extrait livre gay

Créé le 19 mars 2015
(Extraits romans gays)

Enzo MxM Site Résumé : Seul, avec pour seul bagage un sac de sport et sa passion pour le Mixed Martial Arts, un sport de combat réputé aux Etats-Unis, Enzo Cortese rejoint Las Vegas avec une seule idée en tête : entrer dans la cage pour se battre. A son arrivée, il pousse la porte d'une salle d'entraînement modeste et familiale où il découvrira bien vite que la cage où se rencontrent les combattants n'est plus le seul objectif de sa vie. Entre exercices intenses, efforts démesurés et redoutables face à face, Enzo devra tester ses propres limites, affronter des passions enfouies qui n'ont pas leur place dans un sport masculin et viril pour répondre à son attirance pour Chris, le fils de son entraîneur.

 

Extrait N°1 

Le bâtiment se dressait telle une barricade avant l’immensité du désert sablonneux, à la limite de la ville plantée au beau milieu de nulle part dans le Nevada. Placardées sur la taule, au-dessus d’une porte d’entrée aussi accueillante que celle d’une prison, de grandes lettres salies par le climat et le temps appelaient les personnes en manque d’exercice et disaient : « BOXING, MMA, GYM ». Le vent chaud soufflait quelques bourrasques de sable, amenant les bruits incessants du centre-ville à quelques pâtés de maisons de là.

Las Vegas, la ville du péché par excellence, où tous les vices se retrouvaient confinés dans un seul périmètre de 340 km carrés seulement. Enzo Cortese ne s’y trouvait pas pour les casinos, l’appât du gain ou les boîtes de strip-tease, mais parce qu'il n’avait nul autre endroit où poser son unique sac. Las Vegas l’avait attiré comme une bouteille de whisky placée devant les yeux d’un alcoolique. Poser le pied sur le territoire américain et ne pas rejoindre Las Vegas lui avait été inenvisageable. Ses poches vides ne devaient contenir que trois ou quatre billets de dix pas plus et ils étaient tout ce qu'il lui restait pour vivre. Le ticket de bus qui l’avait amené de New York jusqu’ici avait eu raison de ses maigres économies, mais il se trouvait là, devant la porte du bâtiment et c’était tout ce qui comptait pour l’instant. Les yeux plissés sous le vent chaud vicié de sable, il inspecta le quartier autour de lui, moins attrayant que le Strip, oppressé par la température torride du désert environnant. En quelques pas, il rejoignit la porte et la poussa sans plus hésiter une seconde. Un souffle frais, climatisé, lui fouetta le visage avant de respirer un air alourdi par des odeurs de transpiration, de poussière et de plastique humidifié par les efforts. Des senteurs familières qui le renvoyèrent à des milliers de kilomètres de là. La porte se referma d'elle-même après son passage, repoussant la lumière intense du soleil du Nevada. À l’intérieur de la grande salle, la pénombre gardait la fraîcheur avec elle, blottie entre ses murs et ses poutrelles de taule. En son centre, un ring se dressait, délimité par trois cordes, sur lequel se battaient deux hommes. Autour, des machines de musculations, des tapis, des sacs, des poires, des bancs occupaient les trois quarts des lieux. D’autres hommes s’y entraînaient, concentrés dans leurs exercices. Il croisa très vite leurs regards curieux, intrigués par le fait de voir un inconnu chez eux. Son sac de sport pendu à l’épaule, il fit quelques pas en direction de ce qui semblait être un bureau d’accueil ou d’inscription. Un vieux store aux lames plastifiées tombait devant une vitre opaque, rendue floue par la poussière des lieux. Arrivé sur le seuil de la porte ouverte, il frappa malgré tout et posa les yeux sur un jeune homme aux cheveux blonds qui n’avait pas loin de vingt-cinq ou vingt-six ans, à peine plus jeune que lui. Il fut surpris par sa silhouette mince et élancée, en totale contradiction avec les types qui fréquentaient ce genre d'endroit.

— Bonjour, fit-il après une brève pause, j’aimerais voir le gérant…

Cet homme devant lui ne pouvait être le gérant de cette salle d’entraînement, il lui semblait trop jeune pour gérer des boxeurs. D'ailleurs, son allure d'étudiant contrastait avec l’ambiance des lieux. Enzo croisa ses yeux bleus et clairs avant de l’entendre lui répondre :

— Il est dans la salle.

Son interlocuteur contourna le bureau et approcha d'Enzo avant de passer devant lui pour l’accompagner.

