arriver à pleine puissance. Sa joue fut écrasée sous l’impact et son visage se détourna. Il recula de deux pas, pris par surprise. Vexé, Mike redoubla d’intensité dans ses mouvements et reprit l’attaque en avançant vers son adversaire. De nouveau, Enzo esquiva, para le deuxième coup, puis le troisième avant de reculer, prendre de l’élan et décocher un coup de pied circulaire qui toucha sa cible à hauteur de cuisse. La béquille douloureuse força l’homme à s’écarter un peu, chancelant. Enzo demeura concentré, les poings rapprochés devant le menton. Cette fois, il prit l'avantage et attaqua son adversaire en déchaînant deux premiers coups à faible puissance, puis un second coup de pied suivi finalement d’un direct du droit en plein visage.

Le fils du gérant ne l’avait pas quitté des yeux, de l’instant où l’inconnu s’était adressé à son père, au moment où il avait débuté le combat. Son regard avait d’abord paru inquiet avant de refléter tout son étonnement. D’autres membres du club s’étaient approchés ou avaient simplement arrêté leurs exercices pour regarder ce qui se passait. 

Extrait N°2

— Ça fait combien de temps ? lui demanda-t-il, curieux. Je veux dire… Que tu t’entraînes comme ça ?

Enzo s’était perdu dans ses pensées en regardant le paysage défiler de l’autre côté de la vitre. Dans la voiture, les parfums de Chris devenaient permanents et envahissaient ses narines. Ils l’enivraient presque. Il tourna les yeux sur lui, prit le temps de comprendre sa question et répondit :

— Depuis tout petit… Depuis toujours, en fait.

Et c’était vrai. Il ne comptait plus les années d’apprentissage, de coups donnés dans les sacs, de gants usés jusqu’à la corde, de protège-dents changés. Son équipement faisait partie de lui, bougeait avec lui et ne le quittait jamais, comme l’arme d’un inspecteur de police chevronné. Le silence retomba dans la voiture jusqu’à ce que Chris la gare sur le parking du motel.

— Ma chambre est juste là, ajouta Enzo en montrant une des portes alignées le long du parking. C’est la 403.

Tous les deux quittèrent le véhicule avec leur sac et Enzo passa devant pour déverrouiller la porte et allumer la pièce. Il s’écarta avant de reprendre :

— Après toi.

Une fois Chris entré, Enzo referma derrière eux et posa son sac le long du mur près du lit. Les lieux ne comportaient pas de meubles luxueux, juste assez de commodités pour y vivre et dormir. Le lit faisait face à la télévision posée sur son meuble et la salle de bains se trouvait sur la gauche en entrant. Enzo l’indiqua à Chris sans tarder :

— Tu peux y aller en premier si tu veux.

Chris le regarda un instant et le vit ôter son pull sous lequel Enzo était torse nu. Son regard fut captivé par les muscles de son dos, les courbes de ses abdominaux parfaitement dessinés. Il se trouva presque hypnotisé par le corps d'Enzo. Celui-ci n’avait rien d'un body-builder trop gonflé que Chris n'appréciait pas. Mais Enzo dégageait une puissance impressionnante sûrement accentuée par sa taille. Sous ses vêtements, il avait l'allure de ce gamin venu d'ailleurs et si tôt son torse dévoilé, il devenait ce que Chris avait vu sur le ring le jour de son arrivée. Enzo possédait ce petit quelque chose de rassurant que Chris n’avait jamais noté chez un autre homme. Quand son regard noisette remonta dans le sien et qu'il réalisa être pris en flagrant délit d’observation, il se ressaisit et ramena son sac sur l’épaule :

— J’y vais…

Il s’enfuit littéralement dans la salle de bains dans laquelle il s’enferma. La trousse de toilette d'Enzo était posée sur la table près du lavabo et des parfums sucrés de noix de coco planaient autour de lui. Chris se déshabilla et se glissa dans la cabine de douche. L'eau fraîche mettrait sûrement de l'ordre dans ses idées déplacées.

De l’autre côté, Enzo était resté immobile après la fuite de Chris dans la salle de bains. Il n’avait pas rêvé : il avait surpris son regard sur lui, parcourir son torse. Pourtant, Chris n’avait rien d’un homme attiré par les hommes, d’un gay en d’autres termes. Il n'était pas expert en la matière, mais rien ne laissait supposer dans l'allure de Chris que celui-ci appréciait la compagnie d'autres hommes. Alors, il repensa à leur bref tête-à-tête dans les vestiaires, à l'embarras qu'il avait lu sur les traits de Chris pendant leur discussion. Enzo demeurait intrigué plutôt que d'être choqué. Chris était un bel homme, possédait tous les atouts pour se démarquer et même quelques côtés très attirants qui n'avaient pas échappé à Enzo. Celui-ci mit ses affaires sales dans une poche et s’assit au bout du lit avant d’allumer la télévision pour patienter. Depuis la chambre, il entendait l’eau couler dans la salle de bains et son esprit s’égara dans son imagination fertile. 

A suivre dans la version intégrale

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