— Suivez-moi, ajouta-t-il.

Enzo s’exécuta après avoir détaillé son guide. Il l’entendit interpeller un homme trapu d’une quarantaine d’années bien pesées.

— Papa ? Quelqu’un voudrait te voir.

L’homme se tourna vers son fils et posa ses yeux sur Enzo qu’il dévisagea de la tête aux pieds. En plein entraînement avec un des membres de sa salle, il parut agacé et peu enclin à de longues présentations détaillées.

— Bonjour, l’accueillit-il pourtant, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

Enzo avait déjà croisé ce genre d’hommes, passionné par leur travail, endurci par l’atmosphère du « milieu », l’intensité de certaines journées. Ses cheveux grisonnants sur le côté témoignaient d’une expérience indéniable autant que ses muscles tendus sous son polo.

— J’aimerais m’entraîner, répondit-il sans détour.

Le regard du gérant se teinta d’une lueur incrédule et peu réceptive tandis qu’il parcourait la silhouette d'Enzo. À vue d'œil, ce dernier ne devait pas avoir plus de vingt ans et, en dehors de sa taille, il ne semblait pas avoir la carrure des hommes qu'il entraînait ici.

— Vous entraîner à quoi faire ? demanda-t-il d’un ton peu chaleureux.

Une main posée sur la boucle de son sac, Enzo ne fut nullement impressionné par l’expression défiante et désapprobatrice de cet homme.

— Au combat… J’ai lu que vous faisiez aussi du Mixed-Martial-Arts.

— Je n’entraîne pas les gamins…

Enzo ne sut comment prendre cette réplique et se défendit aussitôt :

— Je suis majeur, je sais me battre, laissez-moi vous montrer ce que je sais faire !

Autour d’eux, certains membres avaient arrêté leurs exercices pour se concentrer sur la conversation entre lui et l’entraîneur, curieux de savoir ce que ce garçon avait à offrir à cette salle. Le gérant passa une main sur sa barbe naissante sans quitter Enzo du regard. Il le posa sur l'un de ses gars qui se tenaient sur le ring et l'interpella :

— Harris, descends, je te prie…

L’individu ne tarda pas à quitter le ring et le gérant reprit à l’attention d'Enzo :

— Si tu y tiens, vas-y !

Enzo comprit qu’il s’agissait d’un défi, d’une provocation destinée à le décourager, à lui prouver qu'il n’avait pas sa place dans cette salle en raison de son jeune âge. Et c’était justement la chose à ne pas faire avec lui. La jeunesse signifiait souvent manque d'expérience ou d'entraînement, mais il comptait bien montrer à cet homme de quoi il était capable. Il laissa son sac tomber sur le sol, attrapa son pull par la capuche pour l’ôter et se pencha sur son sac. À l’intérieur, il trouva ses gants de frappe, ne couvrant seulement que la moitié des doigts, et les enfila. Sans hésiter, il grimpa sur le ring en passant sous la corde et fit face à l’homme torse-nu qui s’était battu avec l’autre jusqu’à maintenant. Celui-ci sembla incertain quant à la décision de l’entraîneur et lui lança un regard confus avant de recueillir son approbation. Enzo ramena ses mains l’une contre l’autre, cala ses gants bien au fond jusqu’à la jointure de ses doigts et se mit en position.

— Vas-y, Mike, annonça le gérant.

L’homme devant Enzo n’hésita qu’une malheureuse seconde avant de débuter son attaque. Il tenta un crochet du droit, mais Enzo l’évita en sautillant sur lui-même. Son bras gauche partit en direction du visage de l’homme qui le para, mais distrait, il ne vit pas le poing droit du gamin arriver à pleine puissance. Sa joue fut écrasée sous l’impact et son visage se détourna. Il recula de deux pas, pris par surprise. Vexé, Mike redoubla d’intensité dans ses mouvements et reprit l’attaque en avançant vers son adversaire. De nouveau, Enzo esquiva, para le deuxième coup, puis le troisième avant de reculer, prendre de l’élan et décocher un coup de pied circulaire qui toucha sa cible à hauteur de cuisse. La béquille douloureuse força l’homme à s’écarter un peu, chancelant. Enzo demeura concentré, les poings rapprochés devant le menton. Cette fois, il prit l'avantage et attaqua son adversaire en déchaînant deux premiers coups à faible puissance, puis un second coup de pied suivi finalement d’un direct du droit en plein visage.

Le fils du gérant ne l’avait pas quitté des yeux, de l’instant où l’inconnu s’était adressé à son père, au moment où il avait débuté le combat. Son regard avait d’abord paru inquiet avant de refléter tout son étonnement. D’autres membres du club s’étaient approchés ou avaient simplement arrêté leurs exercices pour regarder ce qui se passait. 

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Extrait N°2

— Ça fait combien de temps ? lui demanda-t-il, curieux. Je veux dire… Que tu t’entraînes comme ça ?

Enzo s’était perdu dans ses pensées en regardant le paysage défiler de l’autre côté de la vitre. Dans la voiture, les parfums de Chris devenaient permanents et envahissaient ses narines. Ils l’enivraient presque. Il tourna les yeux sur lui, prit le temps de comprendre sa question et répondit :

— Depuis tout petit… Depuis toujours, en fait.

Et c’était vrai. Il ne comptait plus les années d’apprentissage, de coups donnés dans les sacs, de gants usés jusqu’à la corde, de protège-dents changés. Son équipement faisait partie de lui, bougeait avec lui et ne le quittait jamais, comme l’arme d’un inspecteur de police chevronné. Le silence retomba dans la voiture jusqu’à ce que Chris la gare sur le parking du motel.

— Ma chambre est juste là, ajouta Enzo en montrant une des portes alignées le long du parking. C’est la 403.

Tous les deux quittèrent le véhicule avec leur sac et Enzo passa devant pour déverrouiller la porte et allumer la pièce. Il s’écarta avant de reprendre :

— Après toi.

Une fois Chris entré, Enzo referma derrière eux et posa son sac le long du mur près du lit. Les lieux ne comportaient pas de meubles luxueux, juste assez de commodités pour y vivre et dormir. Le lit faisait face à la télévision posée sur son meuble et la salle de bains se trouvait sur la gauche en entrant. Enzo l’indiqua à Chris sans tarder :

— Tu peux y aller en premier si tu veux.

Chris le regarda un instant et le vit ôter son pull sous lequel Enzo était torse nu. Son regard fut captivé par les muscles de son dos, les courbes de ses abdominaux parfaitement dessinés. Il se trouva presque hypnotisé par le corps d'Enzo. Celui-ci n’avait rien d'un body-builder trop gonflé que Chris n'appréciait pas. Mais Enzo dégageait une puissance impressionnante sûrement accentuée par sa taille. Sous ses vêtements, il avait l'allure de ce gamin venu d'ailleurs et si tôt son torse dévoilé, il devenait ce que Chris avait vu sur le ring le jour de son arrivée. Enzo possédait ce petit quelque chose de rassurant que Chris n’avait jamais noté chez un autre homme. Quand son regard noisette remonta dans le sien et qu'il réalisa être pris en flagrant délit d’observation, il se ressaisit et ramena son sac sur l’épaule :

— J’y vais…

Il s’enfuit littéralement dans la salle de bains dans laquelle il s’enferma. La trousse de toilette d'Enzo était posée sur la table près du lavabo et des parfums sucrés de noix de coco planaient autour de lui. Chris se déshabilla et se glissa dans la cabine de douche. L'eau fraîche mettrait sûrement de l'ordre dans ses idées déplacées.

De l’autre côté, Enzo était resté immobile après la fuite de Chris dans la salle de bains. Il n’avait pas rêvé : il avait surpris son regard sur lui, parcourir son torse. Pourtant, Chris n’avait rien d’un homme attiré par les hommes, d’un gay en d’autres termes. Il n'était pas expert en la matière, mais rien ne laissait supposer dans l'allure de Chris que celui-ci appréciait la compagnie d'autres hommes. Alors, il repensa à leur bref tête-à-tête dans les vestiaires, à l'embarras qu'il avait lu sur les traits de Chris pendant leur discussion. Enzo demeurait intrigué plutôt que d'être choqué. Chris était un bel homme, possédait tous les atouts pour se démarquer et même quelques côtés très attirants qui n'avaient pas échappé à Enzo. Celui-ci mit ses affaires sales dans une poche et s’assit au bout du lit avant d’allumer la télévision pour patienter. Depuis la chambre, il entendait l’eau couler dans la salle de bains et son esprit s’égara dans son imagination fertile. 

A suivre dans la version intégrale

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(Extraits romans gays)

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Résumé : Oliver Nollan, 23 ans, part en Amérique du sud pour surfer le versant nord de l’Aconcagua avec plusieurs de ses amis. Les vacances prennent fin et il se retrouve à bord du vol 571 en direction de Los Angeles. Ce qu'il ignore, c'est que dans les prochaines minutes qui suivront le décollage, le pilote va perdre le contrôle de l'appareil en survolant la Cordillère des Andes. Lui et huit autres passagers survivront au crash à plus de six mille mètres d'altitude, espérant l'arrivée des secours qui ne viendront jamais. Ils réaliseront qu'ils ne pourront compter que sur eux-mêmes pour sortir vivant de ce piège de glace.

 

Jour 1

Aéroport de Santiago.

— Le vol 571 en direction de Los Angeles. Embarquement immédiat porte D.

En entendant l'annonce résonner dans la salle d'embarquement, Colin Queen rangea son magazine dans sa mallette et se redressa en prenant son bagage à main. Il jeta un rapide coup d’œil sur son portable et l’éteignit avant de se diriger vers une jeune hôtesse. Celle-ci lui prit son billet, vérifia son passeport et lui fit un grand sourire avant de le lui rendre.

— Merci monsieur, et bon voyage sur United Airlines.

Une fois installé à bord de l’avion, à la place 45E, Colin Queen attacha sa ceinture puis lança un coup d’œil sur les autres passagers. Quelqu'un s'assit près de lui et le salua avec un léger accent espagnol.

— Bonjour.

Colin esquissa un léger sourire à la femme qui prenait place sur le siège voisin et tourna les yeux vers le hublot. Il voulait s’imprégner une dernière fois des paysages du Chili. Il n’était resté que trois jours et il lui tardait déjà de rentrer chez lui et de retrouver le luxe et le confort de sa maison. Après de longues minutes, il sentit les moteurs de l’avion se mettre en route. L’appareil roula en direction de la piste de décollage.

— Mesdames, messieurs, bonjour, je suis le commandant Foreman. Bienvenue sur le vol United Airlines 571 en direction de Los Angeles. Le vol durera sept heures et notre équipage se tiendra à votre disposition pour vous apporter des collations. Pendant le décollage, nous vous prions de rester assis et d’attacher vos ceintures. Merci d’avoir choisi notre compagnie et bon vol.

Colin soupira, déjà fatigué à l’idée de devoir passer les sept prochaines heures enfermé dans cet avion. Il sortit néanmoins une revue économique, et la posa sur ses genoux, bien décidé à faire passer le temps.

 

*  *  *

 

Plus loin, dans les rangées, près du hublot, Oliver Nollan soupirait lui aussi. Il allait passer tout ce temps coincé dans cet appareil près d’un homme qu’il détaillait du coin de l’œil. Déjà, il regrettait de ne pas avoir pu rester avec ses amis pour le reste des vacances. Ses yeux se tournèrent vers l’extérieur pour voir l’asphalte défiler plus rapidement. Son avion s’apprêtait à quitter le sol du Chili.

Quelques secondes après le décollage, il put détailler les montagnes au loin, déjà amer et nostalgique. Toute cette neige, ce grand air, ces plaines de verdure formaient un paysage à mille lieues de celui de Los Angeles. Il détourna les yeux tandis que l’ennui le guettait déjà. Balayant du regard l’avant et l’arrière de l’avion, il s’aperçut qu’ils n’étaient pas nombreux dans l'appareil ; cinquante personnes tout au plus, et il avait fallu qu’il se retrouve à côté d’un homme en costume cravate qui ne serait certainement pas très agréable.

 

*  *  *

 

Après que l’avion eut pris sa vitesse de croisière, vers l’avant de l’appareil, Kate Mitchell sortit plusieurs magazines de son sac. Elle baissa la tablette devant sa fille et lui tendit ses crayons.

— Tu restes là ma puce, je reviens.

— Oui maman. 

Elle lui sourit en caressant ses cheveux bruns et se leva afin de marcher entre les rangées. Elle vit un ballon de football tomber à ses pieds et le ramassa avant de le rendre aux deux jeunes hommes qui venaient de se redresser.

— Tenez !

— Merci madame ! répondit l’un d'eux, un sourire charmeur aux lèvres.

Kate lui renvoya son sourire et continua d'avancer afin de rejoindre les toilettes. Dans son dos, un des deux garçons penchait la tête pour la suivre des yeux. Il commenta à son ami :

— Putain ! Ça, c’est mon style de nana !

Son copain lui prit le ballon des mains et se réinstalla dans son siège avant de répondre :

— Je préfère celle qui est deux rangées derrière !

 

*  *  *

 

Ses lunettes sur le nez, Danielle restait concentrée sur son livre. Elle ne prêtait pas la moindre attention à ce qu’il se passait autour d'elle. Il ne lui tardait qu’une chose : arriver à Los Angeles. Elle était venue voir l'un de ses amis qui tenait un haras, et avait voulu s’aérer l’esprit à la suite d’une rupture sentimentale. Elle fut interrompue par un jeune homme qui s'arrêta à sa hauteur :

— Excusez moi ? Je peux m’asseoir ?

Sur le silence de Danielle, il se permit de reprendre:

— J’aurais bien trouvé une excuse bidon du genre que la personne assise à côté de moi prend trop de place, mais je veux pas faire le lourd.

Danielle avait levé ses yeux pour détailler un instant son interlocuteur. Elle finit par lui sourire :

— Vous pouvez… Mais à vos risques et périls, je suis pas du genre bavarde.

Il s'assit, ravi, et lui tendit la main.

— Je ferai la conversation pour deux. Je suis Josh. Enchanté.

— Danielle.

Josh la détailla et se remit correctement sur son siège.

— Alors ? Tenta-t-il. Vous veniez faire quoi au Chili ?

Il hésita et rajouta :

— On peut se dire « tu » ? Parce que j’ai assez donné dans les politesses depuis que je suis là !

Amusée, Danielle tourna une page de son livre et leva les yeux sur lui.

— Ça vous arrive souvent de passer d’une question à une autre comme ça ?

— Je suis du genre pas très clair dans ma tête.

Il réalisa soudain le double sens de sa réponse.

— Enfin non ! Pas du genre psychopathe, non parce que…

Il leva les sourcils et força un sourire, sans réponse à donner.

— Je me perds là!

Danielle sourit davantage, amusée par l'emportement et le caractère plus timide de ce jeune homme qui, elle devait l’admettre, était inhabituel. Lui de son côté, en profita pour la détailler un peu plus.

— Et… Tu veux boire un truc ? reprit-il. Je vais aller voir les hôtesses.

— Tu veux que je réponde à quelle question en premier ? renvoya Danielle.

— La dernière, je vais chercher à boire et tu répondras aux autres après.

—  Oui… Va te rafraîchir un peu.

Josh lui sourit en se levant et une annonce résonna:

— Mesdames, messieurs, nous allons traverser une zone de perturbations. Veuillez regagner vos sièges s’il vous plaît, merci.

Josh se rassit, un peu dépité, et fixa Danielle.

— La fraîcheur attendra !

Danielle garda ses yeux sur son livre, tourna une page et lui répondit sans le regarder :

— Tu as le temps de souffler comme ça.

Josh afficha un air incertain et leva les sourcils. Il prit quelques secondes pour assimiler sa réplique.

— Souffler ?

L’incompréhension du jeune homme fit sourire Danielle. Elle releva son regard sur lui :

— Te calmer, expliqua-t-elle... On dirait que t’es monté sur du deux cent vingt volts là, donc tu peux souffler. Détends-toi.

Josh baissa les yeux en secouant la tête. Visiblement, cette fille le rendait nerveux.

— Ouais, me détendre, c’est ça le problème ! Tu sais ? Ce truc que vous avez les filles à mettre toujours les garçons mal à l’aise. On sait plus quoi faire !

Danielle sourit et plissa les yeux. Elle prit une expression plus secrète et se pencha un peu sur lui.

— Tu veux savoir quelque chose ?

Josh se tendit sur cette proximité et referma ses doigts à l’accoudoir. Il avait ce besoin soudain de se tenir à quelque chose suite aux frissons provoqués par le parfum de Danielle.

— Ouais.

— Au début, les premières semaines, c’est nous qui vous mettons mal à l’aise… Puis, le temps passe, les mois, les années… Les aises se prennent et à la fin, c’est nous que vous mettez mal à l’aise.

Elle se recula dans son siège et ajouta d'un signe de la main.

— Dans un sens très désagréable qui nous oblige à quitter le pays pour ne pas faire de dépression.

Josh leva les sourcils en essayant de comprendre cette longue tirade. Le ton de cette jeune femme avait sonné très accusateur et son malaise ne le quittait plus. L’avion commença à s’agiter sous les turbulences annoncées, mais il ne la quitta pas des yeux.

— Je sais pas trop.

Dieu savait que Danielle ne parlait pas pour ne rien dire. Elle était la mieux placée pour aborder ce type de sujet depuis sa rupture avec son compagnon. Une rupture qui l’avait poussée à quitter les États-Unis pour plusieurs semaines. Mais elle avait compris : elle avait fait le bilan de trois ans de vie commune et rentrait chez elle en pleine forme. Elle reporta son regard sur le livre.

— Tu sais quoi ? Laisse tomber, Joey…

— Josh… Je m’appelle Josh ! corrigea le concerné.

Il préféra ne rien ajouter en voyant qu’il la dérangeait.

*  *  *

 

— Mesdames, messieurs, nous allons de nouveau entrer dans une zone de turbulences. Merci de rester assis, vos ceintures attachées.

Colin soupira d’agacement et continua de tourner les pages de son livre. Il détestait les avions, surtout quand le ciel était nuageux ou perturbé par les intempéries.

Une heure passa, puis deux.

Tandis qu’il mangeait son sandwich, il tourna son regard vers le hublot. Le ciel était dégagé. Les nuances entre le bleu azur du ciel et le manteau blanc des montagnes enneigées étaient éblouissantes. Le chariot de ravitaillement s'arrêta à son niveau.

— Vous désirez prendre un thé, un café, un chocolat ?

Colin regarda l’hôtesse puis l’homme assis à ses côtés qui lui faisait un léger signe de tête.

— Allez-y, je vous en prie, lui fit-il poliment.

— Ce sera un thé, s’il vous plaît.

Dès que l'hôtesse se tourna vers son chariot pour récupérer une tasse, une légère secousse se fit ressentir. Colin fronça les sourcils, inquiet. Ces perturbations depuis le décollage ne le rassuraient pas, d'autant qu'il n'était jamais vraiment à l'aise en avion. Il prit son gobelet, mais n’eut pas le temps de l’amener à ses lèvres qu’une autre secousse, plus violente, secoua l’appareil. Le liquide chaud se renversa sur ses cuisses, lui brûla la peau à travers le tissu de son pantalon. Son regard fut attiré par le hublot où il put voir le sommet des montagnes se rapprocher dangereusement. L'instant suivant, l’appareil se retrouva brutalement secoué. Des cris retentirent dans la cabine. Des masques à oxygène tombèrent du plafonnier devant les passagers. Une autre secousse se fit ressentir, puis une autre plus violente. Les mains agrippées aux accoudoirs, le regard rivé sur le hublot, Colin fut saisi d'effroi en voyant l'aile arrachée. Des sacs et des valises s’écroulèrent sur le sol, relâchés par les soutes ouvertes à cause des turbulences. Les lumières de l’appareil clignotèrent, court-circuitées. Pris de panique et tétanisé par la peur, Colin se recroquevilla sur son siège, le visage baissé, les paupières fermées.

Tout se passa vite, trop vite, trop brutalement. Entre deux secousses, au milieu des cris affolés des passagers, un long craquement se fit entendre au niveau de la queue de l’avion. Alors le froid s'engouffra dans l'appareil. Avec la vitesse, le vide aspira les sièges, les passagers, les valises et tout ce qui se trouvait à sa portée. Le froid pénétra l’appareil et Colin reçut de la neige en plein visage, lui glaçant le sang. Il tourna la tête vers l’homme à ses côtés. Il le savait, l’avion allait s’écraser. Il mourrait dans les prochaines secondes. De l'immense trou béant à la place de la queue derrière lui, une force le tira, l’aspira. Seule sa ceinture le maintenait encore dans son siège. D’autres cris retentissaient, d’autres bruits de fracas résonnaient. Il n'entendait plus le moteur à présent. Le sifflement venait-il du vent ? De la vitesse ? L’appareil glissait-il sur l’air ? Était-il déjà mort ? Il eut le malheur de tourner le visage pour voir l’ampleur de cette catastrophe. Les autres passagers derrière eux n’étaient plus là. La queue de l’avion s’était brisée, détachée. Il vit une femme sur son siège disparaître dans les airs. Il se détourna, bouleversé, désemparé. La seconde suivante, un choc brutal le plongea dans l'inconscience.

 

A suivre dans la version intégrale

 

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Note de l'auteur : Un roman inspiré d'une histoire vraie, celle du crash d'un avion dans la Cordillère des Andes en 1972, réadapté dans une romance moderne mettant à l'honneur l'amour au masculin.

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